XVIII - Epilogue

il y a
2 min
12
lectures
0

Pour me retrouver : noirceur652092088.wordpress.com  [+]

C’est elle, la Camarade. Encore un triomphe. Plus de héros. Elle est sortie de son réduit sans crier gare et la voilà qui s’enfuit dans l’obscurité. Sans bruit, elle se faufile. Elle vole impunément et condamne aux souvenirs. Sans bruit, elle emporte le héros. Une lueur, un bruit sourd et c’est désormais le silence et l’insoutenable mystère. Où sont-ils ? Y sont-ils seulement ? On cherche mais il est bien vain de la défier. Garce aux milles ruses. Elle vous paume. Elle paume l’humanité entière avec vous. L’énigme est irrésolvable et irrésolue. Elle voit les foules ahuries se presser à ses portes et chercher vainement une solution. Odeur de sueur. Hurlements de douleur. Le fleuve est là qui sépare la rive des vivants de celle des morts. On ne s’y jette pas à la nage. Charon vous tuerait. Seul sur sa barque, il sillonne ce pays maussade et détrousse les imprudents. L’eau est toxique. Le plongeon est fatal. De la rive, notre homme contemple le monde des vivants qu’il a quitté. A ses côtés, le jeune homme, muet et nu, fredonne quelque chose d’indistinct. Sont-ils heureux ? Je ne lis rien dans leur regard. Ils paraissent indifférents désormais. C’est la brume qui gagne. Les vivants questionnent les morts mais les morts ne questionnent jamais les vivants. Eh, va ! C’est foutu, je n’y mets pas les pieds dans cette flotte maudite ! C’est l’incertitude partout. Dans ce pays d’où l’on ne revient pas, c’est ses pieds qu’il faut regarder pour voir l’autre monde. Et que voit-on à lorgner ses godasses ? Juste une flaque infime dans laquelle bourdonne des milliards de visages tordus de douleur. Alors on préfère simplement ne plus regarder et continuer sa vie de défunt. La souffrance des vivants est futile. Elle s’écrabouille en bordels et drogues. Du reste, les guerres et les épidémies produisent de nouveaux locataires et ce n’est pas plus mal, ça occupe. Ici, tout va pour le mieux. On se regarde dans le blanc des yeux sans mot dire. Plus de queue, plus de foutaises. C’est l’ennui mais l’ennui doux. La cadences est figée. Les horloges vont se faire foutre. On ne mange plus, on ne dort plus. C’est l’éveil complet et l’extase dans l’oisiveté divine. Les apôtres bouffent leurs ongles et le Christ joue aux cartes. Les anges asexués draguent impunément et se font agonir sous la colère de Dieu le Père, perché dans ses relents branlants de cieux, trépignant depuis toujours. Partout autour, s’étale la vallée des Morts ou s’entassent gaiement les trépassés. Ce n’est pas un cimetière, c’est un berceau. Un immense tas de spiritualités à toutes les sauces, un onirisme à n’en plus finir. On y déambule simplement. Le présent y est éternel. Le voyage ne coûte rien. C’est ça l’avantage. On s’imaginait la danse macabre, les corps déglingués en fanfare mais il n’en est rien. Personne ne danse. C’est là qu’est le héros, quelque part dans cette foule indissoluble. Le voyez-vous, serein dans ces flots songeurs ? L’apercevez-vous, apaisé d’avoir trouvé l’indiscutable issue ? Au pendu succède l’éternel. La douleur se brise au hasard d’une ceinture et d’une rampe, acculée face à sa seule grande ennemie : la Mort. La voyez-vous qui dévore et emporte notre héros ?
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

Rêves

Pingouin

DIMANCHE
Bleu strié de vert,
Un chien,
Faisant tintinnabuler ses boucles d'oreilles-flacons de parfum,
Dévale l'avenue sur ses pattes arrière,
Pensif il médite sur la proposition de... [+]