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Au service de tout , sauf de la personne.

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Politique

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Nous pensions hier avoir découvert un monde interlope , aux critères défiant toute concurrence en matière d'exploitation, en l'occurrence celui du "nettoyage". Les Béotiens que nous sommes ont trouvé ce jour encore pire, rien qu'en dialoguant et en écoutant de vive voix des témoignages encore plus consternant. Il suffit parfois de tendre simplement l'oreille. Et d'aller , en quelque sorte, aux sources du malaise social en notre civilisation si donneuse de leçons parfois et se prenant si souvent pour la "Terre Promise", alors qu'elle n'est plus que règne bestial du plus malin et qu'il ne manque que le Colisée et les Chars pour donner le change à L'Empire Romain, le Camarade Président faisant sans peine figure de Jules César, le "De Bello Galico" en moins, ses oeuvres à lui tenant plus de la pompe que du stratège en chef . La profondeur n'étant pas vraiment au rendez-vous du personnage.
Cet homme avait promis du travail à tous, une croissance forte, une France prestigieuse. Sa victoire face à Marine Le Pen tenait du fait d'armes, dans un débat victorieux à la Pyrrhus, la conquête étant aisée en l'absence de confrontation frontale en terme idéologique, brave Marine défendant une idée de la Nation assez peu viable face aux situations voisines observées. En langue vulgaire, Manu n'a pas vraiment eu besoin de se "défoncer la gueule" pour obtenir le gain du match . Dix neuf mois après, la question sociale explose en sa figure de communiant issu de l'Enarchie triomphante. Elle est celle qui pèse le plus lourd. Elle est l'angle mort du navigateur à vue qu'il n'a jamais cessé d'être. Le témoignage d'une femme occupant le dur emploi de "service à la personne" achève de convaincre le citoyen de la rue, au sujet des inepties proférées , un soir de printemps 2017 .
C'est au fond, ce qui choque. Non qu'il ne soit pas intellectuellement conscient, mais que sa pratique du pouvoir accentue les dérives observées depuis déjà de trop nombreuses années. Rentrons dans le dur et vous comprendrez en détail. Un patron d'une entreprise de "service à la personne" fait signer des dérogations aux contrats de travail proposés à ses employés. En conditionnant l'embauche à cette signature permettant de passer outre toutes les règles en vigueur. C'est un peu la décharge que vous signez en quittant sans autorisation un hôpital où vous vous trouvez. Nous sommes dans le monde des "petits arrangements" . Mais celui des arrangements au service d'une seule et même personne, le "donneur d'ordres".
Les tarifs qu'il impose sont de 30 euros de l'heure, ce qui correspond à environ trois fois le salaire brut qu'il verse . C'est beaucoup pour une famille ne roulant pas sur l'or . C'est même une somme astronomique pour qui connaît les prix pratiqués . Mais un certain crédit d'impôt est passé par là. Il est de 50 % . La subtilité réside là -dedans. La famille en bénéficie, le patron effectue sa plus-value dessus. En aigrefin très bien inspiré. Et en bienfaiteur, par le biais de l'impôt dit Républicain, du travail précaire, largement encouragé par ce biais. Le contournement de la convention collective s'asseoit sur ce choix financier précis. Il s'agit de faire de l'impôt un élément du bénéfice ainsi réalisé et, par l'impôt, d'accroître la puissance domination de l'individu ayant flairé le bon filon.
Chacun s'interroge au sujet des réactions du monde politique, devant tant d'arnaques manifestes. Certes, l'employé n'est plus au chômage, ce qui rassure l'opinion publique et l'éloigne, un temps, de "l'assistanat" prétendu. Mais , en touchant de telles sommes, ce patronat moderne fait pression sur les élus et se donne les moyens de les menacer, s'ils refusent d'obtempérer et ont le malheur, dans l'hémicycle , de proposer des modifications au sujet de ces formes dévouées de destruction de la richesse nationale. L'expression "ils donnent du travail" a même un côté assez déplacé et laisse croire que la source du travail est dans ce management particulier , quasi dispensateur de ses dons face à la masse en train de quémander "la charité, monseigneur, touchez ma bosse.... " . La réalité est autre, tout à fait autre. Elle est bien plus cruelle. Tout fait penser à Victor Hugo et à Charles Dickens.
Les exigences posées par les dérogations citées plus haut sont extrèment lourdes et pernicieuses. Seuls deux jours fériés subsistent dans l'agenda de ces "oncles Sam". Le temps de travail hebdomadaire est devenu totalement élastique. Tout problème fait l'objet d'une convocation "personnalisée" dont le but avoué est d'y exercer une main de fer dans un gant de velours. Il nous faudra apprendre à "aimer" l'entreprise pour pouvoir y subsister. A aimer les ordres les plus abjects. Alors Huxley et son "meilleur des mondes" auront gagné la partie . En cette France devenu cinquante et unième ou cinquante deuxième "État de l'Union". Qui acceptera cet "Amgot" en voie de réalisation dans de telles conditions et avec de tels "maîtres de corvée" aux commandes ? Tout ceci ressemble à la méthode Soviétique d'exploitation de l'homme par l'homme. Comme si le Goulag avait pris la bannière étoilée pour y transmettre ses règles impitoyables.
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