Diane

il y a
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Ecrire des lettres, c'est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. Kafka ! A  [+]

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Elle a vu des villages où les femmes font loi
Et des épées sanglantes aux mains de fiers Gallois.
Elle a vu des sommets où la neige pleurait
Et des gouffres sans fond où la nuit s’amusait.

Elle a vu des enfants aux yeux pleins de stupeur
Et un aveugle errant qui riait de leurs peurs.
Elle a vu ses amants sombrer dans la vieillesse
Et le temps la narguer sans pitié ni souplesse.

Elle a vu un royaume naître d’un ciel brûlant
Et son roi déposer des fleurs à ses pieds blancs.
Elle a vu l’océan dormir comme un vieux chien
Et des flaques de sang dans les yeux d’un vaurien.

Elle a vu son carquois respirer mille morts
Et son âme glacée boire tous ses remords.
Elle a vu cet amant promettre d’être sage
Et sa femme vengée lui cracher au visage.

Et puis elle l’a vu lui qui marchait dans Bagdad
Et d’une seule flèche tua ce temps nomade.
Pour tenir une main lorsque tombe la nuit
Pour à jamais l’aimer et vieillir avec lui.

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M. Iraje · il y a
... Avec une dernière strophe lumineusement éblouissante !
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Tess Benedict · il y a
J'admire qu'on puisse encore écrire de la poésie dans ce monde de fous ivres de vitesse que la réussite excite. Cette Diane gagne en mystère de vers en vers, jusqu'à Bagdad, qui rime avec nomade, et nous fait voyager.
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Martyne Dubau · il y a
voir le monde et enfin
s'arreter quand l'amour se croise en chemin

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Lili Caudéran · il y a
Un petit bisou en passant...
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James Wouaal · il y a
Bises ma jolie !
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JAC B · il y a
J'aime beaucoup le rythme des deux premiers vers qui dans chaque strophe cultivent l'ambivalence des ressentis de Diane, la chasseresse, la guerrière mi/humaine mi/déesse qui laisse parler en fin son coeur de femme. Les images sont belles et n'en déplaise aux rétheurs c'est un poème bien construit qui laisse planer la poésie. merci James.
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Françoise Desvigne · il y a
Très beau poème !
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Paul Jomon · il y a
Cette Diane semble emprunter à nombre d'imaginaires entre postures de combattante et abandons amoureux. Du souffle, indéniablement.
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Dédé · il y a
J'ai dit que je ne commentais ni ne votais plus en concours, Docteur ; vous m'excuserez donc de me limiter à compter les fautes : 8 de prosodie ( principalement des e qui traînent après la césure, épique, donc, en l'occurrence ) et 2 hiatus... Eh oui, Doc, pas moins ! pour cette pièce pas vraiment à la hauteur de son ambition... Ah ! j'oublie l'essentiel : la RIME !... une sur deux est valable.
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James Wouaal · il y a
Avant tout grand merci (sincère) pour cette visite. Imaginer que vous ayez pu vous détourner plusieurs minutes de vos lectures grandioses, pour retomber dans ma fange, me ravit.

Je savais que ça vous plairait !

Prosodie, hiatus…mon Dieu que ces mots sont laids. J’ignore leur définition. Oh je pourrais la vérifier (et je le ferai par curiosité et par respect pour votre travail), mais ils me font pas envie. Surtout cette prosodie avec sa consonance de médecine pour maladie du rectum.
Césure : En voilà un bien joli par contre, un plein de poésie, j’imagine qu’il marque le milieu du vers ? Faudra que je vérifie. Pour les rimes, j’ai appris sur vos topic qu’il ne fallait pas mélanger masculin et féminin (ou un truc comme ça) mais bon. moi les règles.

Je fais de la poésie libérée moi. Enfin, plus libérée que poésie j’en conviens tout à fait. Il me faudrait sans doute, pour faire une pièce en respectant toutes ces règles, d’abord les apprendre et les assimiler, puis faire passer le temps nécessaire à l’écriture de mes bêtises de presque une heure à une journée entière. Patient comme je suis, je n’ose même pas imaginer le résultat. Alors bien sûr, je leur file douze pieds à mes histoires, leur donnant peut-être des airs de faux, mais c’est juste parce que ce rythme m’enchante et me paraît parfait pour dérouler une petite histoire.
Bon, c’est un Dédé colère et furibard que je voulais attirer ici pour l’achever du myocarde, mais le crime parfait n’existe décidément pas et vous arrivez reposé et dispo, tant pis.

Je vous signale quand même en passant que les votes n’existent pas sur ce concours (on l’a assez réclamé), alors aucun mérite à ne pas voter, surtout pour moi, qui depuis bien des années n’ai jamais offert une seule de mes voix à mes propres histoires.

Ah... un lien qui vous résume toute ma poésie. Personnellement, je ne m’en lasse pas. Mais j’imagine que vous connaissez ce chez d’œuvre !!!

Bisou Maistre !

https://www.youtube.com/watch?v=cYhjnUMkBjU

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Dédé · il y a
Allons, allons, Docteur ! un peu de tenue, je vous prie, et de respect pour ce lieu sérieux, et qui ne souffre point la médiocrité, comme vous le savez...
DONC ! le problème, justement, avec la césure épique, est ce E renvoyé en syllabe surnuméraire au second hémistiche... De ce fait, 4 de vos alexandrins ont treize pieds et 2 douze et demi... et encore un autre 13 aussi,
mais d'un autre fait, celui d'un « lui »...
( la 8ème faute de prosodie, ainsi que celles portant le mètre à "douze et demi" et l'imperfection de la moitié des rimes, est acceptée en néoclassicisme, tandis que les césures épiques y sont rédhibitoires )
BREF ! cette pièce reste à "parfaire" ( rien n'est jamais parfait ), Docteur ; elle en vaut la peine...

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Lili Caudéran · il y a
Wouaaaah!! Ça bouffe quoi, ça, l'hiver ??
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Dédé · il y a
C'est quoi ou qui, « ça » ?
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Lili Caudéran · il y a
Ben... Rien !!! C'est juste une très vieille réplique de mon pépé Édouard quand il ne comprenait rien à ce qui se racontait parce que c'était trop compliqué pour lui. Je trouvais ça super drôle.
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James Wouaal · il y a
Je vous retourne ce « allons allons »… Ce lieu souffre parfaitement la médiocrité. :))

Vous êtes bien indulgent, mais nous savons vous et moi que mes petits passages dans le jaune poétique ne sont que d’innocentes et dérisoires lubies d’un instant. Alors non, décidément, je ne peux offrir de mon temps à tenter de mettre tout ça un peu d’aplomb. Ça ne donnerait pas grand chose et j’ai été pris, depuis deux ou trois ans, de la vanité d’écrire des romans, et ces salauds en exigent du temps.
Mais grâce à vos topics, je garde un œil sur ces histoires de comité et de sélection de talent poétique, c’est mon feuilleton.

Bien à vous maître !

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Sylvie Neveu · il y a
Comme animale, biche peut-être, puis éternel courage dans l'instant de vos mots. Le beau est syllabe, son, murmure sur l'histoire, immobile soudain. Et la nuit empelisse le temps dans une main que tient, retient une main

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