Cotentine

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Quand s’ouvre le delta
Qu’une rivière esquisse
Parmi le sable froid
Comme deux cuisses lisses

Et que coule le flux
D’une source cachée
Écumeuse et ténue
D’être bien caressée

Par le vent insatiable
Qui tant lèche ton corps
Que des lèvres des vagues
L’écume s’évapore

Quand tes fucus sombres
Se voilent avec pudeur
Mais s’exhibent de l’ombre
Chaque cinq ou six heures

Quand dans l’onde au matin
Tes cheveux se devinent
Au sein du Cotentin
Je te vois, « Cotentine ! »

Quand tes îles ambiguës
Ont le regard du large
Qui fait tes yeux aigus
Qui annoncent l’orage

Quand passe ta colère
Et que l’humeur crachine
Embrume tes paupières
Ma douce Cotentine

Je te viens, je m’oublie
Comme d’autres plus braves
Dans l’odeur de ton lit
Nous sommes tous esclaves

Car ta fougue océane
Sait parler à nos cœurs
Et emporte nos âmes
Dans le flot des douleurs

Tous ces pêcheurs en quête
Des trésors des abysses
Par tes digues entrouvertes
Vont et viennent à leur guise

Ils te draguent au fond
Sans vergogne et sans cesse
Et plus d’un je crois fond
En pleurs quand il te blesse

Il se noie dans les vagues
À l’âme. Et dans les verres,
Brillent en reflets vagues
Quelques regrets amers

Et moi pauvre pêcheur
À tes yeux suis-je digne
Pour venir à cette heure
Poser mes quelques lignes ?

Finirai-je happé
Par ta beauté insigne
Navire errant hanté
Balbutiant « Cotentine ! »
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