Brindilles

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Je ramassai quelques brindilles
Pour allumer un feu de bois,
De blancs crocus, et des jonquilles
Mêlés d'iris couleur bleu-roi.

Une ravissante petite clairière,
De celles qui donnent aux peintres vie,
À deux pas d'un bras de rivière
Fit me poser et m’assoupis.

Ai-je à peine fermé les yeux
Qu'un léger bruit, une broutille,
Tout près de moi, un mètre ou deux,
Apparaît deux jolies chevilles.

Accroupi derrière des troènes
Sans oser faire le moindre bruit
J'observe la belle, sereine
Dans cet étrange décor fortuit.

D'une main légère elle remonte
Son jupon pour ne pas tremper
Le tissu et la belle blonde
Est enfin prête à traverser.

Pour sûr, prudente par nature
Elle se choisit de plats galets
Et se déplace dans l'onde pure
D'une démarche peu rassurée.

Une bretelle récalcitrante
Par chance mal entrelacée,
Me gratifie d'une vue troublante
Sur sa poitrine dénudée.

Mais la frivole n'en a cure
Et continue son avancée
À petit pas, pour être sûre
D'arriver de l'autre côté.

Le vent s'amusant de la belle
Voulut aussi en profiter
Car s'engouffrant sous sa dentelle
Un petit cri lui fit pousser.

Marcher sur l'eau n'est pas facile
Même en choisissant les galets,
Dans une chute des plus graciles
Elle se retrouve les pieds mouillés.

Dès lors, se croyant seule au monde,
Finit de se déshabiller,
Se glisse dans l'eau peu profonde
Ferme les yeux et disparaît.

Ai-je dormi, ai-je rêvé ?
Est-ce mon imagination ?
Ma belle dame s'en est allée
Me laissant seul parmi les joncs.

Depuis je retourne souvent
Glaner des fleurs et des sarments,
Mais j'ai gardé de ce moment
Une rivière et puis... le vent.

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