Elle

il y a
1 min
4
lectures
0
Il faisait jour, et pourtant, on voyait bien la Lune,
Elle, dans une robe aux allures candides
Attrapait quelques pensées d'une main hâtive
Et une autre se posait sur sa chevelure brune,
Agitant, tranquille, une aile translucide,
Taquinant gentiment cette enfant si naïve.

Elles voletaient paisiblement autour de l'enfant
Qui, en fait, n'en était plus vraiment une, et
Elle tourbillonnait, un peu agacée peut être
De ne pouvoir refermer ses doigts sur ces instants
Qui s'empressaient d'aller virevolter,
Fuyant instinctivement dès l'instant de naître.

Et le ciel d'océan tout doucement se teintait
De lueurs rougeoyantes qui venaient cacher
Le sourire indolent d'une Lune trop pâle.
Sans se soucier du soir qui doucement recouvrait
Le monde tranquille et l'enfance enjouée
L'énervement peignait son beau visage ovale.

Comme tant de fragiles libellules angoissées,
Les pensées se bousculaient, nuages clairs
Pour quitter cet esprit devenu si malsain
Mais se heurtaient entre les ailes désordonnées
Panique sauvage, les beautés éphémères
N'arrivaient plus à échapper à cette main.

La noirceur ennemie d'un ciel devenu cruel
Détachait les ailes pâles et maladives
Retirait les cachettes aux fébriles pensées
L'affreuse main finit par attraper la plus belle.
La pensée, perdue dans la paume massive,
L'innocente, entreprit elle-même de se faner.

Un sourire s'épanouit sur les lèvres rubis
Et ses yeux luisaient d'une lueur nouvelle
Dans ses doigts, on apercevait le battement
Du plus fragile des êtres, qui, pour jamais meurtri,
Dans un dernier soupir desséchant ses ailes,
Au nom de la folie, se mourait lentement.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,