dame

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Qui suis-je? Soixante six printemps, ex-prof, des dizaines et des dizaines de textes au compteur, des nouvelles courtes et moins courtes, des poèmes, une insatiable envie d'écrire depuis longtemps  [+]

Dame

Vue d’un peu loin,
Embrumée au petit matin
Entre les pétales du marché aux fleurs,
J’aime Notre Dame,
Ses tours d’une nouvelle blancheur,
Sa flèche plombée
Et de nuages gris nimbée
Sous l’averse qui se trame
En ce triste mercredi.

Les cordes du ciel fouettent mon visage meurtri.

Vue d’un peu plus près,
Du parvis enfin dégagé
Mais toujours aussi fréquenté,
J’aime Notre Dame,
Nef de pierre échouée
Sur l’ile de la Cité,
Déchirée en bas de coque
Par ou et vont et s’entrechoquent
Nos âmes par milliers.

L’eau du ciel délave mon cœur écartelé.

Vue de dedans, si vivante
Sous les croisées d’ogive jaillissantes,
Au bord du transept séculaire,
Sous les taches de lumière rosacée,
A l’ombre des coulis de pierre,
J’aime Notre Dame,
Son calme, sa majesté,
Ses ombres, ses lumières et ses drames.

Sur les dalles burinées me suit une trace rouge.

Vue d’en haut, d’où le regard fouille
Entre les deux tours dentelées
Surplombant Paris qui ce jourd’hui mouille,
Arrimé à une gargouille endiablée,
J’aime Notre Dame,
Frémissante sous l’ondée
Qui la purifie depuis neuf cent années.

La tache rouge s’étend et voile mes yeux.

En basculant du parapet
Où je m’étais accoudé, puis agrippé,
Je vous aime, Madame,
Vous que je n’aurai jamais.
Mais il faut que je vous quitte,
Voici le parvis qui vient
Pour m’écraser sans pitié.

26/4/1981
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