Winnie le petit pur-sang

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Je suis un vrai mix international: maman iranienne, papa russe, vécu à Rome, élevée à Paris, et devenue suisse depuis cette année. Je réside à la montagne, j'aime la nature mais j'ai besoin de  [+]

Image de Printemps 2013
Pour Jacques, aimé des chevaux.

Dans ma jeunesse, j’étais cheval de course. Reconverti en « nounou » : je veille maintenant de ma fougueuse sagesse de retraité des hippodromes sur quelques poulains élevés pour réaliser les rêves les plus fantasques de mon propriétaire.

J’ai treize ans. Si j’avais été cheval de concours, de dressage ou d’attelage, je serais dans la force de l’âge, mais le cheval de course commence sa carrière tôt et la termine de bonne heure. Parieurs, jockeys et autres turfistes disent que je marche sur ma barbe !
Je suis un petit cheval très attachant ! J’ai fait gagner plus de sous à mon propriétaire que je ne lui en ai coûté et dans la balance de l’amour humain, c’est une équation dont la résultante pèse son poids !
Je suis une star du galop qui fait de mon propriétaire une vedette. On a beaucoup parlé de moi dans les journaux, on a montré mes courses à la télé. Je suis le chouchou, du meilleur jockey de France, la mascotte de l’écurie où je m’entraîne, et l’idole de la cavalière qui s’occupe de moi. Pour un cheval de course, la célébrité est une des meilleures assurances vie lorsque la limite d’âge est atteinte !

Je suis un pur-sang. Né et élevé pour la course, pour la vitesse, pour la victoire et pour la gloire !
Je suis de la race des seigneurs, celle pour laquelle les altesses se ruinent !

Hélas, mon plumage ne correspond pas à mon ramage...

Je suis une erreur génétique : un pur-sang petit et court sur pattes, terrible handicap dans mon métier. Mon port de tête n’est pas altier, mon encolure est épaisse. Ma mère m’a légué ses grandes oreilles, une tare familiale. Elles ne sont pas seulement grandes, elles sont larges. Comme celles d’un cochon !
Je suis un petit pur-sang avec des oreilles de cochon.

Ma robe est de couleur ordinaire, aucune tache en forme d’étoile, d’éclair ou de météore sur la tête, pas de blanc sur les jambes. Rien. Aucun signe particulier. Je suis bai. Pas bai foncé, pas bai cerise. Je suis bai, bai ! D’un marron ordinaire.

J’ai passé les premières années de ma vie, comme tous les poulains de mon âge et de ma condition dans un pré. J’ai vite compris que mes compagnons étaient plus forts, plus beaux et plus rapides que moi, alors je suis devenu malin. C’est une tactique qui a fait ses preuves chez plus d’un humain politique de petite taille. Stratégie d’autant plus simple que le jeune cheval destiné à devenir une gloire des hippodromes est souvent prétentieux, arrogant, rapide et manque totalement d’imagination. Croire que pour gagner une course, il suffit de galoper sans réfléchir du départ à l’arrivée, quelle erreur !
Une course d’obstacles est un parcours de vie : il faut surmonter les difficultés, profiter du bon terrain pour reprendre son souffle, et ne jamais croire que l’on a gagné avant d’avoir franchi la ligne d’arrivée. Il faut rester vigilant d’un bout à l’autre, ne faire confiance qu’à soi-même. Pour gagner une course, il faut une mise en scène de premier ordre, un bon casting, une réalisation précise, un décor adapté et beaucoup de courage et d’amour ! Heureusement pour moi, peu de gens et peu de chevaux le comprennent. La plupart courent comme des lévriers poursuivant un leurre de vanité et d’argent.

Je suis un autodidacte de l’entraînement. Avant même d’avoir connu l’homme, en fin de journée je galopais librement et très vite dans mon pré, dans un sens, dans l’autre. En été, c’est un excellent moyen de se débarrasser des moustiques qui attaquent en rangs serrés lorsque le soleil se cache, et en hiver, c’est le meilleur moyen de se réchauffer.

