Cergy Ma Ville

il y a
5 min
15
lectures
1
C’est le centre de notre ville, le cœur qui bat
Des poumons, des croyances des points
De rencontres
Avec dieux et déesses – surtout de la jeunesse








Les nôtres sont en pierre
Sculptés- des archétypes
Des métaphores des histoires




Les nôtres – c’est les marques qui racontent
Les histoires qu’on adopte







Ici on touche de la terre
Sauf quand on rêve, tête en l’air



L’usine fabriques des rêves sur mesure
De la demande des consommateurs




Nous suivons le cycle
De l’année solaire
Le temps et la récolte
Les fruits de la terre




Les usines sont loin
Nous voyons pas d’esclaves
Ni des petites mains






On fait notre fromage, nos œufs
Sont à côte des bœufs



En vrac ça arrive en cartons, en masse
Des camions, des avions, des bateaux s’entassent








Des fromages, des fromages en boites
Y en a des centaines vendues par jour qu’on date
Le jour j, périssable, où après le produit n’est plus consumable
Donc jetable


Quoi ? Tu les jettes ?

Par des tonnes ! On les arrose d’un liquide purifiant
Afin que des gens ne les mangent pas sur les tas
Des ordures qu’on amasse sur place qu’on cache
Car la misère, la faim n’est jamais très loin
Des frontières de notre ville – nos citadins
Ont peur des rats, une invasion des hordes
Sans ressources ni abris
Comme des oiseaux sans nid


Mais le fromage !
Cà se conserve – des mois et des mois
Au frais – des moisissures ? Sacré Bleu
C’est le Stilton des anglais !


Vous le connaissez ?



Bien sûr ! Les Vikings l’ont introduit !
Ils passé par ici sur leurs drakkars
On leurs faisait des prix
Car les échanges se faisaient entre amis


Chez nous c’est le business
Time is money qui prime
L’argent- c’est sacré






Je m’indigne !
Le sacré – c’est le beau, l’idéal, le rêve
C’est l’inspiration de la création
La force dans les veines
Qui nous pousse à se dépasser nous-mêmes

C’est l’absolu, l’intangible, l’éphémère qui attire
Mais reste voilé dans le mystère ennuagé, invisible
Les champs magnétique, les énergies, les flux
D’amour qui passe entre nous

Circule, comme les saisons, les vents
Les marais des océans
Les pluies, la pleine lune
Qui balai les sables et les dunes



Bon Dieu ! Votre vision est bizarre !




Le Sacré – c’est gravé dans l’art
De tailler des formes dans la pierre
Des masques des archétypes qui traversent des ères




Comme des chameaux dans des desserts ?


Tu l’as pigé !

Nous avons des chaines d’alimentation
Des chaines de commandes
La marchandise arrive sans cesse
Pour renflouer nos caisses
Faire fortune aux grands
Familles qui gouvernent
Qui détienne des fonds
Qui finance ses mouvements
Ses masses qui transitent
Par des armateurs, des charters
Des camionneurs jour et nuit



Quel drôle de vie
Quel drôlerie d’être si loin de la terre
Elle est notre seule source
De la matière


Avec le soleil –ses énergies
Les saisons tournent sans cessent
Nous peinons à vivre
Avec allégresse




La vie pour nous est douce et tranquille
Aseptisées, voilà notre ville
Nouvelle, notre utopie,
Où on entend plus un cri
Sauf des bébés qui pleurent






Les petites mains sont plus loin
Mais je suis sûr,
Si on écoute
On les entend bien





Travailler sur des chaines
Des enfants qui pleurent
La souffrance de l’homme
Est omniprésent sur terre


Sauf ici- nos églises sont vides
De sens
On n’a plus besoin des guides
On ne s’en va nulle part
Nos valeurs essentielles
Se résume dans nos arts
Populaires, nos jeux
Ne sont plus
Que des numéros
Spectaculaires
Car l’argent trône
Dans notre ère
Le fric gouverne le gouvernail
Dirige
Le temple
Aux dieux qu’on érige
Avec parkings
Pour des monospaces
Voitures, quatre-quatres
Roue motrice avant
Direction assisté
G.P.S. au tableau de bord
La navigation de notre siècle
Est périlleuse

Les hordes affamées sur les frontières
Des migrations en masse
Des mouvements des populations
Car la guerre chasse, est néfaste
Nécessaire, aveugle






L’homme de notre siècle ?
La famine, la peste
Des maladies l’empêchent
De vivre longtemps


Nous avons des maisons de retraite
Longue durée
Des octogénaires
Qui paient
Comptant pour des soins
Médicaux
Vivent bien !




L’intoxication ! Mon Dieu
Quel envol
Vers le paradis
Tout en restant au sol !











