Couvre-feu et ouvre-braise

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Sus aux foyers, d’accord !
Mais pas n’importe lesquels.

Éteindre les feux follets et les folles casseroles,
Celles qui crament la terre et embrasent les cieux.
Couper court les torches noires, juguler les tisons maudits,
Ceux qui allument les feux de paille,
Flambant, enfumant et consumant la vie
Jusqu’à la dernière cendre.

Cependant, dans l’antre d’à côté, souffler dans le bouffadou.
Attiser les braises ardentes et aviver les flamboiements sensibles,
Ceux qui brûlent, sans combustible, en langues vertes et joyeuses.
Prêter l’oreille aux crépitements des étincelles.
Contempler le feu d’artifice des flambées intérieures,
Celles qui en mettent plein le cœur.

Couvrir le feu, d’accord !
Mais pas avec n’importe quel couvercle.

Ne pas jouer au croque-mort
Scellant les braseros sous le marbre des tombeaux.
Ne pas jouer aux apprentis pompiers
Étouffant la Saint-Jean avec l’incendie.

Choisir plutôt un instrument de paix,
Un ustensile gourmand comme une poêle à marrons,
Et dans ce temps d’allumettes,
Privé de bûches et semé d’embûches,
Veiller à garder vive l’incandescence
En dépit des sombres circonstances.

Couvre-feu et ouvre-braise :
Dans nos obscurités
Rallumer la flamme qui ne s’éteint jamais.
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