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A contre-courant des fleuves de feu

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Jargenty

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Moi, ramant à contre courant des fleuves de feu
Crevant de mes mains les surfaces acides
Et muet, parce que de trop de bruit muré
J’avalerais la méduse cosmique et son venin d’un trait

Pour protéger mes enfants des confins d’amertume
Moi, aveuglé encore, muré de mieux en mieux
Mais toujours remontant vers ta source
Je fermerais l’oviducte de la haine contre ma vie

J’entendais appeler la meute et ses chiens hurler
Cela depuis les premières pluies qui ont étouffées mon âme
Je l’entendais de mieux en mieux et ses chevaux piaffaient
La horde, la horde est le jouet de mes enfants petits

Mes enfants ont appelé la horde et la horde m’appelle
Ô moi qui ne comprends pas la langue de mes fils
Je suis perdu sur le fleuve de feu et mes mains brûlent
J’irais malgré la peur, malgré la tenaille de mon ventre

Je vois de l’ocre et de la poussière et ma chair en lambeau
Ils se partageront mon corps équitablement et le mangeront
Sur les Tables ils le mangeront et celles-ci seront fracassées
Sur les Tables et ils inviteront les femmes à danser sur moi

Vois-tu, j’avais menti à mes enfants avec le futur
Mais ils sont venus du futur et de lui ils savaient la texture
Le goût du futur ils savaient marchant à mon encontre
Le son du futur ils savaient et sa couleur et son chant

Alors que j’arrivais à l’orée des temps du commencement
Terrorisé par la puissance de ma propre vie
Un autre chemin prit forme au-delà de zéro
Comme un devinement parmi la lumière insoutenable

Mes enfants perçurent l’hésitation dans mon cœur
Ils poussèrent leurs montures folles dans mes ornières
Hurlant parmi les ors et les velours incarnats des vierges
Ils vinrent dans mon dos et le pas que je fis les fit naître

Le Trône attendait la vie puissante du passeur d’enfants
La Déesse qui est mère lava son corps qui devint guerrier
L’étendu du cosmos est son drap piqué d’étoiles et de comètes
Sa solitude est une myriade solaire et l’origine des fleuves de feu

Moi, agitant de mes mains la surface du lac insondable
Je vois le futur à travers les yeux du peuple issu de moi
Je vois, consacrant les ères comme les colonnes d’un temple
Tout autre temple asséché comme sable et dispersé aux confins

Je vois, tournoyant dans mes cités lacustres, les ailes de joies
Les vifs argentés maîtrisant les serpents et les ogres
Mes vifs argentés contenant dans leur champs les lambeaux de la haine
Mes vifs argentés couronnant mes enfants de l’amour de mes nerfs

Lorsqu’il ne fût plus question d’aucun battement de cœur
L’Empire remonta sous moi du plus profond des océans
Comme un cœur encore plus grand, multiple et solide
Il se fit bouclier d’airain, muscle planétaire, organe alchimique

Lorsqu’il ne fût plus question d’aucune chose sérieuse
Je gravis sur mon véhicule nouveau les échelles mystiques
Je défis de mes mains l’anneau du Dieu enfermé
Et Celui-ci se répandit sur l’homme et dans son âme
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