Voilà notre école où on apprend
Comment faire tourner le monde
Des affaires, du business, du bacqsheesh
Se comporter comme un membre
Des grands


Dirigé, ordonné
Etre à l’affut
Du profit, de l’argent en vue







Notre centre culturel montre le fumé du miroir
Enlevé
Comme cela on peut mieux voir
Le monde qui nous entoure
Les routes, sinueuse
Les détours
De l’histoire

Car des histoires à nous
Il y en a en vrac
On les mettre en lumière
Dans les DVDs dans des bacs


Globalisé
Le monde est ici
Partout
Sans saison ni pluie
Qui dérange
Le fauteuil roulant des voitures
Qui circule
Entre les grands tours





On paie
On passe
La vie s’efface
Dans le mouvement
Dans l’espace


D’un instant
Tout est parti
Dans l’ici et le maintenant
Voilà notre vie !











Au travail quotidien : Fuck America Fuck amer I ca 2016 Fuck Amer I can Yes I can
T’imagine !.............Le prof. – il n’a pas fait le programme quoi ! Y avait une page ou deux – eh beh la fille les a photocopié – les pages de sa copine d’une autre classe- eux – ils les ont fait – tu vois
Apprendre l’anglais dans cette école – c’est ça – convocation du prof – responsable hiérarchique, entretien, explication, ré-convocation au grand chef –rebelote – des pages vierges....
‘Mais il y avait une semaine de révision pour boucler tout ça -...’
‘Révision, exactement , revoir ce que vous n’avez pas vu en temps et en cours aux heures prévu dans le programme....Décapitation ! La sentence tombe, aussi lourdement comme une bombe en Syrie ou Irak, Afghanistan ou paris, la nuit au bataclan...

‘L’année prochaine – moins d’heures dans ce programme...’

‘Moins d’heures, salaire en baisse, payé au lance pierre, à l’heure
A la pièce, à la tâche,
Un simple tâcheron suis-je, tout en bas
De la pyramide, de l’échelle
Ou l’ascenseur social ne fait que descendre
Et les montés sont rarissime,
Seul un diplôme B.Sc. Grande Ecole
Garantie
Cinquante mille euro par ans
Net
Aux diplômés
Sélectionné
Par mes soignés
Trié
Sur les volets des notes
Et des copies corrigées
Vingt sur vingt, sept sur sept dans ma tête
Crayon rouge à la main
Suivant
Le programme
Ligne par ligne
Mot par mot
A la lettre
Comme un escargot !






Soirée spéciale
Atelier d’écriture
D’un foyer urban
En plein centre-ville
Des gens de toutes sortes
Venus d’ailleurs
De loin
D’autres terres
Pour intégrer La France
Faire partie de la patrie
Adopter la langue
Le style de vie

Ou pas

La question se pose
L’intégration est-il possible
Dans un état d’hypnose
Où on somnambule
Jour et nuit
A la recherche d’un boulot
Un lit
Pour dormir
De la nourriture pour se nourrir
L’âme et corps
Et quoi encore
Reste à dire
-un monde sans avenir
Certain
Instable
Fuck America
A la table
Le père, ses enfants
Pas de femme
La galère
Sans fin
Dans un foyer
Pour des affaiblis, les plus démunis
Avec des talents d’inouï
De l’humour
De la grâce
Des dieux et déesses
Dans une mauvaise impasse
Sans issu
Sauf l’art
La trouvaille des ressorts
Intérieurs
L’amour de l’existence
Sur terre étrangère
Ingrate
Où la barrière de la langue
Fait le bonheur du chat, le loup, le chacal
Car le système capitaliste
Et bancal
L’exploitation telle
Qu’on peut trouver du travail
En vidant des poubelles
Lavant des voitures
Hors des murs
Loin, plus loin
Du monde meurt de faim
Des bombes explosent
Le pays d’accueil est tranquille
On se repose
Sur un lit bancal
Au moins
On casse la dalle
Baragouine
Rêve d’où on vient
Ecrit des rimes
Des strophes, des apostrophes en vers
Libres
Des aires
Des chansons des livres
Des poèmes
Intoxiqué
Se rendre ivre
Dans l’ivresse
Trouve de la joie
Une cruelle maîtresse
D’école buissonnière
Sous la lune changeante
De cette nouvelle terre





















