Dans ma demeure

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De la poésie, un brin de folie. De la vie, de la vie, de la vie ! J’aime les mots, leur magie, leur profondeur et leur appétit. J’aime l’humain, ses secrets et ses envies. J’aime la  [+]

J’ai rêvé ma demeure, je la voulais palais, jardin luxuriant et fontaine de beauté. Un reflet de mon cœur, un miroir de mon âme tendu aux visiteurs qui s’y aventureraient... le palace révélateur de ce que je souhaitais pouvoir donner. J’y mis toutes mes forces, mon argent, ma santé : je bâtis une forteresse, une tour d’or, une cage dorée. Personne n’osa franchir le seuil intimidant de l’entrée déguisée en sourire de géant, en gaieté fabriquée. J’y plaçai des statues, des femmes nues, des penseurs et aussi des fées. A défaut de l’habiter, j’avais fait de ma maison un joli musée. On l’apprit vite dehors et l’on voulut me payer pour admirer le décor, non pour apprendre à m’aimer. Mon bar se vida, comme mon espoir de rencontrer des êtres désireux de partager mes journées. Un soir bien noir, une fée d’albâtre se décida enfin à parler : qu’espérais-tu attirer d’autre que des costumes de cérémonie, des paroles en papier mâché quand toi-même tu te caches derrière l’image faussée de ce que tu crois devoir montrer ? N’étais-je qu’éclats de verre poli, où était donc passée mon humanité ? J’avais confondu l’orgueil avec la générosité. Je voulus brûler le château trompeur, me débarrasser du coupable, devenir berger. La fée m’interdit de fuir, je devais me regarder : j’étais le seul responsable, que voulais-je mettre dans cet écrin qui m’abritait ? De la poussière d’or ou des rires imparfaits ?

Ma demeure était prête, il fallait l’habiter. J’ai cherché les valeurs auxquelles j’étais attachée : la joie, l’humour, l’entraide, l’effervescence paisible, l’amour, l’authenticité... et bien d’autres qui ont émergé en fanfare de mon cœur, telle que la volupté, ou encore le sexe et puis stop, l’intimité. Comment avais-je pu les oublier ?

J’ai rempli ma demeure de tout ce que j’aimais, des cadeaux que je n’osais m’offrir par une pudeur étrange qui les retenait coincés dans la chambre secrète de ma foi moquée. Ma porte est grande ouverte, vous pouvez rentrer, venir vous recueillir, vous amuser, vous taire ou simplement pleurer ; de joie ou de colère, c’est vous qui choisirez. Les plantes vous tendront une oreille et l’espace clair la liberté de vous rouler de bon cœur dans le coton enchanteur de la félicité.

J’ai trouvé ma demeure, elle était bien cachée. Blottie au creux de mon cœur, j’en ai trouvé la clé. Soyez les bienvenus, qui que vous soyez, amis, amants, enfants et hôtes improvisés ! Mon foyer brûle de l’enthousiasme tranquille de vous rencontrer.
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