Demain n'existe plus

il y a
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Ils écrivent tous si bien. Ma main ne peut lâcher son crayon et espère encore  [+]

Il y aura finalement tout ce que tu as perdu,
Tout ce temps passé à étudier,
A user ton cœur et tes forces.
Il y aura les larmes de ceux qui t’ont aimé,
La colère et la peine un peu trop enlacées.
Il y aura celle qui a voulu t’aimer,
Son sourire à jamais tordu, délavé.
Il y aura sous le soleil des gens qui vont trembler,
Sur leurs jambes vaciller.
Il y aura un cœur qui a choisi de voler,
S’arracher à ici.
Il y aura tes amis pour un jour arrêtés
Dans leur course au bonheur.
Il y aura ton grand corps, ton grand corps de sportif,
Endormi pour toujours dans le noir de la terre.
Il y aura sur nos têtes tellement de pourquoi,
Et sous nos semelles, le poids de ta douleur.
Il y aura les mains de ton frère et ta sœur
Qui se serreront fort pour ne pas trembler,
Pour ne pas t’emporter avec eux tel un coquelicot fragile
Tout en haut des montagnes.
Il y aura cet homme qui sanglote et se tasse,
Et qui sait déjà qu’il portera ton poids chaque jour au fond de lui.
Il y aura cette femme dont le ventre criera,
Muette de douleur devant cette photo où tu souris.
Il y aura la nuit qui viendra sur eux tous,
Le sommeil qui fuira,
Tes mots qui reviendront pareils au boomerang.
Il y aura un lendemain et puis d’autres encore,
Un fossé béant ouvert sous nos pieds,
Un vertige permanent pour ceux qui t’ont aimé.
Il y aura des fleurs, des pleurs, la douleur.
Mais il y aura aussi la vie, la vie qui continue
Qui bouscule malgré soi, la vie qui remue,
Dans nos cœurs, dans nos ventres
Et arrache des sourires à ceux qui t’ont perdu.
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Marie Lacroix-Pesce · il y a
Des mots qui vacillent au bord du néant...

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