Entrain dans la voiture

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Train, mon train
À présent rarement emprunté,
Contrairement à tant et tant d’années,
Train de décembre, mon compaing !

Il est sept heures matin, la nuit t’entoure,
Le ronflement de la motrice berce mon cœur aux aguets.
J’ai pris le tortillard et c’est déjà l’arrêt,
La station prochaine, l’absence de détour.

Ils sont montés, les travailleurs recrus
Après la nuit trop courte de leur sommeil ardu.
Bientôt un nouveau stop et le même scénario.
Rien vraiment n’a changé à ce vivant tableau.

Deux stations : déjà la voiture est pleine
Car vers la capitale ils vont porter leur peine.
De nombreuses encore avant d’atteindre Paris.
Eux, les suivants, resteront debout ; moi bienheureux , non étampi*.

Les gares sont semblables : nuit, froid et néons blêmes
Où les humains se terrent en silence pesant ;
La journée sera rude, ce soir peut-être un "je t’aime".
Il en va ainsi, bien longtemps, au fil des ans.

Les nouveaux voyageurs sont dressés au milieu des travées,
Conditions peu humaines pour aller travailler.
Une dame, éloignée, pas toute jeune, sac au dos, me regarde égarée.
Le courage me manque pour ma place lui céder,
La foule d’ailleurs la lui prendrait avant qu’elle puisse approcher.

Je suis moi aussi un peu fatigué, doté du statut de senior patenté
Avec sur les épaules le poids de soixante-huit années
Et de ce qui — heurs ou malheurs — les accompagne.
Allez, hauts les cœurs ; esprit, point ne bats la campagne !

Notre monde est imparfait, en moult endroits blessé,
Reste à chacun la vie savoir goûter !

*étampi = debout, en chti
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