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SUPPLIQUE À UNE VEUVE CONSOLABLE

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Dédé

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Madame, par pitié, souffrez que je vous prenne
À témoin de ce mal, ami de mes tourments,
Cette douce misère où se repaît ma peine...
Souffrez que je vous livre enfin ! mes sentiments.

Madame, par pitié, souffrez que je vous monte
La langueur de mes jours, la fièvre de mes nuits
Où Mon Amour pour vous, libéré de la honte,
Dans un rêve sans fin me dispense ses fruits.

Madame, par pitié, souffrez que je pénètre
En votre intérieur à l'ombre du grand deuil
Tant vous voir suffoquer, d'en bas, par la fenêtre
Me remplit de l'envie d'en enjamber le seuil.

Madame, permettez que, recueilli, je brûle
Un cierge à votre époux transi sous le linceul
( Pour vous avoir dotée d'un si charmant pécule )...
Ô Mon Meilleur Ami ! vous me laissez bien seul !

Madame, assez joué ! venez çà que je baise
Ce pied dont la cambrure attise le désir
Puis de cette autre courbe où couvera la braise
Souligne le contour où naîtra le plaisir...
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Zutalor! · il y a
"[...] souffrez que je vous monte
La langueur de mes jours, [...]"

Mais... Ça ne "colle" pas Dédé, ici, dans l'intention, au contraire des autres fins des premières phrases de chaque strophe...
Si ? (à part "montre", je ne vois pas..).

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Dédé · il y a
Bin koua Maestre !... on monte bien la jument, non ?
( la Dame veuve est à l'étage ; le quatrain suivant nous l'apprend...
Faut tout lire, Maestre, et pas s'arrêter à l'hémistiche du 6ème vers ! )

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Zutalor! · il y a
J'ai mal lu, en effet, Ô Grand Maître Sonnetiste et Monteur, interprétant à tort que "vous montiez La Langueur..."
Zéro pointé pour ma pomme et des félicitations pour la vôtre !

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Dédé · il y a
C'est bien, explicitement, la langueur et la fièvre qu'on se propose de monter ET, implicitement, la jument...
Bref, si l'implicite devenait l'explicite et que donc on ne gardait que le 1er vers de chaque strophe, l'ensemble suffirait à nous présenter le dessein du "bon ami" MAIS nous quitterions alors les rives enchanteresses de la Poësie pour le cloaque du vulgaire, Maëstre...

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Zutalor! · il y a
C'est sûr, Maître !
Reposez-vous céans !
Cloaques du vulgaire
Sont par trop fatigants !

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Loodmer · il y a
Inconsolable, mais bientôt joyeuse
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Jean Calbrix · il y a
Qu'en termes galants ces choses là sont dites ! Bravo, Dédé, pour ces alexandrins forts suggestifs ! Je clique sur j'aime !
Je vous invite à lire, et soutenir si vous aimez, mon sonnet "Spectacle nocturne" : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/spectacle-nocture
Bonne journée.

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