Un jour que je ne me méfiais pas, le petit homme qui me donnait à boire et à manger, en qui j’avais confiance, est venu me chercher et malgré les cris désespérés de ma mère, je me suis laissé passer le licol au cou et je l’ai suivi dans un camion. Il me conduisait au « débourrage ». Débourrage, quel mot inélégant. Il signifie en langage humain faire accepter au cheval pour la première fois la présence, le poids et l’inconfort d’un cavalier sur le dos. On aurait pu dire... bien des choses en somme ! Rencontre ? Jeu ? Peut-être même amitié ? Mais « débourrage » ! Pourquoi pas « cellule de dégrisement » !
J’ai tout de suite compris que l’homme aurait gain de cause que je lui oppose une résistance ou non. J’ai observé les plus fiers de mes camarades qui finissaient tous par céder, parfois en y laissant inutilement quelques crins. Je me suis dit que plus tôt on en aurait fini, mieux ce serait pour tout le monde, surtout pour moi.
J’ai mis ma tête en bas, j’ai fait pendre mes larges oreilles et je me suis laissé surnommer « Winnie », Winnie le petit cochon... Moi pur-sang, fils de pur-sang : « Winnie ». Ils avaient l’air si contents de leur trouvaille ! Je faisais rire ces jeunes humains mais j’échappais, par le soi-disant ridicule, aux sévices physiques dont malheureusement les cavaliers, des gens ni plus mauvais ni meilleurs que les autres, sont capables, pour affirmer leur soi-disant supériorité... S’ils savaient ! J’ai décidé de jouer les gentils, les soumis, les dominés. J’ai accepté les quolibets. Tout en veillant au grain. Je ne deviendrais jamais totalement leur esclave. J’avais la tête basse mais le cœur haut.
De temps à autre, pour conserver ma dignité, je pratiquais la technique dite de l’endormissement, un vieux truc consistant à partir paupières mi-closes, oreilles pendantes, et à faire tout à coup un demi-tour très rapide ne laissant aucune chance au cavalier de rester en selle. Attention, toute tentative vicieuse, ou supposée telle, de désarçonner son jockey étant sévèrement réprimandée, il faut savoir simuler la peur, la vraie. A ce petit jeu, il faut faire preuve de vivacité et d’astuce ! Mon regard étonné et doux à la fois n’a jamais trahi les petits plaisirs secrets que je m’accordais lorsque mon cavalier, derrière par terre, retrouvait une fraction de seconde un semblant d’humilité... Quel cochon ce Winnie !

Le cheval de sexe mâle, s’il n’est pas issu de haute lignée et s’il n’est pas de surcroît très beau, subit la castration.
Franchement, ce n’est pas douloureux et comme, contrairement aux hommes, nous ne sommes pas tout le temps à réfléchir avec notre petite tête, c’est une amputation d’autant plus supportable qu’elle est suivie d’une longue période de convalescence à la saison où l’herbe est verte, grasse et tendre.

C’est à cette époque qu’ont commencé mes ennuis.
Quand l’herbe est douce et enivrante, les hommes « font » les foins. Ils coupent, fanent, bottellent puis ramassent et engrangent. C’est assez distrayant à regarder. Malin comme je suis, j’ai vite compris que les tracteurs et autres machines agricoles étaient bruyants pas agressifs. Erreur qui a failli m’être fatale : toujours se méfier des inventions humaines ! Les conducteurs d’engins, même les mieux intentionnés, peuvent être tout aussi distraits que le plus philosophe des pur-sang occupé à brouter.

