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A Sandra

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Cindy Marx

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Coquille vide, regard glacé, peau éteinte,
Docilement, je déambule telle un automate, amère.
Mes gestes millimétrés se succèdent promptement.
Distante, captive lointaine,
j’observe ce rituel, immuable,
itérant tout ce qui est attendu de moi.
Précipitation oppressante.
Oisiveté interdite, péché ultime.

Automate à peau lisse, livide, je m’avance
et ouvre la porte.
Serrement de main, bise, première surprise.
Robot curieux, je m’installe.

On me parle, j’exécute les exercices, les multiplie,
respecte les consignes, obéissante.
Un sourire, l’attention délicate au coin des yeux
comble ce petit sanctuaire serein.
D’une simple parole le havre prend vie.
Tu me considères discrètement, veillant, bien,
cette étrangère éclipsée que je suis.
A l’intérieur de moi un bouillonnement nouveau,
dérangeant, puissant, inhabituel et vital naît peu à peu
dans ce cocon de quiétude.

Une larme tout à coup.
Sensation étrange.
Souvenir d’une lointaine expression spontanée,
d’un sentiment naguère oublié,
presque trépassé.
Stupéfaction délicieuse et savourée.

Ce calme intense, bercé de bienveillance,
amène mon âme pâmée à enfin se libérer,
d’une seule larme délivrée.
Me rendant, enfin, mon bien le plus précieux,
volé depuis longtemps.

Mon Humanité.
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