AVRIL

il y a
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Je suis un être plutôt instable, un tantinet introverti.Mon gout néanmoins principal va à la poésie, de préférence gaie, limpide, évidente, sans trop de mystère, compréhensible aisément  [+]

Gourd avril,
Secoue-toi, bon sang,
C'est le nouveau printemps,
De ton cocon d'hier, brise les fils !

La momie d'une chrysalide,
Dans la neuve chaleur timide,
A explosé la toison de sa prison
Pour libérer un colorié papillon.

Je sais, je sais, ton ciel versatile
Ourdit encore des relents de grésils.
De célestes moutons gris s'excitent, grossissent, s'amoncellent
Et, alourdis, cinglent en une brutale curée de blanches grêles.

Ainsi la voute peine à se débarrasser du deuil de la vivace morte saison .
Hier, le soleil renaissant a troué ses lambeaux de ses rayons couleur citron.
Aujourd'hui, il a secoué sa toison et a décidé d'exhiber ses émoussées hallebardes.
Ce ciel interloqué, défensif, conquérant a enfilé son pantalon de gendarme.

Un rayon de l'astre pathétique a délayé
Sa lueur pastel dans la nuée d'une récente ondée.
Ainsi, en belligérants pactisant, ils ont peint une commune aquarelle
Reliant les deux horizons réconcilliés en un rituel et pacifique arc-en-ciel .

Des volutes moussants, protéiformes de nuages blancs,
Débandés, en cohortes discontinues, accourent depuis l'océan.
Au sol, ils font courir d'inégales masses sombres
En un perpétuel jeu du vent entre soleil et ombres.

Offrande de l'astre céleste, un rayon chaleureux et vermeil,
Par le travers d'une trouée d'azur, fait vibrer l'abeille.
Toute la panacée dont elle a été privée durant l'hiver,
Elle s'en enivre en ronronnant dans le coeur d'une primevère.

Tel un vif petit poisson de jais et d'argent,
Dans la mer d'Iroise, virevoltant son ventre blanc,
Trop rare encore pour, à elle seule, extirper le printemps de sa geôle,
Elle danse, en compensation, une prometteuse sarabande silencieuse et folle.

Le coucou gouailleur invite à la joie buissonnière du cache-cache.
Oui, pour la gent ailée, il est bien l'heure
De trouver l'âme soeur.
Avril tantôt gris, tantôt si peu bleu, peu importe, elle s'amourache.

Avril velléitaire, réfractère,
Avril débonnaire, volontaire,
Quel qu'il en soit, c'est l'époque de l'espoir
Où s'amenuise vite la lourdeur du noir.

Bientôt Dame Nature explosera de tous ses indomptables et contenus sens
En une polychrome er modulée frénésie.
Le chuintement des feuillages sous l'archet du vent, les vocalises des oiseaux en transe
Mêleront leur estivale symphonie.

La plaine blottie sous un patchwork aux nuances émeraude fuit comme une mouvante onde.
Cette herbe en âge tendre se voit déjà à l'époque des foins, en hautes tiges denses et blondes.
Pour alléger le carquois de Cupidon, elle s'imagine qu'elle se fera, alors, tant alcôve si profonde
Que chaloupe bien scabreuse pour embarquer vers Cythère toute coquette dont les appas abondent.

Facétie abusive ou punition de Cerninos,
Les caducs font " feuilles rases" à la saison rosse.
Alors, grelottant dans leur spectre, ils savent qu'avril ne sera pas un poisson,
Qu'il élargira leurs emprisonnés bourgeons en une rutilante et neuve toison.

Dans les vergers, les pensionnaires bien disciplinés prennent néanmoins quelques couleurs.
Ainsi, le cerisier rose et le pommier blanc s'enorgueillissent de leurs frêles et volages fleurs.
Déjà, leurs entrailles fécondes frémissent et, satisfaits, ils pensent
Au futur de leurs branches ployant alourdies sous une corne d'abondance.

L'hivernale perce-neige déjà blette a éteint ses immaculées clochettes.
D'autres congénères pionnières : tulipes, jonquilles, narcisses et pâquerettes
Qui, du printemps incertain, ne craignenr guère les sautes d'humeur,
Allument les jardins et les herbes sauvages de leurs fraîches er impavides lueurs.

Avril, que d'eau, que d'eau ! Tu as engrossé la Loire et bousculé les annales de la Météo.
Là-haut, entre éclaircies, en forçats, les Danaïdes se sont activées à leur tonneau.
A plusieurs, maintenant, les hirondelles font un fulgurant ballet. Quelle aérienne chorégraphie !
Ainsi, en multiples messagères du printemps, elles banniront les séquelles que toujours elles fuient.

DUJE
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Flore · il y a
Un poème d'actualité: Avril avec de belles images. Je fais un retour en arrière sur votre page....
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Duje · il y a
Vous êtes ma plus fidèle lectrice, merci beaucoup . Ce texte n'a intéressé personne à l'époque . Dois-je le remettre en ligne ? En vaut-il la peine hormis son actualité ?
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Flore · il y a
Je crois que oui, il y a plus de 2 ans...en libre vous pouvez avec envoi de notifications, on est au mois d'avril...il peut intéresser...Il est joli...il n'y a plus qu'à...( c'était la formule préférée de mon ancien directeur...quand je travaillais !!!)
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Duje · il y a
Suis pas très chaud !
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Flore · il y a
C'est vous qui voyez...