Au vent du Sahara

il y a
2 min
256
lectures
28
Qualifié

«Au commencement était le Verbe.» C'est un bon début, mais quel était le sujet ? *** Je suis un lecteur invétéré et un auteur incidentel. *** L'image de mon profil est, en médaillon  [+]

Image de Automne 2020

© Short Édition - Toute reproduction interdite sans autorisation

Je suis à tout jamais en proie à l’aventure,
Assoiffé du baiser doux-amer de l’amant.
Comment donc retrouver l’instant de la blessure
Qui déchirait mes chairs si passionnément ?
C’est l’appel du désert, tel qu’au commencement,
De ce beau sable blond qui forme le mirage
Mais qui recouvre tout et vous laisse sans âge.
C’est au souffle du vent que je dois le bonheur,
Il a forgé la piste invisible à tout guide,
Il m’a livré sans vie à ton monde enchanteur.
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide !

Ô Sahara cruel, j’ai voulu ta morsure,
Immergé dans la dune, à finir en dément.
Les hommes du désert m’ont offert en pâture
À plus avides qu’eux par un troc infamant.
J’étais pris par la fièvre et par un tremblement,
Je me croyais broyé, jouet d’un engrenage,
Non plus officier mais plutôt bête en cage.
C’est à ton oasis qu’a repris mon ardeur,
J’ai rêvé de tes soins et d’un règne splendide,
De la ruine magique où s’étend la ferveur.
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide !

Ô troublante Atlantide, ô lieu de ma luxure,
Bien plus d’une souffrance a glissé doucement
Vers la braise adorée, un feu de dictature.
Lieutenant disparu, j’étais au firmament,
Grisé de passion, je brûlais ardemment.
S’arracher à ta main demandait du courage,
Un sursaut de raison qui n’appartient qu’au sage.
La belle mélopée aggravait ma torpeur,
J’ai senti tes velours et oublié ma bride,
Les parfums de ton lit me saisissaient le cœur.
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide !

Ô superbe Atlantide, ô grand lieu sans mesure,
Tes ruines en péril étaient un testament
Aux beautés, au génie, à la science pure.
Platon avait décrit les charmes d’un moment,
J’admirais la splendeur de chaque monument ;
Seul le sable du temps avait fait son carnage,
Lissant par le néant le flou du paysage.
C’est de ton charme fou que venait ma stupeur,
La reine à mes côtés, cherchant une pyramide,
En esclave inquiet de la peur du voleur.
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide !

Ô méchante Atlantide, ô lieu de flétrissure,
Les soldats sont venus apporter le tourment
Et traiter ta magie avec désinvolture.
J’ai oublié l’armée et brisé mon serment,
J’ai préféré ma reine à tout mon régiment.
Mon commandant est mort, je l’ai tué sans rage.
Ma folie est passée ainsi qu’un fort orage.
C’est par ton sort puissant que je suis déserteur ;
Hors de mon lieu perdu, je suis un apatride,
Ce qu’on veut découvrir engendre le malheur.
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide !

Ô Sahara lointain, je rêve du voyage
Qui me ramènera, voyageur sans bagage,
Au paradis maudit, la première lueur,
Au temps où le désert faisait naître la fleur
Et exhumait du sable un royaume perfide.
Illumine mes pas, djinn annonciateur !
Ô reine Antinéa, fais briller l’Atlantide

__

Bien évidemment, toute similitude avec l’Atlantide de Pierre Benoit (1919) est plus qu’une coïncidence.

28

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !