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Avant l'aube, à la lumière jaune des rues sales, j'ai entendu chanter les oiseaux.

Ils n'avaient ni soleil, ni l'air net des belles nuits, ni la paix d'un monde sain :

que Dieu est loin ! Où sont les heures fraîches quand l'univers jaillit de Sa Parole

− et chaque être était encore humide de la rosée de Sa bouche − ?

Mais ces oiseaux chantaient.

Il ne faut pas les croire naïfs ; un sifflement les effarouche, ils tremblent des voitures qui les fauchent, des vitres où ils se brisent, des rats qui les guettent ; et les ordures qu'ils picorent les empoisonnent.

Mais il chantaient −

parce que Dieu est Dieu, parce que vivre est bon, pour la beauté de la musique qui suspend d'une note toute la laideur de toute la ville,

pour l'amour qui les illumine même si ce n'est qu'un instant.

Écoute-les chanter la nuit,

et la nuit ne sera plus la nuit.
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