Corniche Opéra

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De pauvres gens déambulent à ton balcon.
De plus riches, de plus jeunes, de plus courageux,
Courent, pédalent et se pavanent sur le béton.
Sur des scènes de sables, des corps insoucieux
Se montrent, et se jouent de la vie et du ballon.

Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
La mer qui embrasse la terre ?
Qui y a-t-il sous ton parapet ?
La mère qui séduit le père,
À moins que ce ne soit le contraire ?

Dans ton ciel de grands oiseaux planent,
Puis sur le sol tombent leurs ombres crucifix.
Aux deux rives, dans la même eau des hommes nagent,
Et des adolescents y plongent en faisant du rififi.
Les couleurs s’y mélangent. Les racistes enragent.

Qui y a-t-il sous ton parapet ?
Une ondine grasse sur le rocher escarpé ?
Qui y a-t-il sous ton parapet ?
Un homme seul venu bronzer,
Ou, pour mourir, un gabian épuisé ?

Tu n’es l’œuvre d’aucun créateur,
Mille détails pourtant assaillent nos sens.
Spectacle total sans le moindre décorateur,
Toutes tes splendeurs sont dans ces absences,
Et ceux qui te peuplent sont spectateurs autant qu’acteurs.

Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
La terre qui pollue la mer ?
Qui y a-t-il sur ton parapet ?
Des mariés qui descendent de la villa Valmer,
Sans savoir qu’ils vont vers un futur amer ?

De magnifiques discordances alimentent nos interrogations.
Un seul projecteur ? Dans les yeux des spectateurs !
Des îles d’opérette ? Architecte sans imagination !
Brouhaha de la mer ? Symphonie de roues et de moteurs !
Des éclats de pacotilles ? Sur la bave des moutons !

Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
Des détritus qui se souviennent d’une cité ?
Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
Le crabe et la girelle, au milieu des vagues, ballottés ?
Rien de tout cela. Un lieu mystère où la plupart ne sont jamais allés.

De pauvres gens déambulent à ton balcon.
De plus riches, de plus jeunes, de plus courageux,
Courent, pédalent et se pavanent sur le béton.
Sur des scènes de sables, des corps insoucieux
Se montrent et se jouent de la vie et du ballon.

Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
L’avenir des hommes aux abois ?
Qu’y a-t-il sous ton parapet ?
Toute une ville qui clame son désarroi ?
La nature et la culture qui se tutoient ?
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