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En Ces Années

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Une feuille jaunâtre un peu chiffonnée

Temoignage d’une époque de guerre et de canons rouillés
En ce temps les marmots chantaient marechal nous voila
Les ados kant à eux transistors en fréquence sur l’appel à résistance
De ci de la des électrons libres en zone occupée libre faisant essence
Travail famille et patrie furent les trois mamelles de la France
Une marguerite à lait ki broutait l’herbe écrasée par les S.S
Pétain Laval Bousquet Darquier de Pellepoix Vallaud et j’en passe
Une litanie non exhaustive de noms d’oiseaux que j’jettes aux orties
En mémoire des victimes de l’indicible et des mômes invisibles
Chanel n°5 exhalait sa pestilence dans les rues du gotha
Dans les dessous chics de ces femmes vénales aux doux appât
Insouciance et desirs charnels illuminaient ces passant gâté
Sous un soleil de plomb au dessus d’une chape de plomb
Et L’arrogance n°8 plongait la France dans un triste effroi
D’où scintillait une nuee d’etoiles
Les flics et leurs bidules pourchassaient dans les parcs
Les enfants aux jeux prohibés jouant et les mères incrédules
Les âmes pieuses en promenades delictueuses
Et ceux au airs de crapule et ceux qui finance manipule

C’est ce que dit cette feuille jaunâtre un peu chiffonée
Témoignage d’une époque de guerre et de canons rouillés

Mon grand père reçu un billet vert du commissariat
Comme tout ces apatrides qu’on traitaient pire que l’proletariat
Des parias traqués en plein paris et de part et la
Les pt’it gens les artisans les insultaient de sales rats
Mais ils affichaient dignement leur etoile
Qui brillait tellement que les momes la montrait du doigt
1 ,2,3 et puis la nuit tomba
Ce fut une nuit douce Ayant pour châle un vent printanier
Au dessus aucun voile ne masquait la myriade d’étoiles
Mais celle du nord criait gare sur tout les toits
« les kepi fourmillent au pas sur les trottoirs »
Ils chasserent les metekes comme des hors la loi
Quelques linges quelques draps quelquechose au moins
A garder comme rempart à la bête que decrit jean renoir
Tous regroupés avec velocité dans un velodrome
Traités comme des bêtes sans eau dans ce vel d’hiv
La douleur intérieur est pogrom
La rue Nélaton s’immortalisa dans une chambre noire
Image de camions vides bientôt noir de monde et sans espoirs
Souviens toi passant poussé par le souvenir menaçant
Soit dit en passant
Ils furent transportés vers l’antichambre du desespoir

C’est ce que dit cette feuille jaunatre un peu chiffonée
Temoignage d’une époque de guerre et de canons rouillés

Dans sa chambre mon grand-père broyait du noir
la rage et la resignence se muerent en desespoir
Entre quatres murs la mort se reflète sur ces corps miroir
Corps amaigris consciences amoindrit
Carences typhus et dysenterie
Plus les jours creuvait plus l’image de pitchipoi s’eclaircicait
Les enfants imaginaient un village au loin baigné d’amour
Et de retrouvailles entrelacées
Entre les pleurs des enfants et la peur
Y avait-il uneplace pour croire en Yahvé
En ce dieu qui leur promit une terre d’espoir
Mon grand père songeur souffrait d’navoir
Pris le maquis avec ceux qui defendaient la paix
Et rêvaient de voir l’envol de la colombe de l’espoir
Pauvre de lui raflé à paris entre blanche et rochechouart
Dans cette ville échouée faites d’âmes vils sans état d’âmes
Paris ville lumiere laminaire ville des droits de l’homme
Ville meurtrie des milliers d’âmes tu abandonnes dans l’oubli
Ville avilie collaboration de toute une patrie a l’emblème nazi

C’est ce que dit cette feuille jaunatre un peu chiffonée
Temoignage d’une époque de guerre et de canons rouillés

Des trains spéciaux vinrent à drancy affretés par la haine
Pour une destination imagée mais en fait en marge
Arbeit macht frei ecrit en lettres gothique loin des ghettos
Epitaphe d’accueil pour ceux qui eutes perdu l’esprit critique
Musiciens et soldats en rythme synchrones sur la rampe
Guidaient dans un brouhaha sourd les arrivants les hotes
A gauche la vie à droite l’envers du decor
Et au milieu de ce vacarme dissonant pas de dissident
Mais des trains confus d’hommes et de femmes confinés
Des trains et des trains en train de transporter la mort
Chariant le tout dans ce sombre décor

C’estce que dit cette feuille jaunatre un peu chiffonée
Témoignage d’une «époque de guerre et de canons rouillés

Mon grand père ne fit ce long voyage vers les plaines de l’est
Pourquoi partir de budapest
et revenir comme un rat secretant la peste
sa vie il la devait au seul lazare....
a son arrivée il dut se separer de ses biens honnêtement acquis
a qui le devait-il certainement pas a la patrie
qui laissait partir ses apatrides vers la mort patrie
pitchipoi ne serait sa destination fatale
mais il portera a jamais les chiffres sur le bras et les lourds bagages
d’une période dont cette feuille jaunâtre et un peu chiffonée
nous rappelle le temoignage d’une époque de guerre et de canons rouillés

un bâtiment en U pour seul univers la France se tue comme une muette
la las dans le ranci de l’histoire l’homme rassurait l’enfant de ses caresses
las dans ce lieu insalubre et sombre seul avec ses charpies
Il attendait helas que la faim et la soif lui retire son dernier soupir
Mais l’unité l’unanime humanité c’était mieux que le reste
C’est ainsi qu’une feuille jaunâtre un peu chiffonée
Me permis d’entrer en cette periode sombre
Pour les malmenés les mal nées
C’est une feuille jaunâtre un peu chiffonnée
Qui m’ouvrit la porte de la vie de mon grand père
En ces tristes années......

1944-2014

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