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AUTUMN, la tendre indifférence du monde

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Lyvie Llonatelli

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Se faire baiser ne fait pas mal.
C’est juste un détachement de soi vers l’autre.
Une vision monochrome, zébrée et colorée sur les choses.
On devient transparent dans son inconscient mouvant et l’être pensant est figé.

Tout l’amour perdu reste gravé en nous, ça lui donne un autre sens.

Les larmes de cet amour, alimentent un fleuve.
Elles permettent aux fleurs nouvelles de s’épanouir.

D’un regard oblique, je vois le monde de travers.
Je ne juge personne. Pourtant si on me le demande je cisaillerais des têtes à la volée.

La misère des orgueilleux, plus bêtes qu’une armée de poules, refait le monde. Un monde opaque.

Je regarde un flacon en verre brun, le liquide à l’intérieur me fait voyager.
J’ai rencart avec le train des rêves perdus.
Ceux pour lesquels on filerai sa dernière chemise, juste pour les revivre une fois encore.

Ceux qui racontent des histoires d’un temps invécu.
Ceux, qui comme des petites cellules, palpitent puis explosent en nuées éblouissantes et donnent la chaleur au corps latent.

Corps de désolation qui se nourrit des chairs moribondes de ses phantasmes.

Corps perdu sur lequel aucuns ongles ne s’accrochera jamais plus.

Ce corps parfois tendu, cambré, pour satisfaire son besoin de vie.

A la fin de cette vie, ce corps affaissé, affaiblit par le temps qui l’écrase.

Malgré tout ce corps palpitant et sensuel qui s’irradie lorsque des ombres lumineuses s’en approchent.

Ombres égarées qui cherchent un double, comme un ciseau sa seconde lame, pour scarifier la pensée, la mémoire des promesses fardées et épicées. Odeurs de mousse fleurie,
de terre fraîche et des os blanchis.

Pensées obscures d’un grand Ça en désordre et rétif.

Je me lève des brumes cotonneuses et admire les coteaux des vallées nobles*. La montagne en face, dans sa partie voilée,
vivante des âmes des autres.
Une nature particulière m’attire et me repousse, quand une autre, salutaire à sa façon, m’inflige un faux pardon.

Dois-je me perdre en m’arrachant des lambeaux de corps aux pics des prunelliers bientôt en fleurs ?
Dans quels interstices pourrais-je y enterrer celui du damné?
La tourbière fumante engloutie l’esprit de mon hôte.

Au firmament de toi je pourrais renaître de ton ventre usé.
Mon essence a la nausée des grands jours.
Boire jusqu’à saturation de l’esprit.
Se fondre à l’essentiel.
Se sentir en vie même si on crève,
dans la tendre indifférence du monde.
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Lyvie Llonatelli · il y a
Merci. Je vais lire en retour
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Marine Azur · il y a
Un beau et puissant texte !! merci Lyvie du partage et belle soirée
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Lyvie Llonatelli · il y a
Merci Marine. Ravie de partager à vos yeux. Belle journée
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