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Bob et Châtiment !

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Jerk Jerk

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C'était jeudi, jour du marché. J'avais emprunté le long corridor sinistre qui séparait la grande cour entourée d'arcade, foisonnante de bêtes et de gens en tous genre, afin de lui soulever gravement mon chapeau.

Quand, entre deux agents de police, parut Bob, traîné des deux jambes dans la poussière, le purin et les flaques d'eau pour être amené de sa prison à la Cours des Banqueroutes, la foule placidienne s'arrêta brutalement de tcharer : ne gesticulaient plus aussi les ânes, les chevaux, les mulets, les moutons, tous chargés de viticelles et d'offrandes dionysiaques, et même les chats rapides et sauvages, ainsi que les chiens du bled au poil jaune, pareil à des chacals, comme j'en avais vu à Santeau dans ma Beauce riche et grasse... Bref âme qui vive ne bougeait plus d'une oreille quand les menottes aux mains et la tête baissée, Bob passa, la mine grave.

Bien après et indéfiniment, ayant sombré dans le pseudoscalaire littéraire, je croyais encore, assis face à mon bureau, entendre sur le pavé sonner lourdement les pas des agents et quand la hache du bourreau fit voler la tête de Bob, ce vent glacé d’humidité qui s’était levé alors n’avait cessé de me souffler au visage et de soulever froidement les pans miséreux de mon manteau.


Au crépuscule de ma vie, nul entr'acte béni des dieux pour me reposer un peu et même les discothèques les plus euphoriques me semblent peuplé de démons cataleptiques, la tête cachée dans mes mains je pleure, je pleure et je pleure jusqu’à risquer la déshydratation :
Je voudrais en ce matin proche de mes funérailles, littéralement et dans tous les sens du terme, recoller les morceaux...
Mes amitiés, Bob.
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