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Amour damné

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Elisa_shizen

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Elle est belle, par-dessous le soleil ardent.
Et ses longs cheveux dorés d’un blond scintillant,
Au vent, s’agitent dans la légère secousse.
Des éphélides arborent sa sage frimousse.
De fines lèvres rouges éclairent son sourire
Ainsi que ses yeux gris, emplis de souvenirs.
La nature semblait lui avoir tout donné.
Charme et spiritualité font sa beauté.
Elle parait si pure au cygne et au grand cerf
Qui, du sommet de leur cher royaume prospère,
Orné de brindilles et de sources miroitantes,
La guettent. Spectateurs d’une scène charmante

Où la fillette joue l’innocente héroïne.
Les oiseaux la bercent, l’ambiance est mandoline.
Douce mélodie qui manque de l’emporter.
Chacun a sa place, unique propriété.
Mais dont le seul dessein est, à travers les âges,
D’enjoliver la petite fée davantage.
Est ainsi formée, sa toile aux couleurs pastel.
Puisse sa peau en caresser chaque parcelle.
Seulement, elle a perdu cette belle ardeur.
Celle qui, jadis, faisait s’embraser son cœur.
Au crépuscule, lorsque le soleil se couche,
Elle prend place accroupie auprès de la souche.

Et vient saluer la nature de sa plume,
Dans l’espoir d’une prière écrite à la lune,
Pour que dure la complicité éternelle
Entre l’âme-sœur et sa frêle demoiselle.
Hélas, ce désir vivant hier encor, se meurt.
Dans ce cas, quelle attente anime sa lueur ?
Ses doigts fluets, d’une finesse indécelable,
Semblent aussi bien effleurer le géant érable
Qu’attraper l’astre lançant ses puissants rayons.
Et pourtant, ces derniers accusent l’horizon.
Ses iris virent soudainement au vermeil
Et, dans un accès de colère sans pareille,

Elle s’époumone, crie toute la douleur,
Celle dont il lui avait encombré le cœur :
« La nuit sombre m’éloigne des êtres déchus. »
Dans un : « je l’aimais » elle trépasse, abattue.
Cette nuit-là, il est tombé de vives cordes.
Tel un dernier hommage, une miséricorde.
Pour les chaudes larmes d’un esprit amoureux,
A qui l’on a tenté de dérober le feu.
Va-t-on se souvenir de cette nymphe aimante,
Couchée dans les eaux que sa fragrance alimente ?
Et déjà, sa douce berceuse se finit.
Car la nature à l’aube, lui avait tout pris.
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