Curiosité

il y a
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Je suis entrepreneur, chercheur dans l'âme, passionné par diverses sagas littéraires pour lesquelles il m'arrive de commencer des nouvelles que je finis rarement... Retrouvez tous mes textes en  [+]

Les feuilles s’échappent devant mes pieds, à chaque pas.
Leur bruissement couvre le son sourd de la boue.
Je marche sans direction, sous un crachin trop mou,
Aux odeurs de vieux et aux couleurs incarnat.
Les vents froids, venus du Nord, rôdent autour des troncs
Et traînent dans leur sillage les derniers rayons.

Je ne l’ai pas entendu s’approcher de moi.
Je devine juste son souffle. Craintif, je feins un temps
Que je suis toujours seul, attendant le printemps.
Je garde la tête haute, peut-être qu’il partira.
Mon espoir est déçu, derrière moi, rien ne bouge.
Je me retourne et je croise ses deux grands yeux rouges.

Du bout de son museau, il renifle mes pieds..
Je ne le caresse pas, je ne me sens pas prêt.
Je ne le connais pas, mais il m’est familier.
Il ne me fait plus peur, mais je reste médusé.
Il relève la tête, sent la paume de ma main,
Relèche mes doigts et pose sa joue sur mes reins.

Il est très attachant, sa présence rassurante,
Sa démarche et son port sont des signes qu’il le sait.
Il me jauge d’un regard et il sait qu’il me plaît.
Je m’habitue à lui, à son attente patiente.

Je n’ai pas d’illusion quant à sa loyauté,
Il n’aboiera pas s’il sent quelqu’un qui s’approche,
Il ne me protègera pas plus que mes proches,
Nous ne sommes pas amis, ne le serons jamais.

Il prend quelque distance, fait mine de partir,
Puis s’arrête doucement, tourne sa tête vers moi.
Veux-je vraiment suivre ? Où il va, il fait trop froid,
Où il va ne va personne, que des souvenirs.
Je fais un demi-pas et puis je m’interromps.
Je résiste un instant à sa douce tentation.

Il perçoit naturellement mon hésitation.
Il penche la tête sur le côté, il sait séduire,
Il semble si affectueux, sous ce sourire,
Si doux, si tendre, avec des yeux pleins d’attention.

Il s’ébroue et fait trembler son grand pelage noir.
Il reprend sa route., confiant dans ma réaction.
Un œil derrière moi : le parc est à l’abandon.
L’arrivée de l’hiver appelle à changer d’air.
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Dimaria Gbénou · il y a
Waouh j'adore. Vous écrivez très bien vous. Bravo. En passant, Si vous voulez, Je suis en finale avec " Achou l'amour empoisonné ". Je vous invite.

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