Cosa nostra

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Image de Automne 2017
Sur une terre brûlée
Par le soleil d’été
Dans un village perché
Accroché au rocher
Sur la place du marché
Maintenant désertée
Une voiture est passée
Des coups de feu ont claqué
Un homme s’est effondré

La voiture est passée
Et l’homme gît à présent
Dans une grande marre de sang
C’est le prix à payer
Comme disent les paysans
Pour qui a trop parlé

Au fond d’une ruelle
Écrasée de soleil
Une femme encore belle
Dans la ville en sommeil
S’en va le dos voûté
Elle est vêtue de noir
Et n’a pas quarante ans
On lit dans son regard
Tristesse et déchirement

Qu’elles soient de Trapani
Ou bien de Selinonte
Toutes les femmes d’ici
Savent le prix de la honte
La Pieuvre leur a pris
Le seul homme qui compte
Et qui est leur mari
Celui qu’elles aimaient tant
Et ce sera bientôt
Au tour de leurs enfants

Elles ne parleront pas
Ne connaissant qu’un mot
Qui s’appelle Omerta
Elles ne vous diront rien
Sur ces crimes sans preuves
Ceux qu’on tue comme des chiens
Pour payer à la Pieuvre
Son tribut quotidien


À travers le pays
Par delà les montagnes
Dans toute l’Italie
Résonnent jusqu’à Sienne
Au-delà des campagnes
Les vêpres siciliennes

Sur la place du village
Des enfants au teint bistre
Tristes plutôt que sages
Ont la vision sinistre
D’un homme couché par terre
Dans une grande flaque de sang
Recouvert de poussière
Sous le soleil brûlant
Ils savent que reviendront
Les voitures de la mort
Mais ne savent pas quand
Il y aura d’autres corps
Dans d’autres flaques de sang

En mars ou en novembre
Quand soufflera le vent
Ils sauront bien l’entendre
La bise ou l’aquilon
Quand le temps tournera
Leur soufflera un nom
Cosa Nostra.

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