3 lectures

0

Sous le ciel , l’averse fait rage, dans cet océan sombre les nuages font naufrage
La pluie collante et ruisselante,raidit mon âme déjà frêle et branlante
Il est l'heure de marcher vers l'épouvante, vers l'éprouvante épreuve qui à nous se présente.
Une angoisse lacère ma chaire trempée, mes pieds gelés malgré moi se clouent sur le sentier
Courage! me dis-je, courage, courage !

Autour du grand chaudron nous voilà réunis, exhortés ici, au crépuscule de nos vies
À boire l’élixir qui donne à la douleur,la douceur d'un soupir et à la soif de sang le plus ardent désir
Je ne bois pas, ma mort, je la veux belle, je veux la vivre,même si la peur fait que mes jambes chancellent
Retentissent les grands carnyx,complainte morne , mon cœur transi et tremblant résonne...

La bataille arrive et nos guerriers en nombre, fondent sur l'ennemi telle une vague sur la rive.
Ne faillis pas ! me dis-je , ne faillis pas , ne faillis pas...


Effluves mêlées d' eau, d'orage et de sang, font tomber le courage jusqu’au dernier des rangs
L'empyreume porté par une ondée brumeuse, n'annonce maintenant qu'une fin très fâcheuse.
Piétiné, le sol gluant fige chacun de mes pas, il ne reste qu'un espoir, devant moi le trépas
La souffrance m'assaille comme un millier de lances, mais le guerrier s'éveille avant que l'homme s'en aille.
Avance ! me dis-je avance, avance...

Et soudain le silence d'un abysse bruyant, les cris sont sourds, la peur s'envole à présent.
La douleur s'estompe, le courage surgi, en moi croit désormais une rage infinie.
Que la déesse guide mon cœur, vaillant et brave, que mon camp soit vainqueur !
J'ai depuis trop longtemps déserter ma demeure, il me tarde à nouveau d'étreindre mon âme sœur.
Tiens bon ! me dis-je,tiens bon, tiens bon ..

L'acier cinglant et glacé est l'arme du guerrier, le seul restant en vie au sein de la mêlée.
Par ma main sur la garde, mon épée, je bénis, d'être le dernier rempart contre mon ennemi
Ma fureur déchaînée, portera le coup, l’issue fatale, aux premiers rayons d'un soleil matinal,
Et la caressante lumière d'une aube rougeoyante, porte à ma vue cette nouvelle terrifiante
Dans ce champ souillé éventré et béant, je suis à présent le dernier des Eduens.
Je suis mort! me dis-je, je suis mort , je suis mort...
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,