Un jour que je savourais paisiblement une « dent de lion » soigneusement sélectionnée, je me suis senti soulevé de terre par l’arrière. Au début, c’était très désagréable, mais indolore. Je pendais tel un jambon, embroché dans la pique de la fourche du tracteur. Le sang qui coulait de ma cuisse m’anesthésiait. Nous les chevaux, sommes très endurants, la vue du sang ne nous effraie pas, et nous ne crions pas quand nous avons mal. Résultat, personne n’entend notre souffrance. Notre douleur est muette. Nous mourons en silence, partons sans bruit, laissant juste de notre course terrestre l’image de notre abnégation qui hantera (ou pas) la bonne conscience de celui qui a prononcé, pour notre « bien », notre sentence de mort.
Tout tailladé que j’étais, je n’étais pas du tout prêt à me laisser expédier prématurément au paradis des chevaux, mais ma position de « Winnie – le petit cochon pendu » devenait de plus en plus inconfortable et commençait à faire sérieusement mal. Etre affublé d’un surnom de goret est déjà humiliant, être confondu avec une balle de foin et se faire secouer dans les airs au bout d’une pique de tracteur est franchement offensant. A défaut de hurler pour attirer l’attention, j’ai saigné, saigné à m’en vider. Le flux rouge, liquide et bouillonnant a finalement attiré le regard de l’infortuné conducteur d’engin agricole.
Dans son rétroviseur, il se rendit compte qu’il avait ramassé un cheval au lieu d’une botte de foin !
Quelle panique.Le jeune homme criait à s’en déchirer les poumons, pendant que je souffrais sans un hennissement. Il appelait sa mère, son père, n’importe qui pour me décrocher et m’abattre. C’était mal me connaître.
Devant l’affolement de mon propriétaire et de son vétérinaire, je ne devais en aucun cas céder à la panique. Il fallait que je leur fasse comprendre que je voulais vivre, que j’étais bien trop jeune pour mourir d’un stupide accident de moisson. Il me fallait encaisser la douleur, rester debout et attendre. L’humain a enfilé une blouse verte et a suturé la plaie béante dont la cicatrice marque encore le bas de ma fesse comme un souvenir de guerre. Une longue convalescence a suivi, repos salutaire, jusqu’au jour où j’ai pu reprendre le travail car je suis un noble pur-sang né et élevé pour courir.

J’ai été placé chez un entraîneur qui avait l’air d’en connaître moins que moi dans son domaine. Avec mes grandes oreilles, il ne me prenait pas très au sérieux et m’inscrivait à des courses qui ne convenaient pas du tout à mes courtes pattes. J’ai essayé de lui faire comprendre par tous les moyens qu’il fallait que lui aussi se serve de son intelligence s’il voulait me faire gagner, mais il restait sourd à mes appels : j’ai dérobé, je me suis arrêté, je suis tombé et finalement, ne mesurant pas la portée de mes actes, je me suis cassé le genou. Cela a été ma deuxième grosse bêtise car je ne m’en suis jamais remis. Après avoir fait tomber mon cavalier un matin, au lieu d’attendre sagement qu’il se remette en selle,comme à mon habitude, je me suis enfui par un portail laissé ouvert à tort. Avec nous les chevaux, la moindre négligence se paie au comptant. Hélas, il faut croire que j’ai un goût particulier pour les engins à moteur, car sitôt franchi le seuil de l’écurie, j’ai percuté une voiture et une de mes articulations maîtresses a cédé sous le choc. Pour la deuxième fois, j’ai échappé à l’abattoir et je suis retourné dans mon pré de convalescence.

Après cet accident, ma vie a changé et ma carrière de champion a vu le jour.
Mon propriétaire s’est offert un entraîneur de grand renom et je me suis retrouvé moi, Winnie le petit pur-sang, dans l’écurie d’obstacles la plus performante du moment. Une grande maison austère, mais propre, bien tenue. Excellente table, copieuse, et du meilleur. Des collègues de travail beaux, forts, mais sans arrogance car trop occupés à travailler. Sable profond, entraînement difficile. Discipline de fer.
J’ai fait pendre ma tête encore plus bas et j’ai laissé mes oreilles s’agiter à leur gré. Mon nouvel entraîneur disait qu’elles étaient en forme de conques. Un homme du bord de mer sans doute. Là encore, on s’est moqué de moi. J’ai continué à ne pas écouter et j’ai fait mon travail jour après jour en m’appliquant. Je ne voulais pas laisser passer l’occasion, le moment venu, de montrer que j’étais un pur-sang né et élevé pour la course. Un jour, personne n’oserait plus me surnommer Winnie !
L’entraîneur ne voyait sans doute pas que j’étais petit : il m’obligeait à sauter de gros obstacles, comme si j’étais grand ! Ma cavalière me répétait que j’étais beau. (Comme c’est plaisant à croire !). Alors j’ai montré ce que je savais faire : un jour j’ai relevé la tête, j’ai pointé mes conques en avant, j’ai accéléré, dépassé mes camarades d’entraînement et j’ai montré que Winnie était un petit pur-sang, né et élevé pour courir !

