Arrivée à l'île d'Ars

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Finaliste
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Le clocher de l’église m’indique le chemin
Et la rue du village me saisit par la main.
Les maisons, dissipées, lui font des croche-pieds
Lui imposant chicanes, écarts et contre-pieds
Qui inscrivent son élan dans une course brisée
Sous le regard placide d’un vieux calvaire blasé.
Elle s’attarde à l’envie, ravissement d’esthète,
A l’approche du logis du vieil abbé poète
Dont elle s’enorgueillit de perpétuer le nom.
Elle me mène avec grâce en vue de la maison.
Elle est si bienveillante qu’on la prierait d’entrer...
Elle s’éloigne, insouciante et sans se retourner,
Abandonnant sa mue de bitume, ingénue,
Elle arbore sans pudeur sa nudité herbue
De sentier bucolique et s’en va retrouver
Pour un chaste baiser la prochaine marée.

Nulle barrière défensive à ce jardin sauvage,
Pas de porte à ouvrir mais un simple passage
Offert à l’occasion d’une béance de la haie.
L’herbe grasse propose un paillasson épais
Enté d’un gazon dru semé de marguerites.
Un mimosa gracieux sous le soleil médite,
Trois griottiers en fleurs réjouissent le ciel
Alors que s’organise l’accueil providentiel
D’un bataillon d’iris qui présentent les armes.
Nul gardien, nulle clôture, nulle sirène d’alarme :
Les pigeons, attentifs, surveillent la maison.
Ils avisent les lapins, auxiliaires de liaison,
Qui réveillent les lézards qui alertent la Mine...
Le seuil n’est pas franchi que le cœur vaticine :
Si ceux qui vivent là viennent à jeter la clef,
Je serai de ceux-là qui iront la chercher !

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