Anna de Noailles

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J'écris car je ne sais pas peindre  [+]

Image de Eté 2016
Sur ses papiers glacés glisse son porte-mine,
On pourrait sur tant d’eaux voir filer ce bateau,
Soulevant après lui aux mots qu’il dissémine,
L’écume où les poissons reflètent les oiseaux...

Un point vient et ponctue comme une ancre tremblante,
Les phrases qu’elle arrête où stoppe son navire,
Élevant jusqu’aux cieux ses idées rayonnantes,
Les muses qu’elle émeut se plaisent à la lyre...

Dans ce parc étoilé sa grande âme s’égare,
Et quand survient la nuit où son regard s’étend,
Ce n’est pas aux rochers que sa barque s’amarre,
C’est au vague, à la lune, aux ondes sur les temps...

Elle arrime à ses vers, un astre, une voyelle,
Un papillon bavard qu’elle essaie de traduire,
La poétesse émue navigue à tire d’aile,
En guettant ces vents chauds qui la feront frémir...

De ces nuits sans sommeil elle fait des guirlandes,
Luisant sur les matins en des soleils heureux ;
Le Beau germe dans l’aube où ses mots se répandent,
Et tout serait béni si tout brillait comme eux...

Ses jours sont une rade où son cœur se repose,
Mais rien ne l’effraie plus que vivre sans frayeur,
Anna craint l’océan car c’est sur lui qu’éclosent
Ses textes où la nuit réfléchit ses lueurs...

Elle sait tout décrire et même le silence,
Devient une musique, un vitrail, un tableau,
Où le regard et l’âme enthousiasmés s’élancent,
Comme vers l’infini s’enfuiraient des radeaux...

Abasourdi je reste étonnamment conquis
Par celle qui s’emplit de célestes soupirs,
Et si dans l’horizon se noient ses yeux exquis,
C’est plonger en chacun que lire ce qu’ils virent...

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