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You wanna be high for this

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Gueguette

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You wanna be high for this*


Je suis là, nous sommes là. Vous et moi. Comment en sommes-nous arrivés ainsi, moi à vous surplomber et vous vos yeux rivés sur les miens, sur ce lit? L’excitation est-elle montée en vous, lorsque nous avons échappés à la maréchaussée dans cette ruelle? Cette folie, qui vous a prise, de m'inviter à jouer en public à ce jeux si délicieux que nous nommons séduction, était une idée folle.

Vous savez que la folie m'anime et est mienne, et vous savez éperdument que je ne pouvais que lancer les dès et, ainsi, dénuder pour vos si beau yeux, mes collines. Pensiez- vous que le jeu ne faisait que commencer autour de cette table lorsque j'ai renversé nos verres? Vous devez savoir, mon Cher, qu'il ne commence que maintenant. Oui, alors que vous êtes en train me demandez ce que je vais bien pouvoir faire pour me faire pardonner d'avoir pu vous porter du tors. Je comprend alors que vous jouez aussi. Inutile d'en dire plus, il y a des silences qui sont utiles et réchauffants. Nous sommes les maîtres du jeu, mais nous le savons déjà en cet instant.

Je vous brosse dans le sens du poil, par désir, car je sais que vous allez y répondre de la façon arrogante qui me plaît tant chez vous. Vous êtes roi, et au désir de mon Roi je mets ma poitrine à nue. Je suis sensuelle, vous aimez cela, et je l'aime tout autant que vous. Je suis de la plus loyale des femmes en cet instant, pour mon Roi. Un frisson me prend, mon corps est sous un spasme. Ma voix se perds. Vous avez fait tomber une de mes cartes. Mais j'ai un bon jeu et je ne me laisse pas avoir. Je bluffe souvent beaucoup. Le démon du jeu. Vous observez les collines, je pense que vous êtes en train d'envisager du champêtre, et j'en suis contente.

Une histoire, vous voilà à me conter une histoire. Une nouvelle de gémissements rauques couverts par les miens, plus aigus, celle d'un son particulier et de celui de baisers incessants. Vous me demandez si je souhaite connaître la suite. Bien évidemment, je ne demande que ça, vous me nourrissez et vous m'avez affamée. Il est une symphonie, que vous me contez. Seriez-vous chanteur? Vous avez un bel organe, en tout cas. Mes lèvres effleurent votre joue, s'en enivrent. Les sommets glacés touchent à votre tissu. Doux, délicat, de classe, tout comme l'homme que vous êtes. Je ressens vos courbes. Il est alors que je met à rêver de sentir vos paumes sur ma peau, alors que vous êtes si proche. Fidèle à vous même, vous riez. Il est vrai que je n'ai pas eu l'autorisation de toucher sa Majesté. Voyez-vous je suis un sale caractère, j'aime faire ce que je veux. Une petite peste? Oui, mais j'ai obéit, je me suis redressée donc.

- Vous, vous en avez le droit... poursuivez, je vous écoutes.

Je laisse s'échapper de mes lèvres un long soupir remplis de désir et de passion. Apparaît dans mon regard de la luxure. Qui joue mieux que vous? Le jeu est délicieux. Évidemment, je récidive, et mes doigts attrapent votre col, glissent. Que votre peau respire, diantre! C'est de votre faute, vous me contez sensations, celle de mes petites morts répétées, celle de mon cœur affolé sous vos assauts. A ce rythme, je n'aurai bientôt plus de cartes. L'hypothèse qui est votre est que cette journée sera peut être ma dernière. Mon cœur va-t-il lâcher? Secrètement j'espère que vous me faites une métaphore, auquel cas vous serez bien emmerdé de vous retrouver avec un cadavre sous les bras. C'est le plus beau des trépas, je vous l'accordes, mais tout de même. Non, en réalité peut importe si ce n'est pas une métaphore, je sens que je vais bientôt ne plus répondre de rien, mais je vais tenter de ne pas vous le laisser percevoir toutefois.

Je me souviendrai à jamais de ce jour. Ceci m'est dit dans vos mots transpirants de promesses. Rapidement mes lèvres gouttent à votre index, ainsi vous arrêtez ma progression. Le silence... et je ne cesse de frémir. Je suis à présent boulimique.

- Je me fais pardonner, tout de suite...

La vue de mes hanches vous attire, et je ne peux que vous donner satisfaction. Un Roi n'a-t-il pas tout ce qu'il désire? Si, et me voilà Eve. Mon regard déborde des émotions qui me transpercent. De ma hanche et de ma taille vos pupilles peuvent se régaler. C'est appétissant, je ne le sais que trop bien. La petite garce que je suis se fait rappeler à l'ordre, j'ai contrarié le Roi, oups. Pour ma désobéissance, vous souhaitez me punir, et c'est légitime. Cela me plaît et je jette au loin le tissu qui retiens ma transpiration.

Vous confirmez que je vais adorer la remontrance, adorer tout de vous, mais ce qui va arriver bien plus encore. Mon échine transpire, je peux enfin goutter à votre peau. J'avais si faim, j'ai encore plus faim. Exulter, j'en ai fort envie, je me retiens. Me savez-vous votre à ce moment précis? Divin, qu'allez vous donc faire de moi? Je me jette au feu avec l'envie de me brûler alors que vous me contez à présent cette tour Bretonne, me dites qu'en sus d'être la plus haute, elle est aussi la plus large et la plus dure. Elle a besoin d'habiles bâtisseurs pour trôner fièrement et offrir des perspectives mirifiques, vous me le dites. La rivière coule plus franchement tout à coup. Un barrage a sauté, je crois bien. Je n'entend que le tambourinement de mon cœur dans mes tempes. Cerise sur le gâteau, je bégaie! Non mais.
Je me reprends.

- Il se trouve qu'il y a toujours d'excellentes petites mains dans les bâtisseurs. Voyez, je n'ai pas d'origines portos', je suis charpentière... Pour ce qui est de travailler des matériaux durs.. je sais le faire, avec tout le tact et la délicatesse de ma féminité, bien entendu.

Dans vos pupilles je ressens votre envie. Vous ne voulez jamais laisser transparaître vos émotions, est-ce par pudeur? C'est un de vos mystères qui fait que vous me plaisez tant. Un de ces mystères qui me pousse à me surpasser, qui me pousse à être capable de vous chercher à travers la Bretagne. Respirez-vous mon envie à travers le silence de cette pièce où il n'y a que vous et moi? Je n'entend que le Désir.

Je veux tout de vous, jusqu'à me nourrir de votre âme. L'heure est pour Eve de venir embrasser le serpent.



(*Tu voudrais te défoncer pour ça.)

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