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Comptine d'un autre été

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Première. Classe 2. Déracinée. Etrangère dans ce lieu. Il faut se refaire une place. Je regarde tous ces nouveaux visages. Il n'y a rien de familier ni de rassurant.

Rentrée finie. Je descends la longue pente qui mène à la sortie du lycée. Il y a un joli parc en face. Ce garçon. Dos à moi, appuyé contre une mini rouge. Une femme près de lui, qui je le devine, est sa mère. Mon regard se fixe sur lui. Une pensée me traverse. Comme une prière murmurée à moi-même. Peut-être que l’on vivra toute une vie ensemble. Peut-être que c’est lui.

J’ai 17 ans et une tempête de sentiments est sur le point de s’abattre. Naïve. Je rêve d’un amour à la Jeux d’enfants. D’un cap ou pas cap sans fin. D’un amour vibrant, impossible mais inconditionnel. Le garçon à la voiture rouge est aussi dans cette classe. Assis devant moi, il s’étire. Il aime se faire remarquer, gêner, déranger. Il envahit mon bureau et celui de ma voisine. Il envahit mon espace. Je lui demande d’arrêter. Il rit. Il m’énerve.

Escalade. Le garçon gênant à la voiture rouge m’assure pendant que je grimpe. On ne s’est pas choisi. Il s’amuse à lâcher du leste. Je m’énerve. Il arrête puis recommence. Il éveille en moi des contradictions. Il me bouscule. Il m’attire.

Le bus. Il le prend derrière la gare, moi aussi. Je loupe le dernier pouvant me ramener chez moi. Heureux hasard. Non. J’ai le cran que je n’avais jamais eu. Je lui demande si je peux rentrer avec lui, que ma mère viendra me chercher chez lui. Il accepte.

La grande maison blanche. Chez lui. Il me fait visiter. Il me montre son échiquier. Il joue un morceau de piano. Yann Tiersen. Touchée. Délicatesse et mélancolie.
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