Au jardin de Louise

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Cinq ans pigiste pour un quotidien régional, je pense avoir su écrire dans ma tête bien avant de savoir utiliser une plume (je dis bien une plume !) J'aime les mots tout autant que les fleurs et  [+]

Image de Été 2020

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Le portail centenaire trop lourd de sa glycine
Baillait sur un tapis de campanules en pleurs
Des souillons achillées qui jalousaient la place
Alourdissaient le port des doux poix de senteur
En anéantissant leur pastel et leur grâce.

La mémoire de vos yeux restera un miroir
Les senteurs en murmures vous griseront encore
Ma tendre Louisette, gardez bien vos trésors…

Au parc des pivoines flétries du jour tombant
Glissant entre deux doigts une monnaie papale
C’est ainsi qu’on payait la visite mariale
Il fallait boire aussi au soleil jaillissant
La rosée purifiante au cœur des fleurs nouvelles
Avant qu’elle ne s’écoule le long de leurs pétales.

Vos brassées romantiques resteront vaporeuses
Le jaune des pistils poudrera votre nez
Ma douce Louisette, il est bon de rêver…

Nous longerons le mur sous les volubilis
Écrasant l’angélique aux fragiles ombelles
Et nous retrouverons l’espace bouquetier :
Les œillets de poète, les dahlias lumineux qui dressent leurs pompons
Pour accéder plus loin à l’hortensia pulpeux et au royal iris,
Le corso des freesias enivrant les parcelles
Où des lupins arborent leurs hampes en bonbons.

Je connais le soupir qui gonfle votre gorge
Croisant votre corsage cérémonieusement
Je vois votre sourire sous vos paupières closes
Ma belle Louison, je prends soin de vos roses et du gardénia blanc !

Derrière les vagues des fougères, dessus le barrage d’hostas bleus
Les aubépines et asphodèles se balancent au gré d’un Éole fiévreux.
Nous suivrons les zigzags des corbeilles d’argent
Que jalonne parfois l’oriental pavot
Captivés, chaque fois, par cette unique au monde
La vieille chiffonnée, mais toujours floribonde
La Damas aux éclats des joues de vos vingt ans
Au capiteux parfum de l’ambré abricot.

Je pose dans vos mains votre thé le plus cher
Celui que vous troublez d’une larme de lait
Et je vois sur vos mains ces fleurs de cimetière
Comme autant d’embrassades de vos amours lointains
Comme autant de caresses à toutes les beautés que vous offre la terre…
Ma sublime Louise, venez prendre mon bras pour descendre au jardin !

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