Babelles

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J'ai 22 ans et la vie me semble éphémère, je cherche à faire de la poussière des grains de lumière que je sème au gré du temps. Comme vous le constaterez vous-mêmes, je m'abreuve de beaux ... [+]

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Visage...
Ce double visage
D'une pâleur insoupçonnable
Si ce n'est de sa pureté...
Je te croyais intouchable,
Toi, niché dans ta clarté.
Je n'voyais en ces filets
De paroles que tu versais
Le long de mon corps fluet
Que des promesses à jamais
Encensées.

Mais quand tes mains m'enlaçaient
Je croyais y lire tendresse
Et quand ta bouche murmurait
Ce n'était pas la sagesse
Qui la faisait se mouvoir ;
Plutôt la déloyauté
Et ces denrées illusoires
Que tu faisais miroiter
A tes jolies étrangères,
Jeunes filles aux courbes douces
Comme les anges, légères,
La chevelure blonde ou rousse.

Toutes étaient à ton image ;
Comme toi elles exhibaient
Sans gêne leur double visage
Et tour à tour s’affichaient :
Du côté pile sans vices
Du côté face peu sages.
Aussi sous leur peau si lisse
Se froissaient, diaphanes, des pages
De leur passé raturé,
Histoires sacrées de femmes
S’étant vues dénaturées,
Comme évidées de leurs âmes.

De demoiselle à dame, toutes
En ton lit se réfugiaient
Pour s’y confier sans doute
Après avoir voyagé.
Aussi elles te transmettaient
En des murmures aux accents
D’ailleurs tout ce qu’elles étaient
Ici-bas en ce présent
Que tour à tour elles t’offraient.

Et dans leur cœur elles portaient
Quelques souvenirs sauvages
Qu’elles gardaient en secret
Avant qu’ils ne soient mirages.
C’est pour cela qu’elles portaient
Sous leurs allures bien sages
Bien plus que tu ne croyais
Leur attribuer en âge.

Et comme toi elles avaient
Cette langue-couperet
Avec laquelle elles striaient
Sur ton corps des mots abstraits.
Car comme toi elles aimaient
Recouvrir de tatouages
Tous ceux qui les animaient ;
C’était pour elles un gage
D’éternité
Que de te faire porter
Le sceau encré
De leur pleine liberté
Que tu gardais en fétiche,
Comm’ les draps ensanglantés
De tes prises les plus riches,
Quand en toute impunité
Elles t’avaient honoré,
T’offrant leur virginité.

Et au creux de leurs dentelles
Quand tu les faisais chanter,
Leur corps s’ouvrait en Babel
Enchantée.

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