Dunkerque

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Les feuilles rouges puis blanches volent jusqu’au sol sec et gris
Les manteaux des soldats s’étiolent, gris de cendres et de pluie
Le doucereux calme de leur fuite se déploie, animal sournois
Le plus jeune sort de la ville, visage tétanisé.
Fracas de bruits, fracas de l’homme
La limite est perdue là où commence la violence
Qui ne s’arrête plus, qui n’épargne plus rien ni la mer ni la terre
De sourdine en morsures l’humain s’est effacé.
De rejets en fêlures il s’est déshabité.

La foule se tasse ou lève le poing face aux eaux âcres
Imperceptible mouvement laisse durer le doute
Amèrement une frayeur provoque la déroute
Et les machines piégées s’enfoncent dans la nacre.
Gâchis de haine sur les plages lointaines
Les yeux à jamais habités des gestes accomplis
Le sable rêche offre le dernier répit
Il ne reste que ça.
Il ne reste que moi et les autres à l’oubli.

C’est comme dans un jeu où la mort n’attend pas
Pour des flammes, des fusils, des torpilles ou des coups
Essoufflement, courir, partir éternellement
Au milieu d’un débat
Au milieu d’un combat
Le silence ravage tout.
On guette les ailés au-delà des nuages
Seuls encore capables d’émettre une distance
Avec les épaves aux écorchés mirages

On attend, on attend avec hébétement
Visages noirs d’essence, visages noirs d’absence
Les terres sont laissées aux sanguinaires.
Au bout du ponton s’embuent les yeux du militaire.
Tempérance.
Résistance.
Les civils émergent d’une huile orangée
Et s’immisce la clameur de la jeunesse camée
We shall never surrender.
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