L’œil de Dieu
Nous surveille
De notre naissance
Jusqu’à notre deuil

L’œil nous suit
A traverse
Nos travestit
Erreurs, blêmes

Rien
Nous laisse indemne
Toute est marqué
Dans le grand registre


Qui suit nos pistes
Nos traces
Que seulement le temps
Efface






Nous ne nous pouvons pas échapper
L’œil vigilant
Du voisin
En haut ou en bas



L’échelle sociale
On ne la grimpe pas
L’ascenseur
Marche pas à pas, ou pas

De tout
On se demande
Si on peut échapper
Une amende

Pour la moindre infraction
La moindre limite
Qu’on dépasse
En tant que délit

Sauf l’élite
Contourne les lois
Qu’ils taillent
En pierre, ici-bas



De l’échelle
On ne peut que rêver
Des journées plus belles
Plus fructueuses

Dans l’espoir
Du verbe
De l’esprit
De l’imagination

Dans une longue vie
Heureuse
En construisant des scenarios
En vers

Strophes et mots
Des langues étrangères
Comme un prophète qui passe
Annonçant la bonne nouvelle

Que le temps efface
Dans le temps d’un chant, une chanson
Dans le pré
Dans le prêt



A porter sa croix
Devant l’infini
Où tout est un choix
Ou pas

Selon les moyens du bord
On travers des océans
Avec du monde à bord
Du gouffre

Car dans le passage
Tout le monde souffre
Sauf celui qui sauve
Sa peau

En affichant sa foi
Sur le mât de son embarcation
Ici-bas
Ou là-bas, plus loin

Dans le pré, dans le champ
De l’action, le corps
Valide le mot
Car la bouche est un havre



L’enclos des dents
Enferme le destin
Des voyageurs
Terrestre




Et l’action du corps
Fait le reste



Dans l’espace-temps
De vision

L’œil n’est que du vent
De la parole qui passe
Jugement
Sur place !




L’exploration
Des zones inconnues
L’interrogation
Des horizons en vue

En nous
Des horizons du temps
Qui changent avec des marais
Des temps

Insolites, obscures
Où la vision du voyage est dans le brouillard
Et la confiance du capitaine
Dans des nuages

De la fumée
Des miroirs perçus
Dans des horizonnes du temps
En nous

La capacité
De fixer le cap
Ramer aux rames
S’attacher au mât

Quand le désir nous prend
Dans l’instant, subitement
Nous payons l’amende
Le forfait

Dans la mémoire qui passe
Comme une pellicule
Un film de notre vie
Passer en boucle

Depuis le premier cri
De joie
Quand nous commençons le voyage
Ici-bas


Sur terre
Ecoutant des résonances
Traversant de l’air
Des eaux

Des silences perplexes
Car l’absolu est présent
Partout sur la surface
De la sphère

Le centre
Est centré dedans
Chacun et chacune
Des êtres vivants

L’œil nous surprend
Quand le désir
Subitement nous prend
Et reprend

Dans des phrases et des verbes
Des logos, des mots
Des paroles et des gestes
Enregistré dans le sous-conscient



Au troisième sous-sol
Quatrième tiroir
Caisse
Dans des bandes magnétiques

Sonores
Illustrés par l’action
Que le temps dévore
Dans l’instant

Du cliché
La photo noir et blanc
Arrêté dans l’image
Perdu dans le vent

Venant d’ailleurs
Connu
Aux explorateurs
Navigateurs

Voyageurs
Traversant le temps
Avec comme cargaison
Des mémoires des chants



Marin,
Des clandestins à bord
Cachés sous des planchées
Que le temps ne cesse jamais de mordre

Comme un rat, un cerf
Volant sur des ailes
Des désirs
Des belles

Dames sans merci
Ni gratitude
Car la maîtresse est cruelle
Et les temps sont rudes

Doux des saisons
Au ciel
Le cerf-volant
Quand la vie est belle

Le baromètre beau-fixe
Le temple du cerveau
Le dôme frontal
Une espace mentale



Un air de jeu
Où des jongleurs des mots
Sur le fil du temps
Suspend des croyances

A sécher dans le vent
Des images, des paroles, des mots
Justes
Sur les langues les plus frustrent

Des regards silencieux
Car le jongleur encapsule, les incorpore
Dans le reflet de sa voix
Et ses paroles sonores

Le timbre
Ses résonances
Ses refrains
Ses échos d’antan

Ses réverbérations
Vibrations qui touchent
Le silence des ailes
Des aigles et des mouches



Sur des frontières
Des horizons du temps
Inaperçu
Hors champs

De vision
Hors-jeu
Quand le ‘jeu’ est universel
Hors-

Je
Suis qui
Je suis
Sans alibi

Hors-paire
Car la beauté
C’est la réunion
Des contraires

L’absolu
Indéfini
Qu’on porte
En nous



La capacité d’être
Jouer, jongleur
A la fête
La bonne franquette,

Qu’on observe
De la banquette
Du banquet
De la noce

Du festin fabuleux
Des fables de fortune
En gravant sur pierre
En grattant des runes
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !