Bleu extralucide

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Hantent mes pages et mes pensées Ailes de dragon, fines, nuancées Drôles de monstres et temps qui vente Amères héroïnes, simples passantes Superbe mer, forêt immense Souple amandie  [+]

Tes cernes phosphorescentes, jettent alentours
Une lumière bleutée. Sous cet éclairage
Mes doigts fatigués, font de lents détours
Dans une valse lente, un vaste repérage.

Ou bien sont-ce des voitures, les flammes, les feux, les phares,
Qui laissent sur le monde ces traces blêmes qui m'effarent,
De leurs grands ongles cyans, de néons sautillants
De secondes en secondes, épileptiques, criants ?

Comme sur une vitre sale, ce halo triste et bleu
Me rappelle les coups, les outrages et les bleus
Couleur glauque et sordide, de sang vaguement liquide,
Sang bleu, mais sang vide, sang bleu, mais fétide.

Cette lueur sur ta peau pâle, ta peau d'albâtre et d'opale,
Est malade des sirènes d'ambulance qui tournoient
Comme des corbeaux au-dessus de ton corps qui se noie
Dans cette eau électrique, bleue, c'est le principal.

Il y a quelque chose de sombre dans cet éclat sans vie,
Cru et même aveuglant, qui m’écœure à l'envie.
Aux hurlements nocturnes accrus de cette lumière
Froide comme un cadavre et inhospitalière.

Le manque de sommeil, fait prendre aux ampoules
Une teinte qui tangue, comme sous une forte houle
Les songes mauves ont fui, ne restent que l'ennui
Et l'effroi, et le froid, et la peur et la nuit.

Bleu aussi est ton menton, rasé juste la veille
Dans la nuit néon bleu pétrole qui veille
Comme toi et comme moi. Sous mes chairs translucides
J'entrelace des veines, artères extralucides
Qui s'entrecroisent soûles sous ces nuances liquides.

Dès le ciel bleu couchant, moi je largue les amarres
Et prie pour que tout ça ne soit qu'un cauchemar.
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