Douce désillusion

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Il me plait. Comme quelques-uns avant lui. Et comme eux il va disparaitre dans les méandres de la désillusion. Comme un rêve intense il imprégnera ma mémoire de ses jolies couleurs. Puis elles s’estomperont avec le temps. La réalité, comme le noir, finit souvent par étouffer les reflets chatoyants de mes doux rêves lorsqu’elle s’y mélange. Et ma raison m’attend toujours au bout du chemin, sans un mot. Comme à chaque fois. Parce que, comme à chaque fois, je ne l’aurais pas écoutée. Parce que comme à chaque fois, j’aurais espéré. Dans mon esprit, tout préparé. Tout planifié. Parfois avant même de lui avoir parlé. Un simple regard et mon cœur devient wedding-planner, ou plutôt réalisateur. J’invente et imagine le scénario de notre histoire à la barbe du réel. Alors évidement lui et moi sommes les personnages principaux. Puis je caste quelques seconds rôles et figurants, histoire de nourrir mon intrigue. Dans tous mes films il est éperdument amoureux de moi. Les péripéties découlent donc toujours vers un dénouement heureux. C’est ainsi que dans mon imagination se déroule le tournage de mon court (ou long) -métrage, de jour comme de nuit selon les scènes. Le metteur en scène est exigeant. Nous recommençons certaines scènes des centaines de fois afin de capturer la juste intensité de nos jeux d’acteurs. Puis mes scénarios s’essoufflent avec le temps. Les jours passent et l’aridité du monde réel assoiffe doucement mon cœur de son inspiration. Le réalisateur raccroche les crampons. Douce désillusion...
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