C’est ainsi que je suis allé tenter fortune au « Pin au Haras » dans un « cross country » avec un jockey anglais qui avait honte de se mettre en selle sur mon dos tant il me trouvait vilain.
Il ne croyait pas en moi,
Alors, j’y ai cru pour deux ! J’ai démarré tout doucement, j’ai laissé les autres galoper devant moi et se disputer inutilement les premiers obstacles de la course.
Moi, tout derrière, avec ce sujet de Sa Majesté pratiquant l’équitation du désespoir, je sautais en faisant bien attention à ne pas nous faire mal, et pour gagner du temps, avec mes petites pattes, je tournais très court, au ras des obstacles. Petit à petit avec mes virages serrés, j’ai gagné du terrain sur mes rivaux et mon jockey a commencé à me parler... en anglais ! Comme Harry Potter, je lui ai expliqué le coup du sorcier : attendre les derniers obstacles, en me faisant confiance, puis me montrer la dernière haie avant la ligne droite finale. Comme elle était haute cette haie ! Mais j’étais grand, j’avais appris à sauter de gros obstacles et je n’étais pas fatigué quand je me suis envolé au-dessus de la barrière de feuillage. Mes adversaires, eux, commençaient à accuser le coup. C’est long un cross country ! Après avoir sauté, j’ai accéléré, accéléré et ils se sont retrouvés « tous derrière et moi devant ».

J’avais gagné ma première course.

Quel bonheur d’être félicité, accueilli comme un champion. Je les ai fait pleurer. (Le cœur des hommes est si atrophié qu’il a besoin de signes ostentatoires d’émotion). Mon entraîneur est venu caresser mes « conques ». Mon jockey m’a murmuré des gentillesses britanniques. (Depuis ce jour, chaque fois qu’il revient en France, il m’apporte des pommes... Mon péché mignon.)
Mon propriétaire a été très fier de lui et m’a remis un sucre tandis qu’il recevait coupe, cadeaux et crédit sur son compte. Le garçon de voyage m’a soigné avec tendresse. Je suis rentré en vainqueur et j’ai aimé ça.
J’ai gagné treize cross country d’affilée, malgré mon gros genou, ma cicatrice sur le derrière et mes grandes oreilles.
J’ai triomphé à Compiègne, à Lyon, au Pin au Haras, à Nancy et à Dieppe !

En plus d’aimer gagner, j’adorais aller aux courses. La veille, j’étais lavé, savonné, brossé, couvert, natté.
Sabots cirés, en habit de lumière, j’allais fièrement au « rond de présentation ».
Le rond, c’est là où nous défilons. Là où l’on « frime » avant de prendre le départ sous l’œil fier de son propriétaire et l’œil envieux de celui qui ne l’est pas. Evidemment, avec mes grandes oreilles et mes petites pattes, je ne faisais pas beaucoup de jaloux. J’aimais que l’on m’admire.

