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Dépendance-Danse des dépens

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David B.

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Tu n'as pas les yeux en face des trous, tu as quelques orbites dans la peau, ceux d'une substance magique qui transgresse tes veines, celles d'un corps unique que tu nécroses, dans l'intérêt d'une illusion brève, au déclin d'un cerveau que tu névroses pour que les morts dansent dans ton cimetière cérébral, tu salueras tes brefs neurones, sens toi vivant quand tu as mal, mal quand tu es vivant. Les yeux rubis d'addictions, une envie de lendemain qui épouse l'horizon, accompagnée d'un vide en tête, les souvenirs se collent à ta peau, remplissent ton crâne de maux sans noms et t'incitent encore à inhaler ton spectre aux vertus trop volatiles, c'est ton versant condamné qui te plaît, il perd la boule assis dans la rue, celle du silence quand le bruit se tue. Les déesses de mirage succombent à son charme en chute libre, les couleurs s'éclaircissent, les images sont sublimes et le réel s'intensifie pour se débattre mais l’illusion est subtile, les formes du faux se définissent véridiques, la réalité sous une faux se cache par désœuvrement le temps d'un délire, euphorique si possible. Sauvages sont les instincts de l'instable alors que la raison se retire, il est dur de décrire le ressentiment de soi quand tu ne sais plus qui est toi, toi ce n'est rien, toi tu es sien, à la drogue, à l'oubli, l’indifférence du sort qui suit. L'heure tourne à l'envers et le monde un instant semble droit, tu l'aperçois de haut car tu décolles d'en bas, tu voles au zénith de tes pensées et les petits pions n'aiment pas ça quand tu es libre de son poids, le poids de la vie, l'enclume de toi. Tu étais cavalier fier pour ton roi pour servir l'amour et la foi en quelque chose, le bonheur et le ciel, mais alors que les tours se construisent il semble que ce sont les détours qu'on achève pour obtenir selon eux un monde de merveilles. Ils prônent leurs tueries sur les ondes, toujours plus de nos innocents sous leurs bombes. Tu prends de la distance face aux immeubles qui surplombent tes os, tu pries le crade à la prise d'une ultime dose face à tous ces gens que tu répugnes, que tu chagrines, tu continues puisque tu sens l’adrénaline qui contrôle tout ton corps, allez soyons des porcs et s’il reste quelque chose d'humain ce sera bien, ce sera loin. On a des insectes dans la tête, allez on brûle toutes nos courbettes, ça nous attire, ça nous fait vibrer devant Dieu, devant le diable des miséreux, on se retire comme des défunts, une dernière dose nous rend heureux mais coupable de notre envie de rien. Une sorte de faim qui cause la fin.
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