Cergy

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Finaliste
Jury

Auteur de sept recueils de poésie https://www.facebook.com/Pascal-Depresle-Auteur-111652530591974/?modal=admin_todo_tour Et si je tends la main c'est pour voir s'il reste des Hommes  [+]

Image de Été 2020

C’est pas Hambourg
Loin s’en faut
Pas plus qu’Amsterdam
Ni la route qui mène
De Bangkok à Cergy
Ni les chemins
Traverses luisantes
Comme les trains
Des rames des ports enfouis
De Montluçon ou de Reims
Et la périphérie
De la Terre
Entière.

C’est juste un peu la vie
Faux papiers de contrôles
Vrais papiers gras
La merde du périph'
Qu’on caresse
Aux dents d’acier
Des bouches des pelleteuses
Les yeux hagards
Du sud
Des mômes
Qu’on arrache
À l’espoir.

J’en ai vu des certains
Vivre dans des murs trop grands
Attendre que le temps passe
Dans ces endroits
Où même les escargots
Redeviennent limaces
Étendues sur le sable
À crier leurs dernières larmes
Pour avancer
Grain par grain
Vers une mort certaine
Avec pour seules compagnes
Les grandes solitudes
Des marées d’équinoxe.

Médiocrité bourgeoise
À l’odeur
Des jugements sans savoir
J’en connais qui cherchent leur coquille
Comme ces solitudes
Qui cherchent leur maître
La fin du film tombée
Quand vient la nuit des réverbères
Tu sais
Ce moment presque ailleurs
Quand les chiens sortent leurs humains
Pour une dernière levée de patte
Quand les humains sortent leurs chiens
Pour une dernière levée de coude.

C’est pas Hambourg
Loin s’en faut
Pas plus qu’Amsterdam
Ni la route qui mène
De Bangkok à Cergy
Ni les chemins
Traverses luisantes
Comme les trains
Des rames des ports enfouis
De Montluçon ou de Reims
Et la périphérie
De la Terre
Entière.

Non.
C’est partout où il y a des hommes
Qui vivent
Qui meurent
Derrière le halo fantôme bleuté
De leurs yeux double vitrage
Où plus rien ne se passe
Ni de chaud
Ni de froid

Non.
C’est partout où il y a des femmes
Qui trop grand
Ouvrent les cuisses
Sans y croire une seconde
À ces marins aux chiens
Naufragés du bitume
Noyés des vies
Noyés de misère
Dormant sur des coquilles vides
– Compostelle ne chemine plus
Dans leurs rêves d’ailleurs –
Ouvrant encore les bras
Pour mieux dire je t’aime
Aux fantômes de formes
Et de chaleurs vides
Qu’ils étreignent
Dans le vent.

Loin du canal
Où le chien souvenir
Relevait son courrier
Un homme portant chapeau
L’accompagnant

Loin des rails wagons
Blanches rames
D’écritures rouillées
D’en avoir trop écrit
Aux cris des autres

Loin des rivières
Aux passerelles rouges
Qui éloignent de peu
Mais pour l’éternité
Les mains de mon amante

Loin des foudres promesses
Que je ne ferai pas
Même pour une seule fois
Aller chercher la paix
De ne plus parler d’elle

Je compte
Je recompte mes jours
Je compte
Je recompte mes nuits
J’en appelle parfois
À la vie
À la souffrance aussi
Qui fait décembre
Et ses colliers factices
De bonheur
De me laisser ces intervalles
Ouverts
Un moment
Un seul

Comme un attrape-rêves
Qui n’attrape plus rien
Comme un humain
Qui traîne un souvenir
Au bout d’une laisse
Comme un vieux corps usé
Qui refuse la casse promise
– Terre de fin
Sans cortège —
Compte
Recompte encore
– La vie n’est que chiffres
Ombres
Et nombres —
Sa surface potable
Encore habitable
Son panier fait d’osier
Et ses poussières de rêves
– mille et un s’il en faut donner –
D’aller tenir sa main
Une fois
La dernière
Au rire des étoiles
Enfin soulagées
D’arrêter un moment
De chercher des vivants
Pour s’attendrir
Invisibles témoins
D’une nappe à carreaux
Posée sous leur lumière.

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Safia Salam · il y a
Rythme très particulier, un peu comme si on voyait le paysage défiler par la fenêtre du rer. Parfois des rimes voisines, parfois des ruptures inexpliquées. Je pense que vous avez assez travaillé la forme, qu'elle n'a pas pris corps sous l'effet seul d'un hasard poétique.
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Christophe Tabard · il y a
Beau texte :)
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Pascal Depresle · il y a
Merci
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Bubo Bubo · il y a
Votre poème prend parfois un air slamé. Est-ce voulu ? Mon soutien !
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Pascal Depresle · il y a
Oui, la poésie sans musicalité n'est rien pour moi
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Aubussinne · il y a
Epique, cette banlieue, ce béton, cette crasse, cette solitude. Une grande noblesse dans ce texte inondé d'humanité.
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Pascal Depresle · il y a
merci beaucoup
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Amandine B. · il y a
J'aime la lumière de la fin qui donne encore plus d'envergure au noir du tableau !
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Pascal Depresle · il y a
Un grand merci pour cette lecture
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Léna Bernacez · il y a
Ce que je préfère :

Loin des rails wagons
Blanches rames
D’écritures rouillées
D’en avoir trop écrit
Aux cris des autres

Quelle solitude ...
L

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Pascal Depresle · il y a
Merci beaucoup
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De margotin · il y a
Très beau texte et
Je vous invite à découvrir mon nouveau recueil de poèmes en lice au grand prix du manuscrit 2020.
veuillez cliquer sur ce lien http://www.lajourneedumanuscrit.com/Stigmates
Pour lire l'extrait et sur j'aime pour connecter, puis sur j'aime à nouveau si vous voulez le soutenir au grand prix de la journée du manuscrit. Merci beaucoup
Salutations chaleureuses

NB: veuillez connecter Disqus au bas de la page si vous voulez laisser un commentaire.

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Pascal Depresle · il y a
merci je vais aller voir
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De margotin · il y a
Merci également
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Léonore Feignon · il y a
Un texte qui frappe fort ! et ça J'AIME !
Image de Pascal Depresle
Pascal Depresle · il y a
Merci beaucoup
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SEKOUBA DOUKOURE · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez mes 3 voix.
'' ET merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps. 🙏🙏
*Le lien du vote*
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https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-village-doukourela

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Pascal Depresle · il y a
Merci beaucoup avec plaisir
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Sylvie Neveu · il y a
Et pourquoi pas trouver un murmure, une musique toute simple et puis fermer les yeux. Imaginer Léo Ferré, sa voix, ses mains, ses paupières pour ce texte à la hauteur.
Et pourquoi pas ?

Image de Pascal Depresle
Pascal Depresle · il y a
wow la marche est trop haute merci

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