Cénotaphe Osiriaque

il y a
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Artisan en formation. Travaille dans un fast-food pour payer mes études. Écrivaine par passion  [+]

Je renonce à ma cosmologie heliopolitaine,
Broyée par le néant et la folie métropolitaine,
Qui ne s'accorde plus avec le thème,
Je n'ai jamais été en vaine.
Je me construis un cénotaphe et puis encore un autre,
Je n'ai pas peur qu'on ne les pille,
Je ne rejette aucune faute,
Mais à défaut d'être entière de mon vivant,
J'aurai réussi à me disperser dans le néant.
Ils seront décorés de peintures pieuses
Relatant l'existence poussiéreuse
D'une vie de contemplation de la nature et de l'homme,
De déambulation sur la terre, comme vous je ne suis qu'un amas d'atomes.
Mes pensées tombent en désuétude avant d'avoir été énoncées,
Mon esprit dans la torpeur et mon corps lourd comme une enclume,
Seront soignés à force d'opiacés.
Dans mes cénotaphes seront entassés mes textes apocryphes,
D'où l'on ne tirera surement rien de positif,
Mais ils constituent mes biens les plus précieux
Dans un tombeau des plus crasseux.
A côté seront réunis quelques objets,
Une boussole émaillée dont l'aiguille est cassée,
Cela dit le nord est bien visible puisque j'y suis toujours opposée,
Quelques fleurs fanées, du jasmin pour la pureté,
Et des chrysanthèmes dans les yeux du crâne qui domine mon autel.
Flanquée de deux colosses osiriaques,
Aux allures de monstres et moulés dans le plâtre,
Les portes s'ouvrent sur un monde onirique
D'où s'échappe comme une odeur d'ammoniac.
Mais avant de mourir, je me retrouve à la croisée du temple d'Isis et de celui d'Amon,
Je gravis la colline pour atteindre La Chapelle de pharaon,
Et de la je constate que mon épitaphe est faite,
Sur la stèle de calcaire où mon nom déjà inscrit m'enterre.
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Marcel Faure · il y a
Ô poussière ...

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