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Je suis la feuille rougie qui pend
Et qui attend de tomber sur le sol
Dès la première secousse de vent,
Qui mourra quand elle prendra son envol

Et j’attends là en pendant à ma branche
Ce souffle d’air qui me libèrera,
La belle mort qui frappera mes hanches,
Ce petit rien qui me détachera

Souffle donc vite, ô vent portant la mort
Car déjà mon âme s’est envolée
Il suffit juste d’arracher mon corps
À cette vieille branche toute abîmée

Ce vieux bout de bois qui n’est que ma vie
Plein de lichen et cassée de partout
Toi, la Mort, coupe-là de ta faucille
Pour que je puisse m’éloigner de tout.

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