Émotions de Namibie

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Image de Été 2018
Il est un endroit où l’horizon prend sa revanche,
Forçant toute tentative verticale à rendre les armes.

Les acacias se sont tous donnés rendez-vous,
Disposés éparses, les uns à côté des autres,
Respectant chacun leur intimité.
Quelques fois, un zèbre ou une antilope apparaît,
Fier et libre, en route vers l’eau devenue si maigre.

Ici, le pouvoir de l’horizon n’est que magie,
Séchant nos yeux à l’infini,
Qui plongent à la recherche d’un bord de dune,
Ou d’une arche de roches ciselées par le vent.

Quelle émotion de laisser le vide prendre place en soi,
Bousculant le reste, l’inutile de nos vies,
Pour se sentir plus fort.

Il est un endroit où le silence nous parle,
D’une mélodie chaude et moelleuse.
Juste quelques cris d’oiseaux nous ramènent à la réalité,
Dansants avec le vent qui se faufile au ras du sol.

Nos oreilles bourdonnent à en faire presque mal,
Recouvertes par le silence unique du désert,
Creusant dans notre esprit un chemin apaisé.

Il est un endroit où les couleurs dansent.
Crues et violentes le matin,
Elles encouragent le soleil à lever la tête.
Brillantes et honnêtes, toute la journée,
Elles se fondent en harmonie avec le bleu intense du ciel.

Le soir, rassasiées de chaleur, épuisées,
Elles s’effondrent d’un coup.
Non sans une dernière danse,
Elles font rebondir d’une pierre à l’autre,
Leurs dernières forces, unies toutes ensembles,
Émouvantes et éphémères,
Célébrant la palette infini des oranges aux rouges feu.

Il est un endroit où les étoiles se sont données rendez-vous.
Décomplexées, chaque nuit,
Elles recréent un monde de lumières,
Au cœur d’un infini incroyablement pur et profond.

Elles se bousculent les unes aux autres,
Happées par un voile lacté,
Qui nous enveloppe comme un arc-en-ciel.

Riant aux éclats,
Elles pétillent de joie à nous mettre la tête à l’envers,
Afin de nous offrir le plus étincelant des spectacles,
Source de vœux et d’espérances.

Il est un endroit où le sable prend le pouvoir,
Pour former un ballet de dunes incroyables,
Immensément douces et rouges de plaisir.

Quelques fois, blottie au creux de certaines,
Se trouve une clairière d’arbres pétrifiés,
Se surveillants les uns les autres,
Témoignage d’une époque lointaine
Où les dunes ne faisaient pas encore la loi.

À perte de vue,
Entrelacées passionnément les unes aux autres,
Elles ondulent leurs formes rondes et parfaites.

Libres de se dessiner de nouveaux contours,
Elle laissent le vent parfaire leurs crêtes majestueuses.

Et lorsque nous escaladons leurs dos,
Faisons couler le sable brûlant entre nos doigts,
Elles nous entraînent en riant dans nos glissades vertigineuses.

Et enfin, quand nous nous retournons une dernière fois,
Nous ressentons alors avec humilité leur immense beauté,
Et leur bienveillance nous atteint au plus profond de notre cœur.

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