Campagne en hiver

il y a
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De moi vous ne saurez que ce que mes poèmes vous content. Tantôt triste et spleenaire tantôt extravagant fantaisiste tantôt fou amoureux pamphlétaire, fabuliste, joueur avec vous avec le temps  [+]

Image de Été 2018
Un bloc intemporel défie le lavis parme
De son granit éteint par la tombée du jour.
Sa cloche martelée fait résonner le charme,
De ce ciel engourdi calandré de velours.

Dans un flou intangible un cheval ralentit,
Comme pour mieux humer l’écot de son travail
Et du champ scarifié frangé par mille stries
Une étrange vapeur suinte dans la grisaille.

Quand les lambeaux de suie damassent les chaumières
Et plombent l'horizon d'un voile capricieux,
Quand des parfums de musc surgissent de la terre

Pour baliser le soir les sentiers silencieux,
Le paysan fourbu près d'un poêle falot,
Empesé de sommeil, soupire et fait chabrot.

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Gisny delavalle · il y a
Ce poème est imagé. Nous sommes dans la chaumière, nous nous réchauffons au feu de bois, sans envier la modeste condition du paysan aussi fourbu que son cheval, nous savons par instinct, que chaque vie sur terre se mérite, que rien n'est jamais acquis, que seuls les efforts donnent droit au repos. Merci de nous le remettre en mémoire de si évidente façon.
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Roger S. · il y a
Merci encore Gisny. Eh oui... nous avons encore (et heureusement) des souvenirs de campagne et un peu de boue sur la chaussure. Bonne journée.
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Louisa · il y a
Le labour à cheval, l'animal tirant le charrue guidée par le paysan. Tous deux rentreront fourbus avec le sens du devoir accompli. La terre attendra les semis. Espérons que la récolte sera bonne pour nourrir la famille.
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Roger S. · il y a
Nous avons tous des origines paysannes plus ou moins éloignées. Merci Louisa.
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Nadine Gazonneau · il y a
Un très beau tableau . J'ai senti les odeurs de cette terre travaillée , du cheval qui souffle et de la nuit qui commence à tomber .
L'image du paysan près de son poêle me rappelle des souvenirs de mon enfance . En Limousin on disait "faire chabrol" et je me souviens de la cheminée d'où pendait une crémaillère .
Un joli poème .

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Roger S. · il y a
Merci infiniment Nadine de vous être imprégné ainsi de mon poème et de l'avoir aimé. Belle journée à vous.
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Amandine-L L · il y a
Terre de dur labeur, un peu de vin pour se requinquer... :-)
De bien belles images. Merci.

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Roger S. · il y a
Merci à vous d’être passée et d’avoir aimé. Bonne journée.
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Isabelle Lambin · il y a
Un instant de vie bien mis en vers par de belles images
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Jean Nascien · il y a
Beau et bien écrit. Vous avez du talent!
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Roger S. · il y a
Touché par votre commentaire. Bonne journée,
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Chantal Sourire · il y a
Mon vote maxi pour ce tableau expressif !
Je suis en finale paysage avec un TTC, Transhumance et un poeme, Grenoble en été, si le coeur vous en dit...

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Roger S. · il y a
Merci Sourire
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Christine Śmiejkowski · il y a
Et plombent l'horizon d'un voile capricieux : 13 syllabes non ?
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Roger S. · il y a
Merci Christine pour votre remarque. Votre remarque est tout à fait pertinente. Dans la poésie classique on appliquait le plus souvent (pas tout le temps) la dièrèse pour ce genre de mots c'est à dire qu'on séparait ci/eux. Vous auriez pu faire la même remarque pour :
Pour/ ba/li/ser/ le/ soir/ les/sen/ti/ers si/len/ci/eux (14 pieds si l'on applique les diérèses).
Puisque la poésie permet à son auteur de choisir, j'ai opté pour ce qu'on appelle en terme phonétique la synérèse :
Et/ plom/bent/ l'ho/ri/zon/ d'un/ voi/le/ ca/pri/cieux/,
J'espère que vous avez aimé malgré tout. Belle journée.

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Francine Lambert · il y a
Des images très justes qui m'ont donné à voir ce paysage à la tombée du jour, j'ai senti ces" parfums de musc" et surtout revu avec émotion mon grand-père après sa journée de travail en ce "paysan fourbu" qui, lui aussi, faisait "chabrot" sous mes yeux étonnés de petite citadine.
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Roger S. · il y a
Merci Francine. Content que mon poème vous est transporté dans vos souvenirs. Pour corroborer votre commentaire un petit quatrain de mon ami Frédéric Cogno qui publie également dans short édition de son magnifique poème « La soupe » :
C'est un mets pour les rois mais aussi pour les gueux,
Elle nous dit tout bas, des nobles épluchures,
Les mots simples d'amour qui nous manquaient un peu,
Qu'on a tous de la terre au bout de la chaussure... !

Belle journée.

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Francine Lambert · il y a
Merci à vous Maninred pour ce quatrain que je ne connaissais pas -- même si je lis et soutien régulièrement les œuvres de Frédéric -- et qui ne pouvait tomber plus à propos car, devinez quoi, je viens de préparer une bonne soupe (suite logique d'une poule au pot) . . . :-))
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Yannick Detraissan · il y a
Pftt! Artiste va...

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