37 – Icare.

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Il faut rire de tout et avec n'importe qui, surtout sous la torture  [+]

(Fantasmes)
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Je parcourais l'azur, ivre d'éther, sauvage,
D'un coup d'aile puissant je déchirais les cieux
Guettant de mon zénith l'exotique rivage
Où des nymphes dansaient en m'appelant des yeux.

Sans voiles tu musais, belle au sortir de l'onde.
Là, croyant voir Cypris, mon envol s'est brisé
Fondu, presque, au soleil de cette clarté blonde
Que les gouttes semaient d'un cristal irisé.

Moi de flux en reflux, toi roulis et tangage,
Notre premier soupir fut bientôt un péan
(Car étant du flot né, l'amour tient son langage),
Nous étions moi la nef et toi mon océan.

Et puis tu m'as laissé, comme le fait un rêve,
Sans un mot, sans adieu, sans même un souvenir
Que celui d'une étreinte unique et bien trop brève,
Hantise que je hais sans pouvoir la bannir.

Je suis resté là-bas, mes pennes abolies,
A la croix de nos chairs où sont nés deux chemins,
Sur l'un d'eux je t'attends, sur l'autre tu m'oublies,
Seul, dans les bris épars de mes vols surhumains.

Hélas ! Fille de l'eau, ton cœur est un voyage ;
Ton désir juvénile aspire au corps à corps ;
Tu fuis de port en port, de mouillage en mouillage,
Des mâts dressés te font d'orgiaques décors.
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© KiE - Trip mogigraphique
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