A bon cheval bon jockey, j’ai souvent fait équipe avec celui qui est cravache d’or depuis quelques années, en partie grâce à moi... Ne lui ai-je pas montré certaines ficelles des parcours ? (J’ai dit que j’étais malin, pas modeste.)
Ce jeune humain me comprenait, il m’écoutait au lieu de parler tout le temps sans attendre les réponses comme font la plupart des bipèdes de son espèce. Il savait que j’étais un vrai gagneur, que ce n’était pas la peine de me cravacher puisque je donnais spontanément le meilleur de moi-même. Il me faisait confiance quand je coupais les tournants, il se faisait encore plus petit sur mon dos pour ne pas que je glisse en prenant un virage trop serré (un de ceux qui font gagner du temps aux chevaux à petites pattes), il attendait, patiemment, que j’arrive à mon rythme sur les derniers obstacles où je savais démarrer en trombe en prenant de court les autres à bout de souffle. Il me faisait confiance et c’est tellement plus efficace qu’un coup de bâton.
Parfois, il venait me sortir de mon box, comme ça, pour rien, et nous allions nous promener. Quand il avait du chagrin, il confiait ses malheurs à mes grandes oreilles sachant que je n’avais pas besoin de comprendre ses mots puisque je parlais couramment le langage du cœur.

C’est grâce à lui que j’ai tiré ma révérence avec dignité.
Lorsque les élastiques ont cinglé le signal de départ, cet après-midi là, j’ai senti que je n’irais pas au bout, pas vivant. Alors moi qui ne m’étais jamais plaint, j’ai indiqué à mon pilote que mon genou me faisait trop mal pour continuer à sauter, que je ne pourrais pas accélérer après la dernière haie. La douleur a subitement fait de moi un vieux cheval, ma rage de vaincre n’aurait pas, cette fois, raison de ma souffrance. Alors mon compagnon a préféré ne pas ajouter une paillette dorée sur son bâton magique en l’utilisant... comme une cravache. « Tout ce qui brille n’est pas or ». Tout doucement, il m’a laissé m’arrêter. Il m’a caressé, ne m’a fait aucun reproche. Il a sûrement un peu vieilli aussi ce jour-là.

C’est ainsi que je me suis reconverti en « nounou » de luxe pour jeunes espoirs des hippodromes, profitant d’une retraite méritée dans un pré strictement interdit aux engins à moteur.
Avec mes courtes pattes, mes grandes oreilles, mon énorme cœur et mes souvenirs,
Je suis Winnie le petit pur-sang.

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Panda Bleu · il y a
Une belle histoire pleine d’optimisme.
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Pascal Lesaulnier · il y a
Bravo pour ce regard très original sur les chevaux.
Je suis sur que winnie est au paradis des chevaux.
À partager
Pascal

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Natacha Houtcieff · il y a
Il est bien possible qu’il traîne encore dans un pré.... merci Pascal !
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Fleur Qilian · il y a
Si Winnie, grâce à Natacha qui nous a traduit ta pensée, tu peux être compris par des humains. La preuve, j’ai une larme qui roule sur le coin de l’œil...
Bravo Winnie, je t’embrasse fort et embrasse Natacha pour moi

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Natacha Houtcieff · il y a
Et Fleur fait partie des humains qui savent écouter les chevaux qui ont tant de choses à dire....
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Julie Lenglet · il y a
J’adore toujours autant toucher j’ai hâte d’en lire d’autre
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Natacha Houtcieff · il y a
Merci, je transmets à Winnie !
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Arlo G · il y a
Votre nouvelle que je découvre est excellente. Mon vote. À L'AIR DU TEMPS d'Arlo est en finale du grand prix été poésie 2017. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bon après-midi.Cordialement, Arlo
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Bernard Bouzon · il y a
Merci pour ce moment
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James Ewart Racing · il y a
Please vote for Natacha Houtcieff a special story about a special horse who touched so many - James had the first win on Le Cluzeau in the cross country at Le Pin with new hold up tactics which seemed to work very well! and he had the heart of a lion winning 15 in total.
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David Foster · il y a
How do you vote ?,i cannot understand anything there.lol.
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Briony Jayne Ewart · il y a
Please vote for Natacha Houtcieff a special story about a special horse who touched so many - James had the first win on Le Cluzeau in the cross country at Le Pin with new hold up tactics which seemed to work very well! and he had the heart of a lion winning 15 in total.
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Natacha Houtcieff · il y a
deadline, 20th March. Thanks!!!!!!
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Pamela Hutchinson · il y a
I loved this short story.....very powerful! xxxxxxxx
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Yann De Gigou · il y a
a voté ;-).

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