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Mes vices ont des noms et des visages,
Les voix comme un cri lointain et peu sage
Celui qui berce l’enfance et qui, quand vient le soir
Renaît dans leurs yeux bruns leurs cheveux noirs

Ils ont tout mon désir sur leur dos,
Tous mes baisers mes sourires sur leur peau,
Tous mes soupirs sur leurs lèvres
Et pourquoi souffrir si ce n’est qu’un rêve

C’est toute leur malice qui glisse entre mes reins,
Tous leurs corps qui se fondent entre mes mains
Leur parfum qui m’envoûte et m’enchante
Ce même arôme qui m’obsède et me hante

Et sous leurs doigts de satin ma taille écartelée
Leur montre le chemin du plaisir aveuglé
Dans une valse impétueuse qui noie mon souffle
Et ou la voix du diable m’enrobe et m'emmitoufle

Mes jambes comme des collants de laine
S’envolent et virevoltent au son de l’amour et de la haine
Qui résonne dans la chambre comme en un bateau
Tout chargé de milles luxures et des mensonges les plus beaux

Et pour fasciner leurs yeux méconnus
J’offre toute mon âme, mes caprices mon corps nu
Dont la candeur, l’innocence, le secret défait
Pleure sacrifié sur l’autel des regrets

...

Passion perdue, triste et déchue
Qui se prélasse dans le gouffre de la vertu
Ou tous les chants du plaisir résonnent
Comme une ode à mon âme qui déraisonne

Bouches sucrées,
Paumes fiévreuses et nacrées,
Vos mains portent en elles le fruit de milles délices
Et de votre sulfureuse beauté je fais mon calice

Vous avez mon coeur, mes épaules, mon menton
Car c’est de mon corps entier que je vous fais don
Sous les draps de soie brodée, que l’on me pardonne
Si lentement je meurs et à a vous m’abandonne

Vous avez le coeur doux comme une épée de cuivre
Qui me saigne et me caresse et m’enivre
Et dont la passion charnelle se brise sur mon dos
Comme l’océan sur les rochers déverse ses flots

Et même le plus grand des sages
Ne saurait résister à l’appel de ce mirage
Car peu importe leur volonté, face à vos charmes
C’est le monde entier, messieurs, qui baisse les armes

Mais tout est fabuleux,
Ridicule absurde et ennuyeux,
Et je me perds dans ces jeux idiots
Qui font durer la jeunesse et vivre les mots

Vos yeux dorés me dévorent
Laissez moi donc à mon triste sort
Agenouillée devant vos bustes sacrés
Ne partez pas trop loin, je vous en serai gré

Statues de cires qui fondent et glissent entre mes doigts
Divinités suprêmes qui de mon coeur font la loi
Je me plie à vos ardeurs, je me soumets à vos lèvres,
Et ma raison qui dort se suspend à vos rêves

Car tous vos fantasmes sont miens, mon coeur est désordre
L’orage entre les mains, vos désirs sont mes ordres
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