Coup de théâtre

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Au lever de rideau la salle est intriguée,
Car gît comme un tapis ma défroque d’acteur
Que le cours de mes sens a jadis irriguée
Et dont la chute immense a dénudé mon cœur.

Pour vaincre la critique il m’a fallu combattre
En mâchant chaque mot comme si j’avais faim,
Mais pour tout dévorer mes crocs n’étaient que quatre
Et ma langue d’aspic était sèche à la fin.

C’est donc ainsi que j’ai joué le répertoire,
En torturant chaque tirade jusqu’au sang,
Avant que de tomber dans un trou de mémoire
En dépit du souffleur assis au premier rang.

Tandis que l’on me lance un bouquet d’aubépine
Et que nombre de mains m’applaudissent encor,
Le rideau tombe au ras comme une guillotine
Entre la salle obscure et l’ultime décor.

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