Des carcasses arrimées aux côtés des usines

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Voilà des lignes qui bousculent, parce qu’elles peignent, avec une certaine puissance, un tableau déshumanisé et crasse de la prostitution

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Il arrive que les mots envahissent mon esprit  [+]

Image de Automne 2018
Des carcasses arrimées aux cotés des usines,
À l’écart des cités, aux frontières de la loi.

Des bougies de plastique aux lueurs électriques
Derrière des pare-brises, souillés par les regards.

Au fond des nuits perdues, sous une pâle lune
Assises sur des coussins, haussées pour qu’on les voie,

Des femmes à demi nues, aux couleurs de l’Afrique
Attendent dans le silence des inconnus hagards.

Dans un manège de phares, dans le no man’s land
Des zones préfabriquées, mille hommes solitaires

Aucun prince charmant, seulement des corps qui bandent
Trompés par leur instinct, tournent et tournent encore

Puis soumettent leurs sexes à la bouche des femmes,
Au vagin de leurs mères et jouissent sur le malheur.

Et ils s’en vont, vidés, ayant perdu leur âme.
Les capotes remplies de semence et d’horreur

Seront jetées demain dans des camions poubelle
Et tout disparaîtra aux confins d’une impasse.

Elles lavent un corps, ne se sentant plus elles.
Attendant les suivants, pour que la nuit trépasse,

Elles recouvrent de rouge leurs lèvres violées.
Et disparaissent au jour comme un mauvais cauchemar.

Des carcasses de tôle, parking des déportées,
Les larmes sont absentes, privées de tout espoir.

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