AGENT PARANOÏAQUE

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Ouragan de messages textuels informatiques, Picturales et Terrestres, les symboliques s'accumulent Sur l'océan dense électrique Et la violence virtuelle économique D'une gigantesque bulle:  [+]

Je me méfie de toi.


On t'a donné des armes à la naissance, un calepin bourré de calendriers et de montres et de classements, et des directives supranationales pour diriger l'Union Volubile de tes Pensées, mais à moi on a donné des gifles sur le cœur, des impressions photographiques répétitives où tu finis premier de la course encore et encore, on m'a montré des vidéos montrant la famine intellectuelle du Primo-Monde, on m'a dit combien le Second avait souffert d'avoir à partager tout en mille morceaux- comme si on pouvait faire mille morceaux d'une paire de chaussures!- et on m'a envoyé dans le troisième monde contempler comment les tiers et les quarts s'arrangent des restes.

Je me méfie de toi, des Fées qui hantent les instances tribunitiennes et les tribunaux karmiques, et des AntiFées qui se sont entichés des mythes festifs de femmes chétives et enchaînées aux récifs,d'orgies antédiluviennes, d'ogres Nazis et d'orgues de Barbarie, des histoires corses de Bandonéons, des calomnies de néant, des contes de nains qui ont vaincu des géants, de femme qui décapite la coiffe de son mari pour le priver de sa force, et de vin cuvé dans l'amertume de la défaite sur tous les domaines de la lutte.

Je me méfie de toi.

Des artistes qui créent des tours de magie hautes comme le Ciel où l'on parle toutes les Langues qui ressemblent de moins en moins au seul muscle intellectuel qui habite le Palais de la bouche, des mouches qui courtisent ses allées et dévorent des excréments métavisuels pour boucher l'horizon, des paysagistes en pleine conscience et des analystes pleins d'inconscience qui vendent des dragées qui rendent mon nez crochu et mes songes malhabiles, des vidéastes dont la dernière trouvaille ferait passer les cochons pour d'odieux Dieux pornographes, et les vieilles femmes pour de saintes sorcières passées maîtresses dans l'art funeste de la soupe à l'Ortie, et de la pipe à la grimace, de Conques en forme de chaires universelles desquelles on tire des connexions millénaires et synaptiques pour les géants du Visio-auditif et les sourds-muets visionnaires de la foudre, et des milliards de longueurs d'ondes qu'on défile sans réfléchir en cassant des atomes de planète morte pour ne plus contempler les Églises du vide.

Je me méfie de Moi.

Je me méfie de ces lignes hypocrites qui serpentent pour quêter un peu de lumière scénique, je me méfie de ces contemptions et de ces contorsions qui cachent la même ignorance sous mille vêtements-mots, de cette paranoïa totale, de cette peur-panique, de ces bateaux coulés dans le port de ma vie petite, insignifiante et hurlante, crieuse de rien, vendeuse de poissons-savates et d'odeurs connues, de références creuses.

Mais je me fie en l'Ami, j'ai foi en tout ce qui est beau et calme, j'ai confiance dans ces paires de pupilles noires qui soutiennent le feu de toutes les lumières, je crois dans les cailloux qui nous soutiennent, dans les pierres qui ne mentent pas, dans les portes et les portées qui nous ramènent du passé le bal des temps perdus, les valses oubliées, les jaguars éternels, les ours de papier et la Divine Bouteille, les Dames du Temps Jadis, Les Mythologies du Cosmos et l'Immense Nuit que contemplaient les premiers Nomades du désert, et les flots caverneux d'où sortirent les premiers singes qui nous ont vu naître.

J'ai confiance. Alors s'il te plaît ne trahis pas.

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