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Johan Jacqueline

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Albert

Seul sur mon ouvrage dans la rue silencieuse
Je terminais ce mur qu’on a bâti ensemble
Quand j’ai vu se garer le camion des pompiers
L’ambulance du SMUR puis la gendarmerie
Tu venais rendre l’âme que l’on t’avait confié
Un peu plus tôt qu’à l’heure, étais tu si pressé

Quelques jours ont passé, nous voila réunis
Nous suivons tout penauds ton dernier équipage
Les yeux sont embrouillés pour ce bien triste hommage

Les voisins sont nombreux, les anciens du quartier
Dans l’église déjà nous serrons les travées
J’irais prier pour toi, en silence, en secret
Mais l’encens qu’on agite me fera pas oublier
Que de la religion comme moi tu te méfiais

Tu descendais la rue sur ton vélo Gitane
Un chevron sur l’épaule et parfois tu tombais
Et quand tu rouspétais juste sous mes fenêtres
Je versais dans les tasses un bon petit café
Nous ne parlions souvent qu’à demi mots voilés

Tu étais cet ancien, courageux et bosseur
Ouvert, plein d’esprit, pour qui te connaissait
Un sacré numéro et sous tes cheveux gris
Brillaient tes yeux rieurs et si clairs d’esprit

Tu étais le plus grand sur ton échafaudage
Un facétieux farceur qui ne faisait pas son âge
Cette dernière fois, ce dernier petit café
M’a laissé bien amer, je ne savais que faire
Pour effrayer la peur venue pour t’opprimer

J’irais fleurir ta tombe au printemps, ç’est certain
Là dort un homme fier, un sacré boute en train
Dans ce beau cimetière, sous la brume au matin
Tu te reposes enfin, sous ta dernière pierre

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