De retour

il y a
1 min
437
lectures
7
Qualifié
Et le pont Alexandre illumine le soir,
La Seine se balade sous un ciel trop bas.
Une fille impatiente est cambrée à son bras.
Elle salue, élégante, tous ces porteurs d’espoir
Et son histoire transperce, comme une petite flamme,
Cette ville puissante qui sans cesse la réclame.

Je reviens à Paris.

Aux terrasses on déverse des alcools au futur.
La jeunesse se balance, s’écrase et se relève
Comme une valse échangée d’un impossible rêve.
De Montmartre à Belleville, pour que la nuit perdure,
Le temps s’est figé en un bloc de granit,
Et les verres s’entrechoquent, et puis la messe est dite.

Je reviens à Paris.

Quatre planches dans un parc et les âmes s’éprennent,
Inutiles et conscientes de n’être que de passage.
Une caresse à l’avenir, sans prier l’esclavage,
La lune a sous ses yeux une incessante rengaine.
Une main sur le cœur, une main dans le froc,
L’amour a ce visage quelle que soit l’époque.

Je reviens à Paris.

Aux immeubles Haussmanniens, le champagne fait bombance ;
Des penseurs attardés se targuent de voler.
Pour des femelles blafardes que l’argent fait rêver,
Ils rient à pleines dents et s’amusent de la France.
Et du bout de leur doigt, c’est un peuple de passion
Qu’ils guident en bergers du haut de leur balcon.

Je reviens à Paris.

La société sans nom au pied des grands boulevards,
C’est un carton qui frissonne et gueule de famine.
Des passants impuissants soudainement serinent
D’un regard sans voix ces âmes de trottoir.
On la retrouvera en mai, fringante de vertu,
Se vantant de nouveau que l’hiver ne l’a pas eu.

Je reviens à Paris.

Sous terre les labeurs prennent fin dans l’ivresse
Du métropolitain et de ses habitués.
Des anonymes se cognent sans se rencontrer,
Perdus dans l’absurde de cette folle vitesse.
Chaque jour les bouches déversent sans pitié
Leur flot incessant d’inconnus esseulés.

Je reviens à Paris.

Et le ciel s’éteint derrière Notre-Dame.
Des touristes se délectent de cette sainteté.
Ils ont leur cœur ici, mais leur vie à côté ;
Ils se créent une histoire sur le sol de Paname.
Avant de retrouver leur familière routine,
La ville les embrasse comme une vieille copine.

Je reviens à Paris.

Je reviens en septembre après deux mois d’absence
Et la ville m’accueille comme un autre étranger.
Mais pourtant mon amour, mes amis, mes projets
Font partis maintenant de cette ville de France.
Comme un bateau qui s’arrime à un port de justesse,
Ma vie jette ses amarres sur Paris – qui s’en fout !

7

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !