Voyage à Saint-Pétersbourg

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Cette année les vacances d'hiver ont commencé le 31 décembre 2020 et duraient jusqu'au 10 janvier 2021. C'était de longues vacances mais malheureusement toutes les frontières étaient fermées et c'est pourquoi nous n'avons pas pu voyager à l'étrangère. 

Toutes les années précédentes, nous allaient en Finlande pour y passer nos vacances d'hiver, mais à cause de l'épidémie cette tradition a été brisée.

Nous avons commencé à voyager en Finlande à partir de 2014 et je dois dire que nous aimons ce pays et particulièrement sa partie Nord, la Laponie, parce que c'est un véritable pays du père Noël où vous pouvez trouver tout pour fêter Noël et le Nouvel An. 

Mais les événements de l'année dernière ont totalement changé nos projets et nous avons décidé de rester à la maison pour célébrer le Nouvel An et ensuite de faire un petit voyage à Saint-Pétersbourg.

Vous savez, nous aimons cette ville. Moi, parce que je suis né là-bas, ma fille adore l'architecture du centre-ville et ma femme, elle y a appris à l'Université il y a 20 ans.

Il y a encore une raison d'y aller. La distance. Saint-Pétersbourg est à 700 km de Moscou. Pas loin pour les voyages en trains à grande vitesse ou pour les voyages en voiture. Ma femme et ma fille, elles préfèrent voyager en train mais moi, j'aime aller en voiture.

Pour elles, le train est une moyenne de transport plus confortable qu'une voiture car le trajet prend moins de temps et elles peuvent profiter de la vitesse et des paysages à l'extérieure de la fenêtre.  Et moi au contraire ça me plaît à conduire ma voiture, à voyager moi-même, à sentir le rythme de la route, à dépasser d'autres véhicules, à faire de petits arrêts sur l'aires de repos. Pour tout dire, voyager pour moi ce n'est pas un déplacement d'un point à un autre mais plutôt une petite aventure.

Cette fois nous avons refusé de prendre le train en raison de la situation épidémique et nous avons préféré la voiture. Il faut ajouter que le trajet en voiture de Moscou à Saint-Pétersbourg est moins cher le train bien que nous utilisions habituellement une route à péage. Le trajet aller-retour en train coûte 24 000 roubles pour trois adultes mais le même trajet en voiture coûtera environ 15 000 roubles.

Alors, nous avons choisi la voiture et nous sommes allés à Saint-Pétersbourg au tôt matin du 4 janvier.

Comme d'habitude j'ai vérifié l'état de la voiture. Il est obligatoire de contrôler le véhicule avant de voyager.

Depuis de longues années j'utilise la même procédure d'inspection de voiture.  Généralement je contrôle les pneus, les essuie-glaces, les phares, le clignotant. Pour vérifie le niveau de carburant je jette un coup d'œil sur le gauge d'essence et réalise qu'il vaudrait mieux que je fasse le plein d'essence avant de prendre l'autoroute. Alors, j'ai décidé de le faire juste après avoir quitté la voie circulaire de Moscou pour la grande route menant à Saint-Pétersbourg. Ensuite j'ai mis nos valises dans le coffre et j'ai démarré la voiture.  Le moteur marchait bien et je n'ai vu aucun problème pour commencer notre voyage. Ma femme et ma fille ont pris leurs sièges, ma femme la siège avant droit, ma fille le siège derrière droit et nous sommes enfin partis en voyage.

Comme je l'ai dit c'était le petit matin et il n'y donc avait pas beaucoup de voitures dans les rues. J'aime partir en voiture au petit matin parce que cela m'aide à éviter les embouteillages. Moscou et sa rocade sont le royaume des bouchons et vous pouvez y perdre pas mal de temps notamment pendant les jours ouvrable.

La distance de notre maison à la bretelle de la route à péage est de 50 kilomètres et le trajet a pris environ 30 minutes car la vitesse est limitée à 100 km/h. Vous pouvez excéder un peu la limite mais soyez prudent parce qu'il y a beaucoup de radars automatiques qui, je vous assure, fonctionnent très bien et les amendes sont élevées.

Juste avant de tourner sur la bretelle je suis allé à la station-service pour faire le plein d'essence. Cela a coûté 2500 roubles.

C'est assez cher pour nous mais les prix du carburant ont considérablement augmenté ces dernières années et nous devons payer deux fois plus qu'en 2014.

Alors, j'étais prêt prendre l'autoroute. Le réservoir d'essence était plein et moi, j'étais calme

Vous connaissez ce sentiment alarmant où vous avez un quart de réservoir au milieu d'un long chemin et que la station-service la plus proche est assez éloignée de vous. Je suis sûr que tous les conducteurs expérimentés connaissent cette sensation.

J'ai tourné sur l'autoroute où j'ai pris un billet au débit de péage (je pouvais également utiliser la clé du télépéage mais je ne l'ai pas eu ce jour-là), la barrière s'est ouverte et j'ai appuyé sur l'accélérateur.

J'ai senti le souffle de la liberté puisque la vitesse autorisée sur la route est de 130 km/h et il n'y avait pas de radars.

Le voyage sur la route n'était pas fatigant. Ma femme et ma fille se sont endormies quelques minutes plus tard et moi, j'ai allumé la radio pour écouter de la musique et des actualités. La radio jouait doucement pour ne pas déranger le sommeil de mes proches.

Ce matin-là le trafic était calme, le temps était sec avec une bonne visibilité malgré une légère neige tombant sur la route. J'étais de bonne humeur. Le moteur chantait sa chansonnette à l'unisson avec la radio. L'autoroute Moscow-Saint-Pétersbourg ne comporte que deux voies de circulation dans chaque sens et de temps en temps vous devez dépasser des camions qui traînent sur la voie de droite.

Habituellement la vitesse des camions ne surpasse pas de 90 km/h et le conducteur de la voiture contrains à les doubler et puis à revenir sur la voie de droite car selon le code de la route il est interdit d'occuper la voie de dépassement sans raison sérieuse.

Franchement, je n'aime pas trop ces manœuvres et je préfère aller tout droit sans obstacles. Mais que vous voulez le règlement c'est le règlement.

Heureusement, c'était les vacances d'hiver et il n'y avait pas beaucoup de camions sur l'autoroute еt je progressais vers le but de notre voyage.  

Deux heures plus tard le temps s'est brouillé, la neige a commencé à tomber à gros flocons et la visibilité est devenue mauvaise. Ensuite une chute de neige a commencé mais c'était normal dans ces parages.

Nous avons déjà habitué qu'en l'hiver le temps pouvait changer très rapidement et une chute de neige n'était pas une nouvelle inattendue mais bien sûr il faisait être prudent en déplaçant sur l'autoroute dans les conditions d'une visibilité mauvaise.

Nous nous sommes déjà habitués à ce que l'hiver le temps pouvait changer très rapidement et une chute de neige n'était pas une nouvelle inattendue mais, bien sûr, elle faisait preuve d'être prudent en conduisant sur l'autoroute dans les conditions de mauvaise visibilité.

Il est préférable d'adapter la vitesse de la voiture en fonction des panneaux de signalisation et de garder la distance entre les véhicules un peu plus grand que dans des conditions normales. En outre, pour être visible j'ai allumé les phares antibrouillards. C'est assez pratique pendant une chute de neige ou dans le brouillard mais je n'aime pas certains automobilistes laissent ces phares allumés en plein jour. Cela m'agace vraiment parce qu'ils m'aveuglent et m'empêchent de conduire. Je suis sûr que la plupart des conducteurs seront d'accord avec moi.

Ainsi, j'ai réduit la vitesse et continuais à conduire en regardant attentivement la route.

Les changes des voies sont devenus un peu plus difficiles parce que la route était recouverte d'une couche de neige, mais la voiture gardait la route assez bien.

La chute de neige a duré deux heures et s'est terminée en un instant.  Le ciel s'est soudainement dégagé des nuages et les cimes des arbres ont étincelé sous les rayons du soleil. L'effort engendré par le mauvais temps a disparu et j'ai accéléré. Nous roulions déjà depuis trois heures et je serais heureux m'arrêter à une aire de repos pour prendre un café et grignoter quelque chose. Bref, le temps d'une petite pause est venu. Ma femme et ma fille se sont réveillées et regardaient par les vitres sur les champs enneigés. À ce moment-là j'ai pensé qu'elles ressemblaient à des spectateurs assis dans des fauteuils de cinéma en regardant un film sur la nature. Quelques minutes plus tard j'ai vu un panneau indiquant que nous nous approchions d'une station-service où nous pourrions ravitailler et casser la croûte.

J'ai ralenti et puis j'ai tourné à droite. Il n'y avait pas beaucoup de voitures sur le parking et je me suis garé sans difficulté sur une place libre. J'ai coupé le moteur et nous sommes sortis de la voiture. L'air était frais, il faisait moins 3 ou 4 dégrée, le soleil luisait vivement et l'humeur était très bon.  Après avoir dégourdi les jambes, nous sommes allés au petit café se trouvant à côté. Nous avons pris du café et quelques brioches. Les brioches étaient fraîches et répandait l'incroyable saveur du pain. J'adore cette odeur et je n'ai pas rencontré personne qui n'aurait pas aimé et admiré cet arome. Il y a une certaine magie dans le merveilleux goût du pain frais.

La pause a été fini, nous sommes montés dans la voiture, j'ai fait le plein d'essence et je suis reparti l'autoroute. Il restait encore 4 heures de voyage.

Nous avons continué notre trajet, ma femme a ouvert sa tablette et a plongé dans sa lecture. Elle lit beaucoup pendant les voyages et les vacances. Je dois dire qu'elle travaille beaucoup et elle n'a pas assez de temps pour lire des livres mais les vacances sont une autre affaire. En se préparant au départ ma femme télécharge beaucoup de livres sur sa tablette et ensuite elle les avale un par un. C'est sa coutume sacrée.

Ma fille, au contraire, n'aime pas lire du tout. Bien sûr, elle lit beaucoup de manuels scolaires, mais la littérature est autre chose. Elle fait partie d'une nouvelle génération d'enfants. Génération technologique, génération numérique. Les casques dans les oreilles, les yeux examinent l'écran de son portable. En même temps je remarque qu'elle sait beaucoup sur l'histoire, la culture, la musique etc. Imaginez-vous, parfois elle peut me désarçonner avec ses connaissances. D'où les tire-t-elle? La réponse est assez simple, sur Internet sur YouTube, sur Google. De toute façon elle peut obtenir n'importe quelle information sans obstacle et assez rapidement, y compris des livres, comme le fait habituellement ma femme.

En raisonnant je me rapprochais progressivement de Saint-Pétersbourg. Chacun de nous était occupé de son affaire. Moi, je conduisais la voiture en écoutant la radio, ma femme lisait l'un de ses livres et notre fille surfais sur Internet où elle communiquait avec ses amies d'école. Un voyage ordinaire d'une famille ordinaire.

Peu à peu nous avancions vers le but de notre voyage. Il faut dire que la route entre Moscou et Saint-Pétersbourg est assez monotone. Il n'y a pas de paysages pittoresques, de beaux villages ou, disons, de quelque chose de spécial et d'intéressante pour les voyageurs . Il n'y a que la circulation et le temps variable.

Le reste du voyage s'est déroulé sans aventure. Tous les mêmes dépassements, changements des voies, accélérations et freinages. Un travail normal pour chaque conducteur.

J'ai enfin vu le dernier péage. Je me suis arrêté, j'ai payé le ticket et puis j'ai joint le flux de la ville. La circulation à Saint-Pétersbourg diffère considérablement de celle à Moscou.  Je dirais qu'elle est moins ordonnée, moins calme. De toute façon je m'y sens plus stressé que dans les rues de Moscou. Je ne peux pas me répondre à la question de savoir pourquoi cette différence existe mais elle l'est en réalité.

J'admets que chaque ville a son propre caractère, son propre style de vie, son propre rythme, mais Saint-Pétersbourg a une particularité.  Les piétons ou les gens dans le métro sont très calmes, assez polies et gentils. Mais dans les rues, dans la circulation quotidienne la situation change comme si vous étiez soudainement dans une ville complétement différente. Le trafic devient désordonné, les conducteurs rivalisent comme sur un champ de bataille ou au mieux comme sur un champ de football.

Deux côtés de la même ville.

Heureusement, le trajet de l'autoroute à l'hôtel n'était pas trop long, pas plus que de 10 km à travers la ville. En outre il était dimanche et beaucoup de citadins étaient partis dans leurs maisons de campagne et les rues n'étaient donc pas trop chargées. Je me suis enfin garé devant l'hôtel que j'avais réservé la semaine précédente. C'était notre hôtel préféré situé pratiquement dans le centre-ville.

Pour nous, l'emplacement de l'hôtel était très pratique parce qu'il y avait une station du métro à proximité, Perspective Nevsky à 100 mètres de l'hôtel et il y avaient aussi beaucoup de restaurants et de cafés dans la même rue. Je n'aime pas me déplacer dans la ville en voiture et c'est pourquoi nous choisissons toujours des hôtels situés non loin des rues centrales.

Cette fois-là, j'ai réservé deux chambres adjacentes l'une à côté de l'autre. Toutes les années précédentes je n'avais réservé qu'une seule chambre pour toute la famille mais depuis l'année dernière ma fille préfère habiter dans sa propre chambre parce qu'elle a déjà grandi et elle ne veut plus partager le même appartement avec nous. C'est logique bien que ce soit un peu plus cher qu'avant. Il n'y a rien à faire, les enfants grandissent et les dépenses augmentent avec eux.

Nous nous sommes enfin installés dans l'hôtel, avons range nos affaires et nous étions prêts de commencer nos vacances.

Je voudrais dire quelques mots sur cet hôtel.

Il se trouve dans la rue qui s'appelle rue Stremyannaya et qui est une rue assez ancienne de Saint-Pétersbourg. Le nom de la rue vient du mot "étrier" en russe car selon le décret de l'impératrice Elisabeth les palefreniers de la cour impériale y habitaient depuis longtemps

La rue a conservé son nom d'origine jusqu'à nos jours malgré la vague de changements de nomes après la Révolution russe.

Elle est belle et nous pouvons y sentir l'esprit du passé. Il y a 50 années il y avait une très belle église au coin de la rue mais malheureusement elle a été détruite lors d'une construction moderne. C'est dommage parce que cette église a été un monument historique et un modèle de l'architecture russe. Le résultat – nous avons un autre centre d'affaires mais nous avons perdu une belle partie de notre histoire.

Actuellement, les bâtiments de la rue sont en train de restauration. La plupart d'immeubles sont déjà restaurés et le bâtiment de l'hôtel où nous avons séjourné a été rénové et transformé à l'hôtel moderne et confortable.

Après l'arrivé et l'enregistrement, nous sommes allés dans un restaurant le plus proche. Nous aimons bien ce restaurant et nous y rendons chaque fois lorsque nous sommes à Saint-Pétersbourg. Il est petit et joli avec ses fenêtres donnant sur une grande rue. J'aime m'asseoir près de la fenêtre regarder les passants, les flux de voitures, le changement du temps. C'est très agréable de boire de la bière ou du café en regardant la pluie par la fenêtre surtout le soir. 

La cuisine du restaurent est bonne, le menu est varié mais en même temps simple. La plupart de mets sont les plats de viande et on peut dire que c'est plus une cuisine allemande qu'une cuisine russe.  Dans la carte du restaurant vous pouvez trouver plusieurs hors-d 'œuvres chauds et froids, des salades pour tous les goûts, diverses saucisses, steaks frites, steaks hachés, des soupes de viande ou de champignonnes, des cuisses de poulet etc. En ce qui concerne l'alcool, disons, la bière ou le vin il y a une grande variété de boissons y compris des cocktails. Le barman sait parfaitement les faire avec et sans alcool qu'est très agréable pour les enfants. Ma fille, par exemple, aime beaucoup le mojito sans alcool.

Moi, j'adore la bière belge. Vous connaissez sans doute l'art des brasseurs belges. Plus de 800 types de bière, c'est génial. J'aime ce goût et cette odeur en particulier avec les moules frites que l'on apporte dans une cocotte noire. Bien sûr, cette spécialité est aussi un plat traditionnel du Nord de la France mais moi, je l'ai goûté pour la première fois à Brussels et à partir de ce moment elle symbolise pour moi la Belgique.

Dans ce restaurant je pourrais commander de la bière belge mais je préfère la bière d'une brasserie locale. Elle se trouve à Saint-Pétersbourg et la bière brassée là-bas est aussi bonne que la bière belge. Je dois remarquer cette bière est chère et les prix sont comparables à ceux de la bière belge mais je trouve cela normal parce que c'est un produit de bonne qualité. On peut dire que c'était une publicité pour la bière locale.

Après le déjeuner nous sommes allés à la Perspective Nevsky. Une promenade le long de la perspective jusqu'à l'Ermitage est l'une des traditions familiales. Le trajet est de quatre kilomètres de long et il prend environ une heure ou une heure et demie. La Perspective Nevsky est l'avenue principale et emblématique de la ville qui passe de la Laure Alexandre-Nevsky à l'Amirauté située sur le quai du fleuve Néva. Depuis sa construction en 1718 et jusqu'à nos jours, la perspective reste la carte de visite de Saint-Pétersbourg.

La Perspective Nevsky se trouve au cœur de la ville et il n'est pas étonnant que l'aristocratie russe, les banquiers, les riches marchands aient cherché à acheter des parcelles pour la construction d'immeubles, de palais, de magasins de luxe, d'églises, de bâtiments bancaires etc.  Presque tous les bâtiments ont un extérieure originale qui n'a pratiquement pas changé depuis leur construction et nous ne cessons donc pas d'admirer l'art de leurs architectes et le goût de leurs propriétaires.

Il faut remarquer que de nombreuses architectes et peintres occidentaux travaillaient et créaient leurs chef-d' œuvres à Saint-Pétersbourg et maintenant nous pouvons voir un mélange de styles et d'époques. Les styles empire, rococo, baroque, art nouveau - tous les genres d'architecture on peut y voir et c'est pourquoi nous appelons cette avenue célèbre le symbole de la ville.

Les citadins et les touristes aiment se promener là-bas et Nevsky est un endroit très populaire parmi eux mais Saint-Pétersbourg est une ville de nord et le temps dans cette région est assez froid et variable et il est donc naturel que les habitants essayent de trouver un peu plus de soleil quand il fait est beau. Nevsky passe du sud-est au nord-ouest et les citadins appellent le côté impair "le côté ombragé" et le côté pair "le côté ensoleillé" et celui-ci est plus populaire pour les excursions et les promenades surtout en automne et en hiver.

La perspective Nevsky passe au-dessus de deux rivières et d'un canal. La première s'appelle Fontanka. Nous l'appelons la rivière mails elle n'est qu'une partie de la Néva. Fontanka est assez grande et longue (plus de 7km) et vous pouvez faire des excursions du printemps à l'automne. Les excursions sont assez intéressantes puisque vous pourrez voir quinze beaux ponts sur la rivière et de nombreux bâtiments anciens qui composent l'ensemble historique de Saint-Pétersbourg impériale. N'oubliez pas d'apporter votre appareil photo et vous pourrez prendre des photos inoubliables, surtout en été. J'ai déjà parlé de quinze ponts sur la Fontanka mais le pont le plus célèbre c'est le pont Anichkov, qui relie les deux rives de la rivière et qui fait une partie de la Nevsky. Le pont est décoré de quatre compositions chacune se compose d'un cheval et d'un homme. Les chevaux sont debout sur les pieds arrière alors que les hommes les tiennent par les brides. Les sculptures ont été créées par un célèbre architecte qui s'appelait Le Baron Klodt et ont été installés sur les piédestaux en 1841. À mon avis, le pont Anichkov avec ces groupes sculpturaux est un véritable chef-d'œuvre architectural du 18ème siècle.

Alors, nous avons traversé la Fontanka par le pont et poursuivi notre excursion de Nevsky. De cet endroit il commence la partie principale de l'avenue. À gauche nous voyons le palais d'Anichkov. C'est un grand palais construit en 1741 sur l'ordre de l'impératrice Élisabeth. Il est l'un des nombreux palais impériaux de Saint-Pétersbourg qui ont été construits depuis de sa fondation. Le projet du palais a été créé par l'architecte russe Mikhail Zemtsov mais il est mort peu avant la fin de la construction et les travaux ont été achevés par Bartolomeo Rastrelli.

Savez-vous pourquoi l'architecte a choisi cet endroit pour y ériger cet édifice? À cette époque-là les rives de la rivière Fontanka étaient la périphérie de la ville et Nevsky n'était que l'une des grandes rues liant les banlieues au centre-ville. L'impératrice a décidé de décorer l'entrée de la capitale et ses architectes ont proposés de construire un palais luxueux symbolisant la richesse de l'Empire.

On peut remarquer que sa façade s'ouvre sur la rive de la rivière tandis que tous les autres bâtiments donnent sur Nevsky. Ce n'était pas ordinaire pour les palais de cette époque-là mais les architectes voulaient montrer la façade aux invités de la ville et en outre les ouvriers ont creuse un canal reliant l'entrée du palais à la rivière pour que les hôtes et les visiteurs puissent y accéder par l'eau. C'était un certain chic car Saint-Pétersbourg est une ville située sur les îles et il était donc logique d'utiliser de petites rivières et de petits canaux comme voies dans des conditions de pénurie de rues et d'avenues.

Malheureusement le palais a été reconstruit plusieurs fois et nous ne pouvons plus admirer son extérieure original avec son canal et sa petit port.

Il faut dire que le palais avait un destin particulier. Depuis sa construction jusqu'à la Révolution russes il servait le cadeau de mariage aux membres de la famille impériale et à d'autres nobles. Les empereurs et les impératrices russes aimaient le palais et y passaient beaucoup de temps. On peut dire que le palais était l'un des centres culturels de Saint-Pétersbourg, car l'aristocratie russe et la famille royale y organisaient de grandes fêtes et de divers bals.

Les bals sont une page intéressante dans l'histoire de l'aristocratie russe et ils méritent quelques mots dans mon histoire. Nous savons bien que le début de cette tradition remonte aux fêtes dans les cours françaises et bourguignons et aux bals masqués à la cour des Médicis. La cour royal française donnait le ton aux bals et à la mode de bal mais après la Révolution le centre de cette culture a déplacé à Vienne.

La premier personne qui a introduit la culture des bals en Russie était l'empereur Pierre le Grand. C'était une nouvelle culture pour l'aristocratie russe qui a rapidement conquis leur cœurs. Les bals commencés dans la capitale se sont répandus dans d'autres grandes villes de l'Empire.

Après 1917, le palais a été fermé pour une période, puis il a été donné aux enfants de Saint-Pétersbourg.

Dans les salles et les pièces du palais les autorités ont aménagé une grande bibliothèque et beaucoup de centres d'apprentissage pour les enfants et les adolescents. Il est devenu possible qu'ils aient pu assister à diverses cercles ou apprendre la musique ou jouer au théâtre d'amateur. Beaucoup d'enfants qui ont fréquenté le palais après 1925 sont devenus des musiciens, des scientifiques ou ingénieurs célèbres. 

En 1941-1942 le bâtiment du palais a été transformé en hôpital militaire mais ensuite en mai 1942 il a été rendu aux enfants.

Nous quittons ce bâtiment historique et nous nous dirigeons vers le théâtre Alexandrinsky également connu sous le nom de théâtre Alexandra, car il a été nommé en l'honneur de l'épouse de l'empereur Nicolas le Premier.

Le théâtre se trouve du même côté de Nevsky que le palais d'Anichkov. Nous le connaissons comme le premier théâtre dramatique russe, le plus ancien de Russie. La première troupe du théâtre a été créée en 1756 par un décret de l'impératrice Elisabeth.

Je me permets de m'écarter un peu du sujet parce qu'Il faut mentionner que l'époque de l'impératrice Elisabeth était le Siècle des lumières en Russie car l'impératrice a beaucoup fait pour l'éducation et la culture nationales russes. Par exemple, elle a promulgué la loi selon laquelle le nombre d'écoles primaires a été considérablement augmenté.

Les premiers lycées ont été ouverts à Moscou et à Kazan et, en 1757, sous le patronage de l'impératrice l'Université de Moscou a été fondée.  Cela a permis d'améliorer le système éducatif et d'organiser la formation des cadres nationaux.

Elisabeth aimait beaucoup la vie luxueuse et des sommes importantes ont été dépensées pour la construction et l'aménagement de Résidences royales à Saint-Pétersbourg et dans ses banlieues.  À cette époque-là les architectes ont construit le bâtiment du Palais d'hiver, les palais à Tsarskoïe Selo et à Peterhof.

L'ampleur du chantier a attiré des artisans et des spécialistes de toute l'Europe mais ces projets ont également ouvert des opportunités pour le développement de l'école national de la construction et des arts. Nous voyons que l'impératrice essayait de développer différents aspects de la vie de l'Empire russe et que l'art théâtral était l'une de ses arts préférés et le théâtre Alexandrinsky a marqué le début des théâtres professionnels de Russie.

Le premier bâtiment du théâtre a été construit en bois dans le jardin adjacent au palais d'Anichkov mais au fil du temps il a cessé de satisfaire aux besoins de la ville et c'est pourquoi il a été décidé de remplacer l'édifice ancienne par un nouveau bâtiment construit en pierre.

La construction a été achevée en 1832 et le nouveau bâtiment du théâtre a été présenté solennellement au public. Il a été créé dans le style Empire très populaire à l'époque.

La façade principale du théâtre donne sur Nevsky. Devant le théâtre il y a un grand square au milieu duquel nous voyons un monument à l'impératrice Catherine la Grande.

Le monument dédié à son accession au trône de l'Empire russe a été ériger en 1865 et à partir de cette année le théâtre et le square avec ce monument constituent un ensemble architectural commun.

Depuis sa création au 19ème siècle le théâtre restait le centre de la vie théâtrale de la capitale en représentant des spectacles européennes et russes et à ce jour il continue à définir le niveau de l'art théâtral russe.  

Maintenant je vous propose de regarder de l'autre côté de Nevsky et de passer de haut art à la vie commercial de Saint-Pétersbourg.

En face du théâtre nous voyons un très bel immeuble d'un magasin ancien. C'est la maison de l'épicerie Elisseïev. Cet immeuble a mérité quelques mots sur son histoire et celle de ses propriétaires.

Ce bâtiment est le monument architectural de style modern.

Au début de 20ème siècle ce style devient très populaire et à partir de ce moment l'apparence de Nevsky a commencé à changer puisque de nombreux marchands et de nouveaux riches de l'époque croyaient qu'ils devaient avoir leurs maisons sur la ligne principale de la capitale.

Le chantier de construction pour le bâtiment a été choisi avec soin. Les marchands voulaient construire leur palais de commerce au cœur de Saint-Pétersbourg dans l'endroit le plus prestigieux.

Juger par vous-même, le magasin devait être construit non loin du palais Anichkov, en face du théâtre impérial, à côté du "Gostiny Dvor" et près de la Bibliothèque national russe, c'est-à-dire au centre du commerce et de la culture.

Les frères pouvaient s'attendre à ce que parmi leurs clients se retrouveraient les personnes les plus riches de l'époque et on peut noter qu'ils ont choisi une stratégie commerciale réussie.

Les bâtiments construits dans le style de nouveau modern étaient différents des classiques et on peut dire que la maison de l'épicerie Elisseïev est devenu l'une des premières hirondelles du changement dans l'architecture de nouveau siècle. Le bâtiment était décoré de vitraux, de statues et d'ornements chics.

Le style de luxe devait mettre en valeur la richesse de l'entreprise et attirer l'attention des acheteurs potentiels. Le vitrage donnant sur Nevsky et couvrant les quatre étages du magasin donnait l'impression d'une grande vitrine. La façade était ornée de quatre sculptures symbolisant l'industrie, le commerce, l'art, le science.

Au rez-de-chaussée du magasin se trouvaient trois salles de ventes décorées de miroirs et de luminaires. 

Au premier étage se trouvaient une banque et des cours de commerce. En outre, il y avait une grande salle que les marchands louaient aux troupes de théâtre parce qu'ils aimaient le théâtre et étaient les mécènes. Les sous-sols abritaient des entrepôts, des réfrigérateurs et quelques caves où les meilleurs vins de l'Europe étaient stockés.  

La partie supérieure du bâtiment a été donnée au théâtre des variétés. L'auditorium se composait de fauteuils d'orchestre de 480 places et trois loges situées au-dessus de trois entrées dans la salle.

Sur le rideau de la scène le monument à l'impératrice Catherine la Grande et la façade d'Alexandrinsky ont été peints. Cette image était le reflet de la réalité cachée derrière les vitraux du magasin. Les murs étaient décorés de moulures, de miroirs. Les lustres en cristal suspendus au plafond complétaient l'intérieur de la salle. Le théâtre fonctionne en continu depuis sa création jusqu'à nos jours et, après la restauration de 2009 nous l'avons revu dans sa forme originale.

En effet les frères ont créé un nouvel type d'espace publique avec un grand magasin, une banque internationale, plusieurs centres d'apprentissage, un théâtre des variétés et un restaurant de chic.  Les sculptures qui composent l'ensemble personnifiaient les quatre fondements de la civilisation moderne - l'industrie, le commerce, l'art, le science. Chaque thème allégorique était représenté par une statue masculine ou féminine avec les attributs correspondants.   

Les Elisseïevs possédaient deux magasins à Saint-Pétersbourg et à Moscou qui étaient très similaires et qui devait exprimer la richesse et la prospérité de la famille. Les frères ont ouvert une nouvelle page dans le commerce russe.

Pour compléter la description du magasin il faut ajouter que ce jolie bâtiment est devenu l'une des décorations de Nevsky au début de 20ème siècle malgré les critiques des partisans du style classique.

Alors, nous sommes sortis du magasin et traversant à nouveau Nevsky nous nous sommes dirigés vers le "Gostiny Dvor" devant la Bibliothèque nationale.

La bibliothèque nationale est un ensemble de plusieurs bâtiments situés à l'angle de la perspective Nevsky et de la rue Sadovaïa. Pour le moment, nous le percevons comme un bâtiment commun, mais en réalité, la bibliothèque se compose de quatre bâtiments construits dans différentes années.

La bibliothèque a été créée en 1795 par décret de l'impératrice Catherine la Grande. La première édifice a été construite le long de la Nevsky et nous le voyons en face de la maison Elisseïev.

En Russie cette bibliothèque est devenue la première institution créée en tant que dépôt de livre et en tant que lieu public parce qu'elle était accessible à tous, quelle que soit leur position dans la société. La bibliothèque a été ouverte en 1814.

À la fin des années 1820 il a été décidé d'élargir la bibliothèque et en 1828 le deuxième bâtiment a été construit sans modifier l'extérieur d'origine de l'institution. Charles Rossi qui était l'architecte de cette construction a réussi à créer une nouvelle composition en conservant tous les éléments du premier projet. 

Au milieu du 19ème siècle le nombre de visiteurs a tellement augmenté que le gouvernement a décidé de financer la construction de la troisième édifice de la bibliothèque. Avant de commencer à développer ce nouveau projet, l'architecte à qu'il a été confié a visité plusieurs bibliothèques européennes pour se familiariser avec les projets les plus connus dans ce domaine de l'architecture.

À la fin de 19ème siècle le quatrième bâtiment a été ajouté aux trois précédents et il est devenu le dernière de cet ensemble.

Alors, nous avons passé devant la Bibliothèque national, traversé rue Sadovaya et maintenant nous sommes devant un grand bâtiment qui s'appelle "Gostiny Dvor".

Gostiny Dvor  (littéralement "halle des marchands") le monument historique du 18ème siècle a été construit par l'architecte français Jean-Baptiste Vallin de la Mothe qui a été invité à Saint-Pétersbourg en tant que professeur d'architecture à l'Académie russe des arts.

Les halles des marchands existaient dans la ville pratiquement à partir de sa fondation et jouaient un rôle important dans la vie de la capitale. On peut dire qu'à cette époque ils étaient les principaux centres commerciaux qui fournissaient aux citadins tout ce dont ils avaient besoin pour vivre.

Gostiny Dvor, celui que nous voyons de nos jours a été construit après un violent incendie qui a détruit une ancienne halle située près de Nevsky et plus tard les autorités ont décidé de construire une nouvelle halle au lieu de brûlée.   

La construction a duré plus de 20 ans et en 1785 les portes de la halle ont été ouvertes pour les acheteurs.

L'espace de la halle est divisé en "lignes". Les lignes sont des galeries de marchandises qui portent des noms différents . Chaque ligne a reçu son nom par le type d'articles qui ont été présentés dans les boutiques situées là-bas ou par le nom de la rue la plus proche.

Pendant la deuxième guerre mondiale la halle a été considérablement endommagée mais en 1945-1948 elle a été restaurée et a continué à fonctionner comme l'un des plus grand magasin de Saint-Pétersbourg.

Nous continuons aller sur le côté gauche de Nevsky et après Gostiny Dvor nous voyons le bâtiment de la Douma de Saint-Pétersbourg, l'une des plus anciennes constructions de la capitale. La Douma de ville a été fondée en 1786 et depuis sa création était une administration publique dont les fonctionnaires étaient responsables de tous les aspects de la vie urbaine des impôts à l'éducation.

Le bâtiment a été construit sur les motifs de la Renaissance italienne très populaire à l'époque pour les bâtiments administratifs puisque ce style se caractérisé par la modernité et par la simplicité et était donc approprié pour les organisations sociales.

En 1804 une tour de 25 mètres de haut a été relevé sur le bâtiment devenant l'une des dominantes architecturales de la perspective Nevsky. La tour a été érigée par décret de l'empereur Paul le Premier qui a voulu avoir dans la capitale un hôtel de ville avec une tour à la manière européenne comme en Allemagne parce qu'il était un admirateur de l'architecture allemande. Il était sûr que cette tour soulignerait la splendeur de Saint-Pétersbourg.

La particularité de la tour était sa position sur le bâtiment. Elle a été construite au coin du quartier alors que la tradition de l'époque recommandait de placer des tours au milieu d'immeuble. Sa hauteur a été choisi de manière que ne pas masquer le coupole de la cathédral de Notre-Dame de Kazan des regards des passants.

L'étage supérieur a été couronné d'une horloge éclairée la nuit par des luminaires. Au début de 21ème siècle le mécanisme de l'horloge est tombé en panne mais après quelques année de travaux de restauration il a été remis à sa place et nous pouvons maintenant l'entendre tous les quarts d'heure.

Il faut dire que à l'origine la tour était une construction fonctionnelle. C'était une tour de guet car à la fin de 18ème siècle la plupart des bâtiments de Saint-Pétersbourg était construits en bois et les incendies n'était pas rares. En outre l'inondation était également une chose courante et dangereuse et par conséquent les sentinelles avertissaient les citadins du danger avec des panneaux spéciaux qu'ils élevaient au dernier étage de la tour.

En 1839 la tour est devenue le premier chaînon de la plus longue ligne du télégraphe optique reliant la capitale à Varsovie et à d'autres villes russes. Les messages transmettaient au moyen d'un système de miroirs reflétant la lumière dans la direction de la tour la plus proche et par beau temps le message pourrait passer le trajet entre Saint-Pétersbourg et Varsovie en 15 minutes. En 1854 le télégraphe optique est devenu obsolète et a été remplacé par un télégraphe électrique.

Après la révolution russe la Douma de Saint-Pétersbourg a été abolie et le bâtiment a cessé d'être utilisé comme institution d'état.

La cathédral de Notre-Dame de Kazan l'un des plus grands temples de Saint-Pétersbourg. Elle a été construite pour contenir l'icône de la Vierge de Kazan et après la guerre de 1812 la cathédrale devient le monument principal de la gloire militaire russe.

La cathédral a été érigée sur le site de l'ancienne église de la Nativité de la Vierge. Cette église était le lieu où toutes les victoires de l'armée russe ont été célébrées et la nouvelle cathédral a hérité du droit d'être un centre spirituel des honneurs militaires.

L'histoire de la cathédrale a commencé lorsque l'empereur Paul le Premier a décidé de transformer la petite église de la Nativité de la Vierge à un grand temple donnant sur Nevsky qui pourrait comparer avec la cathédral de Saint-Pierre située à Rome et qui était à l'époque le principal temple du monde catholique. En 1783, l'empereur a visité Rome en tant qu'héritier du trône russe. Il était fasciné par la grandeur de la cathédrale Saint-pierre et il voulait alors décorer la capitale d'une nouvelle grande église.

En 1799 l'empereur a annoncé un concours pour le projet d'une nouvelle cathédrale. Les meilleurs architectes de l'époque y ont participé. La construction a duré 10 ans et en 1811 la cathédral a ouvert ses portes aux paroissiens. Malheureusement Paul le Premier n'a pas vu l'achèvement du projet car en 1801 il a été tué dans son palais à la suite d'un coup d'état commis par un groupe d'officiers.

Le bâtiment a été construit en forme de Croix latine avec deux colonnades disposées symétriquement sur les côtés Nord et Sud de la cathédrale. Les colonnades réalisées sous forme des bras étendues symbolisent les mains de Jésus ouvertes à tous les croyants.

Malgré le projet initial, la cathédrale ne ressemble trop à la cathédral de Saint-Pierre de Rome mais il a néanmoins beaucoup points communs avec les cathédrales occidentales.

L'intérieur de la cathédrale impressionne par sa beauté. Le vaste espace de l'église est divisé en trois nefs par de 56 colonnes crées du granit finnois ornées de chapiteaux dorés. La voûte repose sur ces colonnes dont les couleurs rose et gris-clair donnent à l'intérieur une apparence raffinée. Au centre de la salle se trouve le grand dôme de la cathédrale avec de nombreuses fenêtres ovales disposées en cercle et à travers lesquelles la cathédrale est bien éclairée qu'il pleuve ou qu'il vent.

La relique principale du temple est l'icône de la Vierge de Kazan dont l'image est le plus vénérée par l'Église orthodoxe Russe.

L'histoire de la cathédrale en tant que monument de la gloire militaire russe a commencé en 1812 lorsque Mikhail Koutouzov l'a visité avant de se diriger vers les Armées russe combattant Napoléon Bonaparte. En 1813 les restes de Mikhail Koutouzov ont été enterrés dans la cathédrale après sa mort en Prusse lors de la campagne étrangère de l'armée russe qui a suivi la défaite de l'armée française et l'expulsion de Napoléon de Russie.

Dans les années 1813-1814 les drapeaux et les étendards des régiments français écrasés ainsi que 93 clés de forteresses et de villes prises par l'armée russe pendant la guerre y ont été exposés au public.

En 1837 deux monuments en bronze dédiés à Mikhail Koutouzov et à Mikhail Barklay de Tolly ont été ouverts sur place située devant la cathédrale pour commémorer le 25ème anniversaire de la débâcle de Napoléon.

En tournant le dos à la cathédrale, nous voyons le magasin de la société commercial Singer. L'histoire du bâtiment est assez intéressante puisque le style d'immeuble démontre les particularités de l'architecture du début du 20ème siècle. 

À l'époque les architectes des bâtiments publiques recherchaient à la construction des espaces volumétriques bien éclairés tout en conservant leur fonctionnalité. Les bénéfices des propriétaires dépendaient du nombre des locaux loués mais les terrains du centre-ville étaient assez chers et c'est pourquoi les concepteurs préféraient les projets de bâtiments à plusieurs étages. 

À New-York et Chicago, par exemple, ces recherches ont mené à la construction des premiers gratte-ciels mais à Saint-Pétersbourg il y avait une limitation concernant la hauteur des bâtiments qui ne pouvaient pas être construits au-dessus du Palais d'Hiver, la principale résidence royale. En outre la construction de gratte-ciel sur un sol marécageux était trop complexe et coûteuse.

Et pourtant les architectes ont réussi à créer un bâtiment qui était au-dessus du palais en contournant l'exigence de la loi de 1844. En fait l'exigence concernait la limitation de la hauteur des façades des bâtiments alors que la mansarde et le coupole de verre n'faisaient pas partie de la façade et de nos jours nous pouvons admirer un très beau bâtiment qui est un véritable chef-d'œuvre de l'architecture de l'époque.

Le bâtiment est un mélange de deux styles. Le premier est le style néo-baroque avec de nombreuse compositions aux murs, des moulures, des luminaires de forme complexe. Le deuxième est le style moderne avec de nombreux ornements végétaux, des carreaux émaillés et des allégories sur les sujets du commerce et de l'industrie représentées par des statues et des sculptures.

Par exemple une statue de la Valkyrie porte le sceptre du dieu Mercure, le symbole du commerce, une autre maintient en main un fuseau symbolisant l'industrie textile et tient sous le bras une machine à coudre, le principal produit de la société. Lors de la construction du bâtiment, diverses innovations techniques ont été utilisées.

Il s'agissait, par exemple, d'une carcasse de métal intégrée dans les murs, d'atriums couvrant la cour d'intérieur, d'ascenseurs pour les clients du magasin et comme cerise sur le gâteau, d'un système automatique déneigement du toit.

Depuis sa construction jusqu'en 1917, le bâtiment appartenait à la société Singer, mais après la révolution russe, il a été nationalisé par l'état et, en 1938, le bâtiment devient une grande librairie très populaire auprès des citadins.

Poursuivons notre excursion en direction du quai de la rivière Moïka. Moïka est une rivière courte qui se jette dans la Neva, qui est en fait le bras droit de la Fontanka.

À partir du 18ème siècle les quais de la rivière Moïka ont été l'endroit où la noblesse russe la plus proche du pouvoir a construit leurs palais et de nos jours nous pouvons admirer de leur architecture et la magnificence de leurs intérieurs. Malgré sa courte longueur, la rivière est traversée par 15 ponts dont la plupart sont des sites historiques. 

Le pont reliant la perspective Nevsky à sa dernière tronçon situé sur l'île d'Amirauté s'appelle "Pont vert".  Il était le premier pont de transport construit en fonte en 1806. Le pont a été nommé "pont Vert" en raison de la couleur dans laquelle il a été peint après la construction.

Nous avons donc traversé ce pont et nous sommes maintenant sur l'île d'Amirauté qui est le centre historique de Saint-Pétersbourg et le centre impérial de la Russie. Sur cette île se trouve les principaux symboles de Saint-Pétersbourg – le Palais d'Hiver, l'Hermitage, la Place de Palais, l'Amirauté, la Cathédrale de Saint-Isaac et le Cavalier de Bronze.

Ce lieu a été choisi par Pierre le Grand en tant que le centre de la capitale.  A cette époque, il y avait des prés et l'empereur a décidé d'y bâtir des palais et des institutions publiques de la ville qui devraient devenir les monuments architecturaux de la future capitale.

L'empereur a élaboré le premier schéma de Saint-Pétersbourg. Dans son projet il a proposé de construire une bâtiment central qui se trouverait sur l'intersection de trois grandes perspectives. Selon son plan le bâtiment de l'Amirauté représentait la pointe du trident dont les rayons divergeaient dans toute la capitale. La construction de l'Amirauté et de trois perspectives a commencé en même temps que la construction de la ville. Deux d'entre eux ont été construites pendant la vie de Pierre le Grand. La troisième est apparue dix ans après sa mort.

L'Amirauté est un ensemble de bâtiments situés sur le quai gauche de la Néva et l'un des symboles de la capitale maritime de la Russie. Son histoire est plus de 300 ans et est liée directement au nom de Pierre le Grand.

L'idée de construire un nouveau chantier naval est venue à l'empereur après plusieurs échecs dans le transfert de nouveaux navires du lac Ladoga où se trouvaient à cette époque les chantiers principaux de la flotte russe dans la mer Baltique. Le fait était que les navires tombaient dans de fortes tempêtes de Ladoga et se noyaient n'atteignant pas l'embouchure de la Néva.

Alors, l'empereur a décidé de construire un grand chantier sur la rive gauche de la Néva près de la sortie de la mer Baltique. Le lieu choisi était très pratique pour la construction puisqu'il était protégé par une nouvelle forteresse et tous les matériaux de construction pouvaient être livrés par voie terrestre et par eau. Pierre le Grand est devenu l'architecte de l'Amirauté. Il a personnellement créé et dessiné le plan du bâtiment et du chantier et par la suite a participé activement dans la construction de sa création préférée.

Dix-huit mois après le début de la construction, le premier navire a été lance et cet événement a ouvert une nouvelle époque dans l'histoire russe, l'ère d'une puissance maritime.

À cette époque, une forêt dense poussait sur l'île de l'Amirauté et l'espace autour du bâtiment et de la forteresse était donc inaccessible aux sentinelles ce qui était assez dangereux. La forêt a été coupée et cet espace libre a commencé à être utilisé pour des exercices militaires et des fêtes populaires.

Au cours des années suivantes les architectes ont créé des places, des palais et de nombreux autres bâtiments sur le site du pré entourant le premier immeuble de l'Amirauté.

Pierre le Grand, étant un collectionneur passionné en 1709 a ordonné d'aménager plusieurs salles spéciales pour stocker des dessins, des maquettes et des modèles d'équipements et d'armes navals.

Lorsqu'un nouveau type de navire sa plaçait sur le chantier, son dessin et son modèle en miniature s'ajoutaient à la collection. Plus tard cette collection est devenue la base du musée naval de Saint-Pétersbourg.

Le premier bâtiment de l'Amirauté a été construit de bois mais au bout de dix ans de la fin de sa construction il a commencé à se dégrader en raison de conditions météorologiques difficiles. Alors on a été décidé de le reconstruire mais les architectes ont préféré de nouveau le bois à la pierre. 

Au cours de cette restauration l'Amirauté a été décoré d'une flèche en métal à l'extrémité de laquelle a été fixée une girouette en forme de petit navire indiquant la direction du vent.

La deuxième reconstruction a été faite en 1730 par le décret de l'impératrice Anna. Cette fois le corps de l'Amirauté a été créé en pierre.

À la fin du 18ème siècle la rive gauche de la Néva devient le centre de la capitale car le Palais d'Hiver, la principale résidence impériale, a été construit ici. L'Amirauté qui n'était qu'un chantier naval était trop ordinaire sur le fond d'un palais somptueux et alors un nouveau projet de rénovation a été proposé par un architecte russe nommé Andreyan Zakharov. Selon le projet le bâtiment acquérait un nouvel extérieur solennelle soulignant l'image magnifique du centre-ville.

La reconstruction a duré pendant 17 ans et a été achevée en 1823 après la mort de l'architecte qui n'a malheureusement pas vu les fruits de son travail.

Et maintenant nous pouvons admirer son chef-d'œuvre puisque le bâtiment n'a pas changé depuis sa dernière rénovation. 

La tour avec un grand arc et une colonnade occupe une place central dans l'ensemble architectural du bâtiment. Cette tour est couronnée d'une flèche avec une girouette dorée.

Les groupes sculpturales situés à gauche et à droit du portail symbolisent la terre et le ciel.

Au-dessus de l'arc nous voyons un bas-reliefs représentant la naissance de la marine russe et sur lequel on voit la figure de Pierre le Grand recevant le Trident des mains de Neptune le patron des mers.

La tour de l'Amirauté est décorée de statues de héros anciens, d'allégories d'éléments naturels, de saisons, de quatre points cardinaux et de divers hauts-reliefs.  Au total il y a plus de 50 statues, bas et hauts reliefs, ornements de moulure qui décorent l'Amirauté.

À partir de la seconde moitié du 19ème siècle l'Amirauté a cessé d'être un chantier naval et est devenu le bâtiment de l'état-major de la Marine.

À cet endroit, notre petite excursion de Nevsky se termine et nous retournons à l'hôtel.

Les jours suivantes il y avait beaucoup d'autres excursions et de petits voyages aux palais et aux musées mais il est impossible de les décrire dans une petite nouvelle. Saint-Pétersbourg est une ville dont on peut parler sans fin.

Nos vacances ont pris fin et nous avons dû rentrer à la maison. À vrai dire, il était un peu triste de quitter la ville de mon enfance mais nous étions très satisfaits de notre voyage et espérions y retourner plusieurs fois.

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Mary Benoist · il y a
Merci pour le voyage. Je serais bien partie avec vous !
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Vyat de loin · il y a
Merci beaucoup! Bienvenue à tous les nouveaux voyages.

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